Aussi fines qu'un cheveu, les microbatteries, qui rendent autonomes un implant, visent le secteur médical. La start-up grenobloise compte se positionner sur les marchés de l’ophtalmologie, la neurologie et les pathologies cardiaques. Mais il lui faut encore convaincre les investisseurs, notamment pour construire sa première usine.À une quinzaine de kilomètres de Grenoble, le terrain de 8.000 m2 est déjà réservé, le permis de construire, acté. La start-up InjectPower, fruit de plus de vingt années de recherche au sein du laboratoire d'électronique du CEA-Leti, prévoit d'implanter sa première usine dans l'Isère, à Villard-Bonnot. Celle-ci sera dédiée à la fabrication de microbatteries médicales, avec une mise en production prévue pour la mi-2026. Des batteries ultra-miniaturisées et rechargeables qu'InjectPower a conçues pour répondre aux besoins énergétiques de l'industrie médicale encore « non satisfaits », afin de rendre les implants médicaux autonomes en énergie.
En outre, le volume des dispositifs médicaux implantés (pacemakers, les dispositifs de neuro stimulation, etc.) dépend encore majoritairement de leur alimentation en énergie, ce qui représente un frein au développement de capteurs utiles pour récolter des données, explique Philippe Andreucci, directeur général d'InjectPower. Une difficulté que compte lever la start-up avec sa nouvelle génération de microbatteries, de la taille d'un grain de sable et de l'épaisseur d'un cheveu, qui pourraient alimenter, à l'avenir, des capteurs de pression implantables dans le corps humain.
« Il n'y a plus qu'à appuyer sur le bouton pour lancer les travaux » de ce bâtiment de 3.500 m2, qui sera doté 1.500m2 de salles blanches, glisse le DG. Mais il reste à compléter le financement de sa première usine, ainsi que la certification des premiers produits.
Capital-risque en berne
Car après une première levée de 6,5 millions d'euros, clôturée à l'automne 2023 auprès de différents acteurs (dont le groupe IDEC, qui prendra en charge la construction de sa première usine), la jeune pousse cherche désormais à clôturer, au cours du premier trimestre 2024, une enveloppe globale 55 millions d'euros, en s'appuyant à la fois sur de la dette, du capital et des subventions. Pour cela, elle mise sur un signal positif puisqu'elle vient d'obtenir une enveloppe de 9 millions d'euros, issue du programme France 2030 « Industrialisation et Capacités Santé 2030 », qui serait même « l'un des montants les plus importants ayant été octroyé dans le cadre de cet appel à projets ».