Dix millions de soignants manqueront d'ici 2030 pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD), dont plus de 5 millions en Afrique, soit près d'un sixième des 65 millions de soignants recensés par l'OMS en 2020. Ce constat, établi il y a cinq ans par l'agence de santé, l'a poussée à explorer d'autres solutions, notamment le renforcement de la formation continue. Une vision qui se concrétise ce mardi, sous la forme d'une Académie de santé qui prend racine dans la Biodistrict de Lyon, à Gerland.
Une entité qualifiée « d'architecte de notre santé mondiale qui permettra de former davantage de professionnels » par le président de la République française, qui a assisté à l'événement, trois ans après avoir présidé son installation, en 2021. Rappelant au passage que « la santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix dans le monde ».
Alors que le contexte actuel est marqué par des conflits et de multiples tensions qui mettent en exergue les enjeux de souveraineté concernant des produits essentiels tels que les médicaments.
Grâce à ce nouveau bras à la fois technique et technologique, l'OMS entend former 400.000 professionnels de santé en 2025 (infirmiers, médecins, décideurs, gestionnaire de santé, etc) et 3 millions à horizon 2028. Et cela a déjà commencé puisque les premières formations ont débuté en mai, confie David Atchoarena, directeur exécutif de l'Académie de l'OMS.
Les professionnels de santé du monde entier disposent déjà de plusieurs formations à disposition, toutes traduites dans les six langues officielles de l'OMS. « Et des traductions seront réalisées dans d'autres langues », précise également David Atchoarena. L'idée étant de former des professionnels de santé dans tous les pays qui pourront aussi former d'autres professionnels dans leur pays.