France relance : pourquoi les industriels de la Loire veulent leur part du gâteau
Stéphanie Gallo Triouleyre
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La diversification des secteurs clients des entreprises ligériennes est un atout pour leur dynamisme économique, mais constituerait un handicap pour solliciter le soutien des fonds de modernisation de l'aéronautique et de l'automobile.
UIMM
ANALYSE. Les industriels de la mécanique et de la métallurgie ligérienne espèrent décrocher 35 millions d'euros d'aides dans le cadre de France Relance. Leur profil, diversifié, est néanmoins un frein à leurs candidatures aux subventions des fonds de modernisation et de diversification des filières mécanique et automobile. En attendant, trois entreprises ligériennes ont tout de même décroché le sésame France Relance/fonds de modernisation de l'automobile et de l'aéronautique.
29 nouveaux lauréats pour la filière aéronautique, 66 pour la filière automobile. La semaine dernière, le gouvernement dévoilait les noms de la deuxième vague d'entreprises retenues dans le cadre du plan de modernisation et de diversification des filières automobile et aéronautique, un plan doté de quelque 900 millions d'euros sur trois ans. Au total, ce sont donc désormais les projets d'investissement de 151 entreprises de l'automobile et 136 de l'aéronautique qui ont été validés.
Auvergne-Rhône-Alpes n'est pas en reste avec dix nouveaux lauréats sur cette nouvelle vague, venant s'ajouter au 38 déjà retenus il y a quelques semaines représentant au total 88 millions d'euros d'investissement productif (38 millions d'euros d'aides). Un bon score bénéficiant essentiellement aux entreprises du Rhône et de la Haute-Savoie.
Pour la Loire, en revanche, si trois entreprises avaient bien été retenues sur la première vague, aucune n'a été sélectionnée sur ce second déblocage d'enveloppe. Surprenant pour un territoire pour lequel la filière métallurgie et mécanique pointe à la première place des activités industrielles avec 16.670 salariés ?
Des profils d'entreprises trop diversifiés ?
"Je ne m'inquiète pas, nous avons dans les tuyaux une vingtaine de dossiers de la métallurgie en cours d'instruction, cela débouchera sur de nouveaux lauréats. Mais il faut savoir que tous ne sont pas centrés sur l'automobile et l'aéronautique : nous avons des projets d'investissement industriel sur des sujets d'isolation des bâtiments par exemple", explique Philippe Rascle, dirigeant de l'entreprise SMV et président de l'UIMM Loire.
Par cet exemple, le patron de l'UIMM illustre la diversité des champs d'intervention des acteurs ligériens de la mécanique et de la métallurgie.
"Nous ne sommes pas à Montbéliard ou à Toulouse avec des industries axées uniquement sur l'automobile ou l'aéronautique", complète Daniel Roché, le délégué général du syndicat patronal.
En clair : oui la Loire est un territoire industriel, oui la Loire est un territoire au sein duquel la mécanique et la métallurgie sont historiquement reines, avec un vivier dense de sous-traitants de rang 2 et plus, mais c'est aussi un territoire non centré sur un type unique de donneurs d'ordres.
Si cette diversification des secteurs clients est un atout pour leur dynamisme économique, c'est en revanche un handicap pour solliciter le soutien des fonds de modernisation de l'aéronautique et de l'automobile inscrits dans le plan France Relance.
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