Le nouveau PDG de SFR prépare un plan stratégique pour « créer seul son avenir »

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(Crédits : Bernard Sidler)
Dans une note interne, que La Tribune a pu consulter, Jean-Yves Charlier révèle aux salariés le lancement d’un chantier de réflexion sur la différenciation, à l’heure où Vivendi enclenche la scission de sa filiale. Le patron de l’opérateur assure qu’il n’y aura pas de deuxième plan social et veut parier sur le "cloud" et les objets connectés.

« SFR a tous les atouts et les moyens pour créer seul son avenir » écrit Jean-Yves Charlier, le nouveau PDG de l'opérateur, dans un message interne adressé au lendemain de l'annonce du projet de scission de Vivendi. Dans ce courrier que La Tribune a pu consulter, le patron, nommé PDG cet été, révèle « les axes principaux du repositionnement stratégique » qu'il entend mener. Défiant la vision « défaitiste » de « certains » (les dirigeants de Vivendi peut-être, ou son premier actionnaire Vincent Bolloré ?) sur les télécoms qui seraient « une industrie en déclin », il met en avant que, après avoir consacré les dix dernières années à « connecter les personnes et les lieux en France », SFR verra au cours des dix prochaines années « des millions d'objets connectés à [ses] réseaux, des systèmes de gestion de nos foyers (sécurité, domotique, et énergie connectée) en passant par les voitures connectées » qui constituent autant « d'opportunités d'innovation et de croissance du trafic sur nos réseaux. »

Cap sur le « cloud », les objets connectés, la domotique

Le PDG dresse ainsi la liste des priorités de l'opérateur : le « cloud computing » (stockage et accès à distance et à la demande des contenus, logiciels, etc), les objets communicants (équipés de cartes SIM préembarquées, le "machine-to-machine" dans le jargon) et tout ce qui a trait au foyer numérique et connecté, des champs qu'il entend « surinvestir. »

 « Nous avons ainsi choisi des relais de croissance clés pour SFR pour lesquels nos positions de départ sont fortes : notamment dans le Cloud, le Machine-to-Machine et le Foyer (sécurité, domotique et gestion énergétique en particulier). Nous allons nous donner les moyens de surinvestir dans ces nouveaux marchés pour maintenir nos positions de leadership et accélérer le poids de ces nouveaux métiers dans notre groupe. »

Objectif : être leader de la 4G et la fibre

Bien que SFR soit « confronté à une baisse de [sa] profitabilité » et à « un marché difficile », qui continuera à l'être « pendant un certain temps », les investissements, un sujet de préoccupation majeur en interne, en particulier dans la perspective de la scission et d'une éventuelle introduction en Bourse, seront maintenus, à la fois dans la 4G et la fibre. Car Jean-Yves Charlier n'a pas l'intention de faire de la figuration dans ces domaines. « Notre plan stratégique est clairement affiché : être l'acteur leader du très haut débit fixe et mobile » affirme-t-il, ce qui supposerait de dépasser l'opérateur historique, Orange. Un objectif ambitieux. Ce plan sera annoncé « au mois de novembre » aux salariés, dans le cadre d'une « tournée » des membres du comité exécutif dans chaque région où l'opérateur est implanté, à l'issue de la finalisation des chantiers de réflexion.

« Se différencier à nouveau » de la concurrence

Il s'agit notamment d'un « chantier de réflexion stratégique sur la différenciation » qu'il vient de lancer. SFR doit, selon son nouveau patron, « retrouver cette différenciation qui a fait [sa] force dans le passé », en particulier sur le marché grand public, afin de monétiser les nouveaux usages. « Nous devons afficher, sur le fond comme sur la forme, une différence claire par rapport à nos concurrents et surtout nous y tenir dans la durée » déclare le PDG, sans détailler les axes précis de différenciation. Des ateliers de travail seront lancés en novembre pour préciser la « feuille de route des prochaines années ».

Nouveau plan d'économies mais pas de 2e plan social

Jean-Yves Charlier prévient cependant que SFR va devoir « continuer à repenser [sa] structure de coûts pour absorber les chocs du marché. » Les nouveaux efforts, après ceux « considérables pour adapter la masse salariale », se porteront maintenant sur les autres coûts de fonctionnement. « Je tiens à vous dire qu'un deuxième PDV n'est pas à l'ordre du jour » assure le PDG, alors que le plan de départs volontaires vient de se clore à la fin août sur environ 870 départs. Il cite le projet stratégique de mutualisation de réseaux avec Bouygues Telecom comme illustrant « parfaitement le type de projet de transformation de nos business modèles » que l'opérateur doit mener, car « les business modèles qui ont fait notre succès hier ne sont pas ceux qui feront nos succès demain » considère le nouveau patron.

