En Auvergne, les moissons de blé ont été mauvaises cet été, entre rendements faibles et qualité médiocre. Les exploitants s’attendent à d’importants trous de trésorerie. Une difficulté qui risque bien de ranimer les tensions du début d’année, d’autant que les réponses apportées à la crise ont été balayées avec la dissolution. Selon les organisations syndicales du secteur, certains agriculteurs seraient prêts à relancer les blocages. Tout dépendra des solutions apportées par le nouveau gouvernement.L'une des pires récoltes de blé depuis 40 ans en France, avec une baisse de près de 25% de la production, par rapport à la moyenne de ces 5 dernières années. C'est l'estimation de l'Agreste, le service de statistique du ministère de l'Agriculture. Alors que la France demeure le premier producteur et exportateur européen de céréales, la production de blé tendre s'est affichée en recul de 15% après une campagne particulièrement pluvieuse, selon des données publiées par le Ministère de l'Agriculture publiés en début d'été.
Dans l'Allier, un département qui tire la production en Auvergne Rhône-Alpes aux côtés du Puy-de-Dôme, le constat est même plus catastrophique par endroit.
« Nous sommes, selon les exploitations et les zones géographiques, entre -20 et -50% sur le rendement. C'est en Sologne que cela a le plus dérouillé. D'habitude, les céréaliers produisent 55 à 60 quintaux par hectare, là ils sont à 25-30 », explique Christophe Jardoux, le président de la FNSEA 03.
Dans le département limitrophe du Puy-de-Dôme, les résultats ne sont guère meilleurs. « Nous sommes plutôt à -20% en volume. Moi, je sors d'habitude 300 tonnes de blé, cette année ce sera 240-250. Heureusement, cela devrait être meilleur pour le maïs et le tournesol. Mes autres cultures vont me sauver la mise mais ce qui est perdu est perdu », peste Sylvain Deloche, céréalier dans la plaine de Limagne.
Qualité médiocre et cours mondiaux très bas
La faute aux conditions météo, à un excès d'eau au printemps notamment et à un manque d'ensoleillement. Et puis, les orages et fortes pluies de cet été ont aussi retardé les moissons, avec des champs impraticables par endroit. Résultat, la qualité non plus n'est pas au rendez-vous.
« Une partie du blé va être déclassée en nourriture animale donc nous serons moins payés »,poursuit Sylvain Deloche, également adhérent de la coopérative Limagrain et secrétaire général de la FNSEA 63.