Des mots de Valérie Pernod, première vice-présidente de la région Auvergne-Rhône-Alpes, il y avait bien « un trou dans la raquette ». La première région industrielle française, qui a par ailleurs lancé son « fonds souverain » à destination des entreprises émergentes il y a bientôt deux ans, en janvier 2021, avait noté qu'il manquait une pièce dans le puzzle d'accompagnement des startups locales. La collectivité vient à ce titre de lancer un nouveau fonds, cette fois 100 % public, nommé « Avenir Industrie Auvergne-Rhône-Alpes » et doté d'une enveloppe de 50 millions d'euros, à moitié financée par des crédits régionaux, et de l'autre par le fonds européen Feder.
Confié aux gestionnaires UI Investissement et Kreaxi, il devra obligatoirement être accolé à des fonds privés équivalents.
C'est que l'océan économique sur lequel naviguent de nombreuses startup tangue fort depuis plusieurs mois et l'élévation des taux d'intérêt. Les levées sont moins nombreuses, les tickets moins élevés depuis un an, que ce soit dans le secteur de la santé, comme le remarque le Lyonbiopôle, que dans la tech ou la création de microentreprises. Ainsi, Nicolas Debiolles, vice-président de l'ordre des experts comptables d'AURA, analyse un « ralentissement » de toutes parts, qui cependant « ne s'accélérerait pas depuis l'été ». Pour Sébastien Touvron, président de Kreaxi, « au jeu des chaises musicales, depuis plusieurs années, la musique s'est arrêtée ». Les startup industrielles, nécessitant, par essence, de grandes capacités d'investissement, sont particulièrement affectées : « Elles ont besoin, dans cette phase de venture industriel, de construire des usines, avant même d'avoir du chiffre d'affaires, et de mobiliser de grandes sommes d'argent assez tôt », ajoute le gestionnaire de fonds.