Les liseuses numériques dynamisent le marché du livre

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Le numérique s'invite au Salon du Livre de Paris du 16 au 19 mars. De plus en plus de Français s'habituent à cette nouvelle forme de lecture, comme le montre une étude OpinionWay dévoilée ce vendredi et qui passe au crible les nouvelles habitudes de lecture liées au numérique.

Finis les livres empilés sur des étagères poussiéreuses ? Les - rares - Français séduits par les livres numériques plebiscitent avant tout la facilité de stockage et de rangement de ces instruments de lecture moderne.  L'autre aspect pratique qui plaît le plus, c'est la mobilité : avec un livre virtuel, il est désormais possible de se déplacer avec sa bibliothèque entière. Surtout, ces lecteurs apprécient tout particulièrement de pouvoir acheter des livres moins cher et de façon plus simple. C'est ce que montre un nouveau baromètre lancé ce vendredi par les principaux syndicats du secteur à l'occasion du Salon du Livre.

Un quart des Français compte s'offrir une tablette

Certes, la fin des livres "classiques", c'est-à-dire en papier, semble encore bien lointaine. Le livre reste le bien culturel le plus apprécié des Français: 82% des Français en ont acheté au moins un l'an dernier selon une étude menée par l'institut GfK. Mais la version numérique occupe de plus en plus de bibliothèques virtuelles. Ainsi, 19% des personnes interrogées par GfK déclarent avoir acheté un ouvrage sous sa forme dématérialisée. Les appareils permettant de lire ces ouvrages se répandent également. S'ils sont encore plus rares à posséder une liseuse numérique (3%) ou une tablette (10%), les Français sont de plus en plus séduits par ces objets. Un quart d'entre eux projette de s'offrir une tablette cette année. Les éditeurs ont beau s'en méfier, les ouvrages numériques sont désormais à l'honneur au Salon du Livre. De plus en plus équipés, les lecteurs hexagonaux s'approprient cette nouvelle forme de lecture.

Les lecteurs numériques sont déjà de "gros lecteurs"...

"La majorité des lecteurs de livres numériques sont déjà de gros lecteurs de livres imprimés, l'émergence du livre numérique semblant à ce stade induire de nouvelles pratiques plutôt que de nouveaux lecteurs ", pointent dans leur étude les auteurs du premier Baromètre sur les usages du livre numérique réalisé pour le Syndicat national de l'édition (SNE), la Société Française des Intérêts des Auteurs de l'écrit (SOFIA) et la Société des gens de lettres (SGDL).

... qui dépensent moins et paient à l'acte...

"Depuis qu'elles lisent des livres numériques, les personnes interrogées déclarent globalement lire plus de livres qu'avant mais dépenser moins  pour leur acquisition", pointent les rédacteurs de cette étude. Ils sont en effet près d'un quart à déclarer dépenser moins.
Seuls 15% des acheteurs de titres dématérialisés déclarent avoir dépensé au moins 100 euros pour cela. En moyenne, les dépenses les plus fréquentes dépassent rarement les 8 euros pour un titre. Aux abonnements ou à la location, ces acheteurs préfèrent largement le paiement à l'acte (67% des personnes interrogées par OpinionWay disent acheter ainsi).

La gratuité attire tout particulièrement ces lecteurs. D'ailleurs, la moitié d'entre eux les acquièrent principalement à titre gratuit et 1 sur 5 avoue le faire de façon illégale (l'offre d'ouvrage piratés  représente déjà 2% du total).

.. des romans achetés sur le site d'Amazon ou la Fnac

Pour ceux qui acceptent tout de même de mettre la main au portefeuille, les "lieux" d'achats privilégiés sont les sites des grands opérateurs comme Amazon, Apple Store ou Google Books. Viennent ensuite les sites des grands distributeurs comme la Fnac ou Virgin. Les sites de libraires n'arrivent qu'en quatrième position derrière la recherche sur des moteurs de recherche. Les achats via les sites d'éditeurs arrivent en sixième position, juste après les sites spécialisés dans la vente de livres ( Numilog, Feedbooks etc.).

Comme dans les bibliothèques "classiques", ce sont les romans qui tiennent le plus de places sur les étagères numériques, avec les essais et les livres pratiques.

Un usage encore timide

Nuance de taille : avec 90% des personnes sondées qui n'envisagent pas de lire des livres numériques et 95% qui n'en ont même jamais lu, quel que soit le support, la lecture dématérialisée reste encore très confidentielle en France. Les concepteurs de ce nouveau baromètre concluent ainsi : "un usage encore timide du livre numérique"et un "fort attachement des lecteurs au livre imprimé".

Méthodologie : Le Baromètre a été mené par OpinionWay, auprès d'un premier échantillon de 2.014 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, et d'un second de 505 utilisateurs de livres numériques ; elle a été réalisée entre le 20 février et le 4 mars 2012.

 

 

 

 

 

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a écrit le 16/03/2012 à 20:20 :
Les livres électroniques, c'est du consommable ou du durable ? Peut-on encore les lire dans vingt ans ? Sinon, faudra-t-il les racheter ?
J'imagine bien des e-livres à 1 euro mais valables un an maximum, ils s'auto-effacent. Ça permettrait de développer la lecture frénétique. Bien que ceux qui ne lisent pas ne liraient pas plus. Ça permettrait de confirmer que les livres sous forme électronique sont bien à durée limitée, et assez courte. Mais à trop vouloir gagner en surfant sur la vague de la modernité et de la praticité (léger, compact), ça va marcher quand même (moutons).
Réponse de le 20/03/2012 à 11:57 :
En tout cas, les liseuses numériques sont à limite de l'escroquerie ; c'est une mode qu'essaient de lancer les grandes enseignes pour "capter" des clients à leur propre bibliothèque (payante). A l'heure où la tendance est de ramener le maximum de fonctions dans un seul appareil, les tablettes sont un peu moins performantes (prix, encombrement, confort de lecture, etc ...), mais beaucoup plus polyvalentes et ont certainement plus d'avenir !
Réponse de le 23/03/2012 à 5:09 :
On peut être Mouton actif ou mouton qui ne fait rien! ;-)
a écrit le 16/03/2012 à 13:49 :
L'édition française est-elle la plus bête du monde ? Au-delà de la provocation, possesseur d'une liseuse, il m'est particulièrement désagréable de constater qu'un livre numérique est vendu bien au-delà du prix d'un livre de poche. Les coûts de production et de distribution ont-ils une commune mesure avec ceux d'un livre papier ? Lorsque le prix du livre numérique sera au prix du livre de poche, voire inférieur, les ventes de livres numériques, comme aux USA, exposeront et passeront de 1 à 20 % de l'ensemble des livres vendus.
Réponse de le 16/03/2012 à 16:21 :
tout a fait d'accord avec d2s5g4. les seuls livres numeriques que j'achete sont des livres anglais/americains en VO car ils sont a des prix raisonnables.
Réponse de le 23/03/2012 à 5:11 :
Je suis d'accord aussi avec d2s5g4 pour les livres avec droit d'auteur mais on a disposition tout les classiques hors droit d'auteur 0 Euros!

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