Gastronomie et agroalimentaire, que pensent les critiques du Sirha ?
Romain Charbonnier
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Emmanuel Rubin, critique gastronomique au Figaro, auteur du Livre noir de la gastronomie française (Flammarion)
"Le Sirha est le royaume de l'agroalimentaire. Et tout le paradoxe de la gastronomie est réuni sur ce salon avec des chefs qui défendent le matin leur métier avec passion, les filières courtes, les produits made in France, et, l'après-midi, accolent leur image avec des industriels. Ils viennent au Sirha comme les stars viennent à Cannes pour signer des contrats ou faire de la représentativité pour des marques. Ce qui pose de nombreuses questions sur les liens entre ces deux mondes.
Certes, tout n'est pas mauvais dans l'agroalimentaire et on en a besoin. De plus, nous constatons une évolution dans les pratiques et un souhait d'aller vers de la qualité. Néanmoins, le discours des chefs est pour la plupart, en contradiction avec ce qu'ils prônent publiquement. Pourquoi ne pas expliquer la raison de leur engagement auprès de telle marque ? Ils sont très rares ceux qu'ils l'entreprennent et entendent faire évoluer l'industrie. Mais le monde de la gastronomie est une grande muette où la communication des chefs est très encadrée et devenue légion. Pourtant le besoin de transparence serait nécessaire pour tous."
Gilles Pudlowski, critique gastronomique sur son blog www.gillespudlowki.com
"Devenu en quelques éditions le rendez-vous international de toute la profession, il replace Lyon comme la capitale mondiale de la gastronomie chère à Curnonsky. Le Sirha montre que le métier est en bonne santé. Mais avec le temps, les enjeux ont évolué et c'est avant tout devenu un énorme marché où se signent les contrats. Un salon d'affaires avec beaucoup d'argent à la clé, ce qui n'est pas un mal non plus. Les grandes marques s'y bousculent et les retombées sont très importantes pour tous : organisateurs, industriels, et chefs.
Une dimension qui a pris le dessus sur le Bocuse d'or. Un concours qui, selon moi, a moins d'importance que par le passé aux yeux de la profession, mais permet de parler de l'événement auprès du grand public."
Romain Charbonnier
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