Volvic investit 6 millions d’euros sur une nouvelle ligne pour produire deux nouvelles gammes de boissons en brique, devenant ainsi la première marque d’eau minérale naturelle en France à opter pour ce format. Mais la filiale de Danone, sous le feu des critiques depuis une enquête concernant son impact sur la biodiversité et l'assèchement des cours d'eau, doit en même temps convaincre et montrer patte blanche si elle souhaite poursuivre son activité, face à la grogne des riverains.Avis de tempête aux sources de Volvic. Dans une enquête publiée le 21 mai dernier, l'Agence France Presse (AFP), dénonçait la gestion des eaux de Volvic (Puy-de-Dôme) par la société Danone, également propriétaire de la marque éponyme bâtie sur cette source, qui s'est créée à la suite d'une éruption volcanique il y a 13.500 ans. Cette enquête relayait notamment les propos de riverains qui constatent, d'années en années, un assèchement des ruisseaux et des nappes entourant la source où puise le groupe pour alimenter son site d'embouteillage.
Selon l'AFP, un rapport commandé par le groupe Danone démontrerait en effet "une relation souterraine entre les forages exploités pour l'eau de Volvic et la source Gargouilloux", mais il n'aura finalement pas été rendu public. Malgré cela, l'affaire n'est pas simple puisque c'est aujourd'hui l'Etat qui a la responsabilité de gérer les droits de prélèvements accordés à Volvic, par voie d'arrêté préfectoral.
Or, l'enquête révélait aussi que le volume puisé (maximal de 2,79 millions de mètres cube par an) reste inférieur à ce qu'a effectivement prélevé la multinationale, soit 2,33 millions de mètres cubes en 2020. Même si cela représenterait déjà près d'un quart des usages de l'eau sur ce territoire.
Résultat ? Alors que Antoine Portmann, directeur général Danone Eaux France, a déjà précisé que la préservation de l'eau était également de "la responsabilité de tous", la directrice ressources en eaux de Danone Eaux France, Cathy Le Hec, rappelait quant à elle que la marque "a toujours prélevé moins" que les quotas prévus, et pris des engagements pour réduire ses prélèvements, à travers une optimisation de ses méthodes de captage et d'embouteillage en particulier.
"Nous avons investi 25 millions d'euros depuis 2017 sur notre site d'embouteillage pour améliorer nos modes opératoires et nos installations, confirme à La Tribune Jérôme Gros,directeur du site Volvic.Grâce à la mise en place de plans d'actions tout au long du procédé d'embouteillage, notamment l'installation de nouvelles lignes moins consommatrices en eaux, nous avons réduit nos prélèvements d'eau de -14 % en 2020, en comparaison de 2017. Tout cela pour des niveaux de ventes stables".