Des résultats semestriels "fortement impactés" par l'annonce du déremboursement à venir de l'homéopathie sur le marché français, mais également, par la prise en compte de l'estimation des coûts relatifs à son plan de réorganisation en France. Le spécialiste des préparations homéopathiques lyonnais, Boiron, a essuyé, au cours des six derniers mois, une perte de 975.000 euros (contre 393.000 euros l'an dernier), qui porte son bénéfice opérationnel à -75% sur un an, à 1,5 million d'euros.
Et ce, alors que le groupe a mis en place un plan d'économies de 19 millions d'euros au cours des derniers mois, qui a porté principalement sur "un travail en mode plus agile, une réduction des dépenses, des déplacements et des frais d'hospitalité ainsi que le non-remplacement de certains départs".
Sa directrice générale, Valérie Lorentz-Poinsot, attribue ces résultats à plusieurs facteurs : à commencer par la mise en place d'une provision, à la mi-mars, en vue d'assurer les coûts du plan social à venir : "Ce résultat est le fruit de l'évolution de chiffre d'affaires et des charges provisionnelles passées pour le PSE. Ce plan social devrait en effet coûter près de 59 millions d'euros au groupe, mais les négociations avec les représentants du personnel ne sont pas encore terminées".
Elle enregistre également une situation très contrastée, avec, en premier lieu, un fort recul des ventes sur le marché français (-16,5%), son terrain de jeu historique, tandis que les ventes à l'international affichent quant à elles une progression de 20% sur le premier semestre 2020. "Ce phénomène de recul en France n'est pas nouveau, et est directement lié à la campagne de dénigrement de l'homéopathie et à l'annonce du déremboursement à venir. Mais nous sommes tout de même bien en dessous de nos prévisions", affirme Valérie Lorentz-Poinsot. Elle rappelle que contrairement à la France, d'autres pays comme le Canada, les États-Unis, le Brésil, ou encore la Colombie continuent de connaître une envolée de la demande.