Le chimiste Arkema, première victime de la mise à l'arrêt de Vencorex
Oriane Raffin
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« Tant que nous n'avons pas d'informations, notre mobilisation va aller crescendo. »
Arkema/Anne Guillet Caillot
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« Tant que nous n'avons pas d'informations, notre mobilisation va aller crescendo. »
Arkema/Anne Guillet Caillot
Lundi 13 janvier, les activités de l'usine Arkema à Jarrie, en Isère, sont totalement paralysées. En cause, une grève générale votée par les salariés lors d'une assemblée générale vendredi dernier, en réaction au redressement judiciaire du site voisin de Vencorex.
« Plus aucun camion ne sort ou ne rentre », avertit Hubert Franchi, élu CGT, contacté par La Tribune. « Tout le monde a appelé à la grève, même le 3ème collège [les cadres, NDLR], c'est historique », ajoute-t-il. En cause : l'absence de visibilité et de communication de la part de la direction sur l'avenir du site.
« C'est l'effet domino de Vencorex que nous craignions, résume Carole Fruit, secrétaire générale de la CFDT Chimie Energie Dauphiné Vivarais. Les conséquences se déclenchent progressivement, les unes après les autres, avec, dans un premier temps, des répercussions locales ».
Le site de Pont-de-Claix du chimiste Vencorex a en effet été placé en redressement judiciaire en septembre dernier, à la demande de son principal actionnaire, le thaïlandais PTT GC.
Une seule offre de reprise a été présentée, défendue par le Hongrois Borsod Chem filiale du groupe chimique chinois Wanhua. Une offre très partielle, limitée par des conditions suspensives mais garantissant 50 reprises d'emplois sur 550 et 10 millions d'euros d'investissements.
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Le 4 décembre dernier, Arkema avait annoncé dans un communiqué de presse qu'une réorganisation de son site de Jarrie serait nécessaire, car sa production de chlore dépendait directement du sel fourni jusque-là par Vencorex. Autrement dit, sans ce sel du chimiste Vencorex, l'activité d'Arkema est menacée. Tout comme une partie des 340 emplois sur site. Le groupe travaille donc à « un projet de recentrage de son site de Jarrie afin de préserver une partie importante de ses activités (eau oxygénée, chlorate, perchlorate) ».
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Depuis, les syndicats n'ont eu, selon leurs dires, aucune information de la direction concernant le projet de plan social. « Nous attendons que la direction prenne des positions », insiste Hubert Franchi qui s'inquiète également de l'impact des difficultés d'Arkema sur ses voisins et ses clients. Parmi les conséquences directes à l'arrêt du site de Jarrie, Ariane groupe ne reçoit plus de perchlorate, pour le carburant, et Framatome le chlore gazeux produit en temps normal par Arkema. « Comment la défense française peut-elle dépendre d'un fournisseur étranger, interroge le syndicaliste. Quant à Framatome, ils envisageraient de nous racheter l'électrolyse, mais en attendant, ils sont obligés, selon nos informations, d'acheter le zirconium à l'étranger ». Framatome, contacté par La Tribune, n'a, pour l'heure, pas donné suite à notre demande.
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