Banque de France : l'avenir de l'imprimerie à Chamalières incertain
Geneviève Colonna d'Istria
Geneviève Colonna d'Istria
A partir d'aujourd'hui, les nouveaux billets de 20 euros vont envahir les porte-monnaie. Mais les Français ne le savent pas toujours, une grande partie d'entre eux sont nés en Auvergne. Sur 4,3 milliards de coupures produites par quatre papetiers et sept imprimeurs, presque la moitié provient de la papeterie de Vic-le-Comte (Puy-de-Dôme) et des imprimeries historiques de la Banque de France de Chamalières, distantes de quelques kilomètres.
Une énorme commande qui prouve encore tout le poids des deux sites auvergnats dans la stratégie de la Banque de France.
Pourtant nul ne sait encore à quelle sauce vont être mangés les 930 salariés auvergnats. Un projet est, en effet, à l'étude depuis plusieurs mois. Mais il vient, une nouvelle fois, d'être repoussé à la fin 2016. L'hypothèse de fermer le site historique de l'imprimerie de Chamalières (ouvert en 1917) est sérieusement envisagée. Elle serait alors transférée à Vic-le-Comte, à seulement 25 kilomètres de là, où est implantée la papèterie de la Banque de France.
Et pour cause ! La facture d'un tel investissement s'élèverait entre 200 et 250 millions d'euros, selon les scénarios.
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Pour l'heure, trois hypothèses sont en concurrence. La construction d'une nouvelle usine à Vic-le-Comte, et le transfert d'activités à l'horizon 2022 ; une restructuration lourde du site de Chamalières pour l'adapter aux exigences industrielles de rentabilité. Enfin troisième solution poursuivre le rythme actuel avec les seuls investissements inscrits au plan triennal avec l'idée de reposer la question du déménagement dans un délai de cinq à dix ans.
Pourtant, les syndicats voient rouge. S'ils sont d'accord avec le principe de moderniser les sites pour être plus compétitif, ils craignent, à terme, des dégâts pour l'emploi.
Le syndicat continue de militer inlassablement pour la création d'un billet de 1 euro.
En 20 ans, le nombre de salariés de la Banque de France en Auvergne est passé de 2000 à 930, dont 700 à l'imprimerie. Entre temps, la production de billets a été multipliée par deux.
Geneviève Colonna d'Istria