Réduire la teneur en sucre des boissons pour prévenir des maladies comme l'obésité, tout en augmentant les recettes fiscales : telle est l'ambition de la révision en cours de la « taxe soda ». Ce dispositif, intégré au projet de loi de financement de la Sécurité sociale, est actuellement examiné par le Sénat.
D'un rendement estimé à 200 millions d'euros, cette révision fiscale, déposée sous amendement par le député socialiste Jérôme Guedj et soutenue par le gouvernement, vise à simplifier le nombre de paliers de taxation et augmenter les taux pour inciter les industriels à réduire le sucre dans leurs boissons, à l'image du modèle britannique.
Car des efforts conséquents restent à fournir. La taxe soda instaurée en France en 2012, puis révisée en 2018 avec l'instauration de 16 paliers de taxation, n'a pas eu beaucoup d'effet sur le nombre de reformulations des boissons, relève l'Ecole des hautes études en santé publique dans une recherche réalisée entre 2019 et 2023 : « La principale réaction des industriels français a été de tenter de lancer de nouveaux produits allégés en sucre, plutôt que de reformuler les produits existants ».