Comprendre le made in France en trois questions
Patrick Cappelli
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Le made in France revient en force. Le duo infernal de l'épidémie de coronavirus et de la mondialisation à outrance a boosté la demande pour ces produits fabriqués localement, avec une meilleure empreinte carbone et sources d'emplois durables. L'engouement date de 2012 à la suite de la crise des subprimes, porté par Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif. Ce militant du fabriqué français est passé depuis de la théorie à la pratique en créant sa marque de « miels de repeuplement » Bleu Blanc Ruche. Depuis dix ans, l'appétence des consommateurs pour ces produits issus de l'industrie manufacturière hexagonale n'a cessé de croître. Selon un sondage Ifop, les trois quarts des Français sont prêts à acheter du made in France malgré un prix plus élevé, alors qu'ils n'étaient que la moitié en 2014 selon le Crédoc. Mais ils ne veulent pas débourser plus de 5_à 10_% par rapport à un produit concurrent importé. Or ce surcoût est généralement d'environ 20 %. En outre, selon une étude Ifop de 2018, 66_% des acheteurs se focalisent sur le prix, et seulement 21 % privilégient la provenance. L'autre obstacle, c'est la difficulté pour le consommateur de faire le tri dans les multiples appellations et labels. OFG (Origine France Garantie), EPV (Entreprise du patrimoine vivant), France Terre Textile, Joaillerie de France, Produit en Bretagne, Label Rouge, AOC (Appellation d'origine contrôlée), IG (Indication géographique), etc. : la liste est longue, et bien malin celui qui s'y retrouve. La DGE (Direction générale des entreprises) elle-même reconnaît que « la démultiplication des labels peut avoir pour effet de perdre le consommateur ». Sans compter les mentions fantaisistes comme « Conception française », « 100 % Français », « French touch », « Savoir-faire français » ou « Designed in France », sans valeur légale, mais qui trompent le consommateur quant à la provenance de leurs achats, ce qu'on appelle le « French washing ».
Patrick Cappelli