Sortir du nucléaire, un enjeu central pour la Suisse
Samuel Maion-Fontana
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La Ville de Genève, conjointement avec le Canton, a mandaté l'une des meilleures avocates du droit de l'environnement de l'Hexagone, Corinne Lepage, pour adopter une approche plus offensive contre le nucléaire et intenter des actions en justice.
Une démarche qui a abouti à une plainte pour mise en danger délibérée et pollution des eaux à l'encontre de la centrale française du Bugey, dans l'Ain. Mais quelle est la situation énergétique en Suisse ? Le pays joue-t-il les hypocrites, voire les schizophrènes, ou a-t-il balayé devant sa porte ?
Le combat judiciaire genevois contre le nucléaire n'est pas récent. Ville et République de Genève ont adopté une attitude résolument antinucléaire depuis l'initiative populaire de 1986 qui proposait un programme de développement des énergies renouvelables. Ce combat a été renforcé par une modification constitutionnel en 2012.
L'article 169 de la Constitution genevoise, rappelle Antonio Hodgers, conseiller d'État en charge de l'énergie, stipule que "les autorités cantonales s'opposent par tous les moyens à leur disposition, dans la limite de leurs compétences, aux installations de centrales nucléaires, de dépôt de déchets radioactifs et d'usines de retraitement sur le territoire et au voisinage du Canton", explique Antonio Hodgers, conseiller d'État en charge de l'Énergie.
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Et c'est bien cette notion de voisinage qui a motivé un dépôt de plainte pénale avec en ligne de mire la centrale française du Bugey située à 70 kilomètres. Celle-ci est en service depuis plus de 40 ans et produit 5 % de l'électricité française. Mais déjà épinglée par l'Autorité de sûreté nucléaire, l'installation inquiète les voisins helvètes par ses incidents répétés.
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Samuel Maion-Fontana