Vivendi secoue (encore) l'état-major de SFR

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Jean-Yves Charlier. Copyright Bernard Sidler.
Jean-Yves Charlier. Copyright Bernard Sidler. (Crédits : Bernard Sidler)
Jean-Yves Charlier est nommé directeur général de l'opérateur télécoms, Stéphane Roussel restant président du conseil d'administration. Le DG délégué, Pierre Trotot, un historique, quitte SFR, les finances étant reprises par Sandrine Dufour, venue de Vivendi. C'est le 5e patron depuis le tsunami Free Mobile.

Nouvelle reprise en main de SFR par sa maison-mère. Vivendi vient d'annoncer la nomination comme directeur général de l'opérateur télécoms de Jean-Yves Charlier, qui était DG en charge des activités télécoms de la holding depuis août dernier. L'actuel PDG de SFR, Stéphane Roussel, ex-DRH de Vivendi, nommé à ce poste en juin dernier, reste président du conseil d'administration. Ce sera le cinquième patron de SFR en 14 mois, depuis le départ de Frank Esser fin mars 2012, remplacé par Jean-Bernard Lévy, Michel Combes, qui ne prit finalement pas ses fonctions et atterrit chez Alcatel-Lucent, puis Stéphane Roussel. Âgé de 49 ans, de nationalité belge, Jean-Yves Charlier était membre du conseil de surveillance de Vivendi avant d'être nommé DG des activités télécoms. Passé chez Equant, BT et Colt, il connaît bien l'univers des télécoms. Sa mission est « d'accélérer le plan de transformation » mis en place après le tsunami Free Mobile, précise-t-on au siège de Vivendi.

Pas d'explication de Vivendi à ce remaniement
« Quand on voit l?efficacité du travail de Jean-Yves Charlier à la tête du pôle télécoms de Vivendi, cela laisse dubitatif » observe un syndicaliste. La rumeur de ce remaniement avait fuité dans « Les Echos » début avril. Vivendi ne fournit aucune explication dans son communiqué annonçant cette nomination « sur proposition du directoire. » Au siège du groupe, on parle de changement profond de gouvernance... Stéphane Roussel, ex DRH de SFR de 2006 à 2009, diplômé de l'Ecole des Psychologues Praticiens de Paris et peu versé dans la technique des télécoms, était perçu comme un dirigeant de transition, même s'il avait repris l'offensive, notamment tarifaire, contre Free Mobile. Vivendi ne dit pas un mot sur Pierre Trotot, le DG délégué de SFR, en charge des finances, un historique entré en 1997 chez SFR, qui disparaît de l'organigramme et quitte le groupe. « Après 16 ans au service de SFR pour construire le premier opérateur alternatif en France et en Europe, Pierre Trotot, Directeur général délégué, a souhaité quitter l?entreprise » écrit SFR dans son propre communiqué. Jean-Dominique Pit, le directeur de la stratégie aussi ne figure plus au sein du comité exécutif mais resterait dans l'entreprise comme conseiller du DG. Sandrine Dufour, jusqu'ici directrice financière adjointe de Vivendi, arrive chez SFR à la tête des finances et de la stratégie.

Préparation de l'introduction en Bourse ?
Lors de l'assemblée générale de Vivendi, le président du conseil de surveillance Jean-René Fourtou avait indiqué que l'un des objectifs prioritaires était la mise en place de « la stratégie la plus pertinente pour SFR », qui pourrait passer par « une mise en Bourse ultérieure. La décision n'est cependant pas prise » et une telle opération « n'interviendra pas à court terme » avait-il précisé. Ce remaniement risque d'être analysé en interne comme en externe comme une mise en ordre de bataille avant les préparatifs proprement dits de l'introduction en Bourse. Cette dernière est toutefois considérée comme « la moins mauvaise des solutions » par certains salariés, car la rentrée de cash pour Vivendi pourrait alléger la pression sur l?opérateur. Un comité central d?entreprise extraordinaire est convoqué ce jeudi chez SFR pour expliquer les différents changements de l?organigramme, tandis que le plan de départs volontaires, portant sur 1.123 emplois, poursuit son cours : déjà 58% des salariés seraient partis. « L?ambiance est toujours aussi délétère, ces changements ne vont pas améliorer les choses » observe un responsable syndical. Le retour d?Hervé-Matthieu Ricour, au poste de Directeur de la transformation et des projets spéciaux, suscite déjà des craintes : « c?est lui qui a conduit l?externalisation du service client de SFR » rappelle ce délégué syndical.
 

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Commentaires
a écrit le 23/05/2013 à 13:20 :
La perte de contact avec les basiques du métier va s'accélérer, en particulier par l'externalisation à outrance, accélérant la perte de compétence du coeur de métier.
Le retour aux basiques télécoms, à la simplicité et à la capacité d'innovation orthogonale sera seule le gage d'un retour réel sur le marché.
Le reste ne sera qu'une accélération du cycle baisse-dégraissage .
a écrit le 22/05/2013 à 20:51 :
Ils perdent pied... 17 ans chez eux et aucun regret d'être partis...

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