A Lyon, ce partenariat qui veut bâtir une intelligence artificielle plus "responsable" (et s'affranchir des GAFAM)
Zoé Favre d'Anne
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Dans le projet nourri par l'école d'ingénieur lyonnaise INSA Lyon et l'ESN Groupe Spie, l'idée de développer, via l'intelligence artificielle, un moteur de recherche capable d'exploiter les données au plus proche de leur source de production et de les...
Le groupe SPIE et l'Insa Lyon ont créé juste avant l'été une chaire pour travailler sur une intelligence artificielle mise au service de l'analyse comportementale des flux dans les infrastructures numériques. Un partenariat qui devrait permettre aux entreprises d'anticiper des cyberattaques, de réduire le risque de pannes ou encore d'améliorer la consommation énergétique. Mais c'est aussi un moyen de s'émanciper des GAFAM en matière d'analyse de données et de les traiter de façon plus responsable et moins énergivore.
C'est le fruit d'une collaboration qui s'était entamée il y a déjà dix ans entre SPIE ICS, filiale du spécialiste européen des services multi-techniques dans les domaines de l'énergie et des communications et l'Insa Lyon.
"Nous avions déjà une chaire sur l'Internet des objets et nous démarrons désormais une nouvelle chaire sur l'intelligence artificielle dans les infrastructures numériques", explique Frédéric Le Mouël, professeur des universités directeur du laboratoire CITI (Centre d'Innovation en Télécommunications et Intégration de services).
Créée en juin, cette chaire entre l'SPIE et l'Insa permettra donc de travailler pendant cinq ans sur "l'intelligence artificielle au service de l'analyse comportementale des flux dans les infrastructures numériques".
Concrètement, il s'agit ici de "développer, via l'intelligence artificielle, un moteur de recherche capable d'exploiter, en temps réel, les données au plus proche de leur source de production et de les traiter localement de manière responsable", précise les deux partenaires.
Analyser les données en local
En analysant les flux de données dans l'infrastructure informatique d'une entreprise ou d'une institution, cette IA pourrait, par exemple, prévenir les cyberattaques ou anticiper les problèmes de maintenance.
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"La difficulté pour nos clients, c'est de savoir effectivement s'il y a des déviations et à quel moment on les constate. Ce qu'on appelle des déviations, ce sont des comportements anormaux dans une infrastructure. L'intérêt étant de prévenir et de bloquer des attaques au plus tôt, puis d'en repérer la source", indiqueBogdan Stefanescu, directeur du centre de compétences infrastructures chez SPIE ICS.
Le management de la donnée représentant un enjeu "d'accélérateur de transformation des organisations et de nos clients", pour SPIE ICS, inscrit dans le plan stratégique 2021-2025 de l'ESN française.
Cette chaire se veut aussi comme un moyen de se réapproprier en local l'utilisation des données, à l'heure ou leur gestion par les GAFAM soulève plusieurs problématiques.
"De nombreuses données sont générées dans Internet. Et actuellement, de grands acteurs qui capturent ces données. Du côté des États-Unis, ce sont les GAFAM, et du côté de l'Asie, c'est Alibaba", constate Frédéric Le Mouël. Alors que ces flux de données partent des entreprises ou des institutions, le projet des deux partenaires serait de "mettre de l'intelligence artificielle au plus proche des utilisateurs, pour faire ce traitement de données, plutôt que de le faire chez ces gros acteurs".