L'inéluctable mutation de l'exploitant agricole
Titouan Sursault
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"Être agriculteur, aujourd'hui, ne signifie plus forcément, loin s'en faut, être chef d'exploitation." Le constat établi par François Purseigle en introduction de sa conférence, le 4 mai, à Saint-Laurent d'Agny est sans appel. Au cours de son exposé, le sociologue, associé au Cevipof, centre de recherches politiques de Sciences Po, a décrit les mutations des formes d'entrepreneuriat agricole et celles, parallèles, des structures de production. "Cette capacité d'évolution des structures est, avec la compétitivité prix, un critère important de la performance économique. Or, certaines formes nouvelles d'entreprises agricoles possèdent, aujourd'hui, cette capacité à capter de la valeur", a-t-il ajouté dans son propos liminaire.
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Et d'entamer un bref historique de l'entrepreneuriat agricole en France : la ferme familiale, de la IIIe République à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'exploitation à 2 UTH (unité de travail humain), caractéristique de la deuxième moitié du XXe siècle et qui marque l'arrachement au modèle précédent, et l'entreprise agricole, qui se banalise à l'époque contemporaine et renvoie à des sociétés de forme capitalistique.
François Purseigle s'est ensuite attaché à analyser les facteurs expliquant cette évolution. Des facteurs démographiques, d'abord. La France compte, à ce jour, environ 452 000 entreprises agricoles. Ce secteur d'activité ne représente pas moins d'un million d'actifs.
Des mutations structurelles sont également à l'œuvre, aux premiers rangs desquels le vieillissement de la population des exploitants (quatre agriculteurs sur cinq ont plus de 40 ans en 2017) et la féminisation du secteur et augmentation de la part des jeunes en élevage bovin et en maraîchage, notamment.
Titouan Sursault