L'italien Fila en négociations exclusives pour acquérir Canson
Aurélien Tournier
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Une (belle) porte de sortie pour les salariés de la société Canson ? Ces derniers mois, la société Canson avait fait parler d'elle en matière de plan de sauvegarde de l'emploi, de transfert de siège social vers le Calvados ou encore de plan de départs volontaires. La faute à un marché qui glisse vers l'Asie, expliquait la direction en octobre 2014.
Depuis le 12 mai dernier, le groupe italien Fila (Fabbrica italiana lapis ed affini) est en négociations exclusives avec le papetier normand Hamelin pour acquérir Canson à 100 %. Ainsi, l'opération concernera aussi ses filiales de distribution (Brésil, Australie, Italie et Chine). Le processus devrait se terminer d'ici la fin de l'année. Un accord pourrait même être signé en octobre. Canson emploie aujourd'hui 261 salariés.
Fondé en 1920 à Florence, le groupe Fila est spécialisé dans la fabrication d'articles d'écriture et de dessin. Il compte déjà plusieurs marques dans son portefeuille, à l'instar des crayons de couleurs Giotto. Cette dernière est déjà présente en France avec la société Omyacolor. L'une de ses usines est d'ailleurs située à Saint-Germain-la-Ville (Marne). En 2015, le chiffre d'affaires du groupe s'est élevé à 275 millions d'euros. Fila emploie près de 6 000 collaborateurs.
Le rapprochement des deux sociétés permettrait de créer des synergies. L'italien, déjà présent en Europe, et notamment en France mais aussi en Espagne, pourrait ainsi s'appuyer sur les sites ardéchois de Canson comme base logistique, afin de distribuer ses produits. Fila pourrait aussi pénétrer de nouveaux marchés grâce aux différentes filiales de distribution de Canson, notamment l'Australie. Le papier Canson viendra également compléter l'offre de produits déjà proposés. Avec cette acquisition, Fila aurait notamment pour ambition de devenir un leader dans le secteur "art et craft".
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Pourquoi cette vente à cet instant précis ? Le groupe Hamelin voudrait-il se recentrer sur Oxford et Elba, ses marques historiques ? Difficile pour l'heure d'avoir des réponses. Pour ce dernier point, c'est en tout cas ce que déclare le Normand au site Graphiline. Malgré nos demandes, Eric Joan, directeur général du groupe et mandataire social de Canson, ne souhaite plus répondre à nos questions. Dans un communiqué, il précise que ce projet "offre une occasion fantastique de croissance pour Canson en France et dans le reste du monde".
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