Vivendi promet à Bouygues qu'il examinera son offre sur SFR

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Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi, a répondu à Martin Bouygues que le management examinerait bien sa nouvelle offre.
Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi, a répondu à Martin Bouygues que le management examinerait bien sa nouvelle offre. (Crédits : AFP)
Jean-René Fourtou, le président du conseil, a répondu par courrier à Martin Bouygues que le management de Vivendi « va examiner » son offre d’achat améliorée « avec toute la rigueur nécessaire » mais « en application stricte de l’engagement d’exclusivité » donné à Numericable jusqu’au 4 avril. Le comité ad hoc du conseil l’examine ce soir, mais sans établir de contacts avec les équipes de Bouygues.

Alors que Bouygues tente de forcer Vivendi à interrompre ses négociations exclusives avec Numericable, dont l'offre de rachat de SFR avait été jugée « la plus pertinente », le président du conseil de surveillance de Vivendi a enfin répondu aux appels de Martin Bouygues. Dans un courrier adressé au patron du BTP, révélé par « Le Figaro », Jean-René Fourtou assure que le management du groupe, c'est-à-dire le directoire - vraisemblablement Jean-François Dubos, le président, et Jean-Yves Charlier, le PDG de SFR - examinera bien la nouvelle offre déposée par Bouygues il y a une semaine, le 20 mars.

Dans cette offre améliorée, la partie cash a été augmentée de 1,8 milliard pour atteindre 13,15 milliards d'euros, soit 1,4 milliard de plus que celle d'Altice, le premier actionnaire de Numericable. Mais Jean-René Fourtou souligne que cet examen se fera dans le respect de cette exclusivité de trois semaines, qui s'achève le 4 avril.

« Le management de Vivendi, soucieux de l'intérêt social de l'entreprise et de l'intérêt de ses actionnaires et de ses salariés, va examiner cette offre avec toute la rigueur nécessaire, selon les critères arrêtés avec le comité spécial du conseil de surveillance et en application stricte de notre engagement d'exclusivité. »

Examen ce soir par le comité ad hoc

Altice, dont l'offre expire le 4 avril, pourrait demander « des milliards », ou tout au moins des dizaines de millions d'euros de dommages et intérêts, en cas de rupture des négociations, selon un proche des discussions. Dans quelles conditions sera alors présentée au conseil de surveillance la nouvelle offre de Bouygues, qui pourrait encore être améliorée pour donner plus de liquidité à Vivendi sur les 21,5% du capital de l'ensemble fusionné SFR-Bouygues Telecom qu'il doit récupérer ? Selon « Le Monde », le comité ad hoc, chargé au sein du conseil de superviser le processus de vente de SFR, examinera ce jeudi en soirée la nouvelle offre de Bouygues. A ce comité, présidé par Henri Lachmann, l'ancien PDG de Schneider, siègent deux autres administrateurs indépendants, Alexandre de Juniac (Air France KLM) et Daniel Camus (The Global Fund), ainsi que la représentante des actionnaires salariés, Nathalie Bricault.

Traitement équitable des deux offres ?

« Le comité va lire en détails la « term sheet » [lettre d'intention] de Bouygues, d'une huitaine de pages, mais il n'est pas possible d'entrer en contact avec les équipes de Bouygues pendant l'exclusivité. Le plus vraisemblable est que le conseil de surveillance examine vendredi prochain, le 4 avril, les deux offres qu'il aura sur la table, qui auront peut-être été encore modifiées d'ici là  » décrypte une source proche des discussions, qui confirme la réunion du comité de ce soir. Mais l'offre d'Altice continue de bénéficier d'une avance, en termes de calendrier et d'interactions avec les équipes de Vivendi et SFR, ce qui lui permet de peaufiner le projet d'accord complet qui sera soumis au conseil le 4 avril.

« Le conseil risque d'étudier des propositions qui ne sont pas au même niveau, l'examen ne pourra se faire dans des conditions équivalentes, pour ne pas dire équitables » déplore cette source bien au fait du dossier. En outre « les arguments qui ont justifié la préférence donnée à Altice, sur la faisabilité et l'aspect concurrence, sont toujours en place. Le relèvement de la partie cash suffira-t-il ? Peut-être » confie cette source, sans apparaître très convaincue. 

L'ensemble du processus pose des questions de gouvernance et certaines voix se sont élevées contre l'opacité de cet appel d'offres. L'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), mandatée par DNCA Finance dont les fonds détiennent 1% du capital de Vivendi, réclame un examen des offres en assemblée générale.

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Commentaires
a écrit le 28/03/2014 à 4:15 :
L'offre Bouygues devient une offre politique par l'aide de la CDC la main mise du politique dans cette affaire. Les lettres de maintient de l'emploi ne sont que des courriers à la Berlusconi qui signait mais ne tenait aucun de ses engagements. Deux industriels qui fusionnent sur un même métier ont obligatoirement des doublons qui devront être supprimés dire le contraire est un mensonge. Encore une fois le politique en sous main mais en place un futur conflit dont il se lavera les mains de sa responsabilité et notre industriel colbertiste grand amoureux de l'Etat sera le dindon avec le plus triste des familles à la rue.
a écrit le 27/03/2014 à 18:44 :
Les dirigeants de Bouygues finissent par se ridiculiser en adoptant la posture du prétendant éconduit. Il y a des règles, le dossier était connu, il fallait alors montrer sa capacité à faire une proposition convenable dans les délais impartis, comme tout le monde. Maintenant il reste à ce mauvais joueur à attendre la suite des opérations entreprises avec son concurrent et faire éventuellement une bonne proposition cette fois si d'aventure on le lui demandait. Un peu d'éducation tout de même ! On voit qu'il y a bien plus d'un bourrin qui s'appelle Martin.
a écrit le 27/03/2014 à 16:04 :
et les clients sfr ils n ont pas droit a la parole sfr vent a bouygues et je vais chez a autre operateur
a écrit le 27/03/2014 à 12:55 :
De toute façon dans ce genre de transaction le President (Fourtou) se couvre un max juridiquement : tout est piloté par le conseil juridique (Allen & Overy) qui rédige de A a Z les communiques de Vivendi . Fourtou se contente d'apposer sa signature en bas a droite du document. Ce genre de deal est juste le reve pour les avocats et banquier d'affaires. Plusieurs dizaine de millions d'euro au bas mot.
Réponse de le 27/03/2014 à 16:13 :
Votre commentaire est juste ridicule. Je pense que vous n'avez jamais mis les pieds dans un cabinet d'avocat et encore moins dans celui que vous désignez comme conseil exclusif, et qui au demeurant ne l'est pas. En outre, vous ne connaissez rien manifestement rien à la question des honoraires et pour écrire que "tout est piloté par le conseil juridique", et que "Fourtou se contente d'apposer sa signature" vous ne connaissez non plus rien à la question des fusions-acquisitions en général et plus précisément rien des rôles respectifs des dirigeants des sociétés concernées, des banques d'affaires et des avocats dans ce type de transaction. Il est toujours surprenant, lorsque l'on connaît parfaitement une situation, de lire ce qu'en disent journalistes et habituels commentateurs du café du commerce.
Signé : quelqu'un qui, précisément, en a fait des dizaines de ce type d'opérations.
Réponse de le 28/03/2014 à 12:53 :
Vous avez raison. Desole
a écrit le 27/03/2014 à 12:20 :
Le conseil d'administration de Vivendi se frotte déjà les mains sur la possibilité de palper un cash important... quitte à couler SFR par la même occasion.

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