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Commentaires
a écrit le 15/09/2013 à 15:07 :
Free n'est pas du low cost cette vision est stupide... J'ai du mal à comprendre le nombre de personnes qui critiquent free mobile. Chaque consommateur est libre de son choix, il y a des gens très satisfaisants de Free et alors? Ou est le problème.. Moi j'ai pas envie d'aller dans une boutique pour choisir mon abonnement ou mon mobile, après 17 ans chez SFR j'ai mis mis le pied dans une boutique en 1999, seule et unique fois ensuite j'ai tout fait par internet, une boutique pour voir un vendeur pas un conseiller ça m'intéresse pas. Je suis chez free pour internet depuis 3 ans et free mobile depuis décembre 2012, et n'en déplaise je suis très satisfait avec un iPhone, l'offre est simple et claire. Pas de coupure, vidéo impeccable, FaceTime tout va bien.... Pour info, je gagne bien ma vie et je ne considère pas free comme du low cost... Maintenant ceux qui aiment pas free, restez chez votre opérateur c'est votre choix, et vous avez bien raison...
a écrit le 14/09/2013 à 9:52 :
Free a toujours vécu et vit encore sur les investissements des autres opérateurs. On verra par la suite, mais je pense que Monsieur Niel est pour l'instant dans l'enfumage, et je ne suis pas sûr qu'il puisse faire arriver sa société dans une structure capitalistique stable.. Il faut rappeler que Monsieur Neil avait été condamné pour proxénétisme dans une affaire de Minitel rose, c'est dire le personnage. Avant de m'abonner chez Free je regarderai a deux fois... A moins que ce Monsieur laisse sa place à de vrais professionnels....
Réponse de le 15/09/2013 à 10:19 :
Bel exercice de style de dénigrement en tentant de replacer le débat sur le personnage lui même, parce que tous les autres arguments ont échoué :-) Ce n'est pas en se mettant la tête dans le sable comme cela que les autres vont progresser. Pratiqueriez vous de la même manière en cherchant des excuses bidon pour vos propres échecs personnels au lieu de vous remettre en question ?
Réponse de le 25/02/2014 à 14:41 :
C'est grâce a FREE que les prix baissent , merci FREE
a écrit le 14/09/2013 à 9:25 :
Le cloud ne sera pas la solution miracle pour s'en sortir , les particuliers et les entreprises n'ont pas attendu 2013 pour héberger leurs données . Merci free ? Non car createur de chomeurs , la mode est au low cost comme le transport aerien , nous irons progressivement vers une baisse de la qualité du service rendu .
a écrit le 13/09/2013 à 18:03 :
Trop tard Jean-Yves, moi j'ai déjà appliqué mon plan stratégique pour "continuer seul sans SFR", Merci Free.
Réponse de le 14/09/2013 à 19:45 :
Dites-vous que le low-cost n'est pas vraiment low-cost, vu le prix des mobiles chez free et le service rendu par le personnels
Moi je préfère en boutique
Réponse de le 15/09/2013 à 15:13 :
Du coca cola ou du jambon herta ou du nutella c'est le même à carrefour, géant ou leader price stupide la remarque...
a écrit le 13/09/2013 à 17:09 :
Blablabla de la direction qui ne comprend pas ce qui arrive et qui s'est fait refilé la stratégie de l'océan bleu par des consultants chèrement payés.
1) Free a durablement modifié le paysage des Télécoms en France et on ne reviendra pas en arrière. D'ailleurs SFR passe sans discuter ses anciens clients vers la formule carré RED à 19,99 euros. Quand Free fera de la 4G sans surcoûts, ils se retrouveront bien malins !
2) Le discours des boursiers sur les conglomérats et leur prétendue décote boursière n'a pas de sens. C'est irrationnel sur un plan économique. Les USA, nous montrent que des conglomérats peuvent très bien vivre et gagner de l'argent. Des exemples ?
- United technologies qui regroupe OTIS, CARRIER clim, Pratt&Withney et Sikorski Hélico, tous chef de file dans leur domaine au niveau mondial ...
- Danaher, conglomérat américain plus rentable que Berkshire Hataway de Warren Buffet ...
La liste est longue ...
a écrit le 13/09/2013 à 14:56 :
Séparer SFR (le réseau, pas la commercialisation) de Vivendi est une erreur stratégique lourde. Elle veut singer l'organisation américaine mais Amazon n'a pas les moyens actuellement de reprendre un réseau cependant ce sera fait dès que possible avec Charter ou Cablevision, Level 3 ou Liberty voire Dish. Les producteurs américains iront forcément au réseau ou le réseau les mangera à moins qu'il soit "nationalisé" ce qui serait étonnant. La question est alors de savoir si Vivendi veut se transformer en teneur de bougie pour Orange ou devenir un véritable acteur car tout producteur de poids aura son réseau ou disparaîtra forcément. vendre l'actif brésilien est possible car les accords internationaux feront partie d'un autre protocole, vendre ceux du Maroc sont moins pertinents, il conviendrait de les conserver. On ne peut que conseiller aux dirigeants actuels de tourner 8 fois le crayon dans leur main avant de signer.

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