France Télécom : le cauchemar continue

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(Crédits : Reuters)
Une semaine après le suicide d'une salariée de France Télécom rattachée au site de Lens, les syndicats annoncent ce vendredi qu'une autre salariée du même site s'est donnée la mort à son domicile. Les syndicats affirment qu'il s'agit du huitième cas de suicide depuis le début de l'année.

Nouveau choc pour les salariés de France Télécom travaillant sur la plateforme client de Lens, dans le Pas-de-Calais. Ils ont appris ce vendredi qu'une des employés du site s'est suicidée à son domicile, une semaine après le suicide d'un autre employé, un homme de 54 ans retrouvé mort dans son véhicule.

Il s'agit cette fois d'une femme d'une cinquantaine d'années en arrêt maladie depuis plus d'un an, a expliqué un délégué CGT pour la région Nord/Pas-de-Calais à l'Agence France Presse. D'après le site du journal Nord Eclair, cette femme travaillait dans une unité technique, un plateau téléphonique dédié à la coordination des interventions des techniciens en déplacement chez les clients.

"On ne peut pas accuser France Télécom d'être la cause de son suicide, mais on ne peut pour autant pas exclure qu'ils aient une part de responsabilité dans tout ça", a ajouté le syndicaliste, précisant que la salariée avait "subi différents changements de métier au sein de France Télécom et que le service pour lequel elle travaillait était en train d'être restructuré".

Pour France Télécom, la série de suicides qui l'a secoué en 2009 semble ne jamais finir. Les syndicats en déplorent huit depuis le début de l'année. Un funeste décompte qui, selon les syndicats, s'ajoute aux 35 autres cas recensés en 2008 et 2009.

"Feu orange" pour France Télécom

Pas plus tard que jeudi, le nouveau patron de France Télécom, Stéphane Richard, qui a succédé plus vite que prévu à Didier Lombard, déclarait sur BFM radio qu'il était "présomptueux" de penser que la crise sociale était "réglée", assurant qu'il "faudra du temps". Le même jour, lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats annuels du groupe, il expliquait : "Nous avons entamé un travail de refondation de l'entreprise pour donner de nouvelles perspectives à l'ensemble du Groupe", a déclaré à son tour celui qui va prendre les rênes opérationnels du groupe. "Ce projet, qui sera annoncé avant l'été, a pour objectif de remettre clients et salariés au coeur des préoccupations de l'équipe dirigeante. Il nous faut maintenant réconcilier performance économique et ambition sociale (...). C'est à cette tâche passionnante que je vais désormais m'atteler, entouré d'une équipe renouvelée et solidaire".

Depuis la vague de suicides intervenue cet automne chez France Télécom, le gouvernement a multiplié les promesses et les démarches sur le stress au travail. A la demande du ministre du Travail Xavier Darcos, les entreprises françaises de plus de 1.000 salariés devaient signer avant le 1er février des accords sur le stress au travail ou d'entreprendre des démarches en ce sens. Et la semaine dernière, avant d'être auto-censurée, une liste des bons et mauvais élèves en matière de prévention du stress a été publiée.

Selon cette dernière, le groupe France Télécom avait reçu un "feu orange" rejoignant ainsi la catégorie des entreprises ayant bien entamé des négociations; une dizaine en l'occurence.

Début décembre, un questionnaire remis aux salariés de France Télécoms avait fait ressortir qu'un quart des personnes ayant répondu (78% des effectifs totaux) s'estimaient "en situation de risque".

 

 

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