Et si l’avenir de la filière textile française passait par le recyclage ? En visite à Clermont-Ferrand, le ministre de l’Economie a salué la « technologie prometteuse » de la jeune pépite Carbios. Grâce à un procédé biologique unique au monde, la start-up peut recycler les plastiques et les textiles dans une optique circulaire. Reste à créer tout l'écosystème.Deux visites ministérielles en moins de six mois... Le signe de l'intérêt du gouvernement pour la filière du recyclage et pour la technologie de rupture développée par la société Carbios. Après Roland Lescure, le ministre délégué à l'Industrie en octobre, c'est donc Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, des finances et de la souveraineté industrielle, qui a visité, à la mi-journée, le démonstrateur industriel de l'entreprise clermontoise de chimie verte.
Carbios a en effet mis au point une technique, unique au monde, de recyclage biologique des plastiques et des textiles à partir d'enzymes. Afin d'accélérer sa recherche et déployer sa première usine, qui ouvrira l'an prochain en Meurthe-et-Moselle, Carbios a bénéficié de financements publics, notamment de l'Etat. Au total : 54 millions d'euros. De quoi donner les moyens à la start-up d'atteindre son ambition : devenir le leader mondial du recyclage et du biorecyclage de déchets plastiques de type PET (matière plastique utilisée pour la fabrication de bouteilles) d'ici à 2035.
« Nous créons une nouvelle filière industrielle, celle du recyclage. Ces trois dernières décennies dans l'industrie, cela a été un massacre, on a fermé des usines, deux millions emplois ont été détruits. Notre ambition, c'est de consolider les filières existantes l'aéronautique, l'automobile, la chimie, mais c'est aussi créer de nouvelles filières. Cette technologie prometteuse de décomposition, c'est l'illustration même du génie français qui permet d'inventer un nouveau procédé et d'être vertueux. En plus, cela crée de la prospérité et de l'emploi », s'est félicité Bruno Le Maire.
Seuls 13% des déchets textiles sont recyclés
Pendant plus d'une heure, le ministre a visité le laboratoire et les unités de recyclage de Carbios, situés sur le site d'une ancienne usine de Michelin à Clermont-Ferrand. C'est là que Carbios récupère, par exemple, des tee-shirts, des vestes de ski usagés en polyester... et qu'une machine déchiquette les tissus, retire boutons ou fermetures éclairs.