Un temps pépite prometteuse de la food tech... La start-up Ynsect, productrice de protéines et d'engrais à base d'insectes, est aujourd'hui en grandes difficultés financières. Placée en redressement judiciaire, l'entreprise sera fixée sur son sort le 30 juin après avoir présenté, cette semaine, son plan de relance devant le tribunal de commerce d'Évry (Île-de-France). Mais ce pionnier n'est pas le seul dans la tourmente. Autre leader du secteur, Agronutris a, lui aussi, été placé en procédure de sauvegarde en début d'année.
Confrontées à la difficile montée en puissance de leur modèle et à une concurrence accrue d'autres protéines beaucoup moins chères, les deux entreprises sont aussi pénalisées par la baisse généralisée des financements dans la Food tech et la frilosité des investisseurs. Seule l'entreprise Innovafeed semble s'en sortir.
« Au-delà de l'absence totale de compétitivité prix, l'usine d'Ynsect a accumulé les problèmes et ne pouvait pas fonctionner correctement. Et puis, ce modèle demande des investissements colossaux qui créent un cercle vicieux : la compétitivité nécessite une production industrielle massive, mais les capitaux requis sont difficiles à justifier et à obtenir face à une demande incertaine », analyse Tom Bry-Chevalier, doctorant en économie sur les protéines alternatives.
Les deux entreprises ont en effet choisi de créer de « mégafactories » afin de regrouper la reproduction, l'élevage et la valorisation des insectes. Un modèle à l'opposé de celui développé par l'entreprise auvergnate Invers, spécialisée dans les protéines de ténébrions (vers de farine) destinées principalement à l'alimentation animale. Créée en 2018, la PME s'appuie sur des sites d'engraissement installés dans des exploitations agricoles d'Auvergne-Rhône-Alpes et financés par les agriculteurs. Invers gère, elle, l'amont et l'aval.