Installée dans la Drôme, La Ferme Intégrale fait le pari de l'aquaponie, un système qui unit la culture de plantes avec l'élevage de poissons, et qui gomme certains inconvénients de la pisciculture. Avec une innovation : le choix du sandre, un poisson haut de gamme et jusqu'ici peu produit en France, et jamais encore en aquaponie. La startup agricole ambitionne ainsi de fournir 200.000 repas par an, avec l'objectif de participer à la résilience alimentaire des territoires.Son modèle disruptif, n'en a pas pour autant émoussé les investisseurs. Basée dans la Drôme, la Ferme intégrale vient de valider la première étape de son plan de financement, qui visait à lever 1,1 million d'euros sur deux ans.
Elle vient en effet réussi à boucler un financement participatif, mené sur la plateforme Lita, avec 311.000 euros investis par des citoyens, une somme à laquelle s'ajoutent 229.000 euros collectés auprès de business angels (Drômois pour la plupart), spécialistes de la transition écologique ainsi qu'auprès de la société d'emballage MbPack (Mayenne).
Son idée ? Combiner l'élevage de poissons et la culture de plantes aromatiques/légumes dans une symbiose rendue possible par le système de l'aquaponie, qui allie lui-même la culture de plantes et l'élevage des poissons. L'ambition derrière ce concept est bien de produire des poissons - ces "champions environnementaux de la protéine animale", selon les fondateurs de la Ferme Intégrale-, mais de façon responsable et pour une distribution en circuit court. Un enjeu majeur dans un contexte de croissance démographique mondiale et de prise de conscience de la nécessité absolue de la résilience alimentaire des territoires.
Pour cela, les poissons sont élevés dans un premier compartiment et produisent des déchets qui sont évacués, via le transvasement de leur eau, dans un second compartiment. L'ammoniaque de ces déchets est ensuite transformé, par des bactéries, en nitrate, lui-même réinjecté dans un troisième compartiment, accueillant quant à lui des végétaux. Ces derniers filtreront ensuite naturellement le nitrate de l'eau, et profiteront ainsi de son apport pour alimenter leur croissance.
"L'inconvénient de la pisciculture est le rejet d'une eau polluée qu'il faut théoriquement traiter. Avec cette symbiose, l'eau est filtrée par phyto remédiation", explique Lauranne Galliard, une des quatre co-associés de la jeune pousse avec Gabriel Faysse, Manuel Perez et Marion Garnier.
Stéphanie Gallo Triouleyre