Et si la Banque de France disparaissait ?
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Banque de France (Cerino ne pas utiliser)
Laurent Cerino / REA
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Banque de France (Cerino ne pas utiliser)
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À plus d'un titre, la Banque de France tient du paradoxe. De nombreux Français connaissent son existence, mais peu sont capables de détailler son rôle. À l'origine privée, puis nationalisée, l'institution a ensuite conquis son indépendance vis-à-vis du gouvernement avant de passer sous tutelle européenne.
Enfin, alors que le franc a été remplacé par l'euro à partir de 2002, la BDF continue de battre monnaie, la France étant comme l'Allemagne l'un des plus importants "producteurs" de devises pour l'Union européenne, avec 2,3 milliards de billets en euros fabriqués et livrés en 2016.
Au début du XIXe siècle, avec l'appui de Napoléon Bonaparte, alors premier consul, un groupe de négociants et de banquiers fonde la Banque de France, une société privée par actions. Les 200 plus gros actionnaires - d'où l'expression "les 200 familles qui gouvernent la France" - se constituent en assemblée générale.
L'objectif : soutenir la reprise économique au lendemain de la Révolution. En 1806, Napoléon, devenu empereur, place à la tête de la BDF un gouverneur et deux sous-gouverneurs désignés par décret étatique. À partir de 1848, l'établissement acquiert le monopole de l'émission des billets de banque.
Un siècle plus tard, en 1945, la banque centrale devient propriété de l'État, qui récupère ses actions. Cinquante ans après cette nationalisation, la signature du traité de Maastricht marque un nouveau bouleversement. En intégrant l'Union économique et monétaire européenne, la France réforme l'institution afin de lui assurer une plus grande autonomie. À partir de 1998, l'instauration de l'euro va transférer une large part de ses pouvoirs à la Banque centrale européenne (BCE).
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La BDF est donc l'un des piliers du système monétaire européen - la zone euro -, qui regroupe 19 États membres de l'Union, mais conserve également des missions au sein de l'espace national. Aujourd'hui, elle est chargée de la stratégie monétaire, elle veille à la stabilité monétaire et, enfin, elle assure un certain nombre de services à l'économie (auprès des particuliers et des entreprises, et en tant que "banquier de l'État").
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