« Si Vivendi discute avec Bouygues, Numericable demandera des milliards en dommages »

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Vivendi est tenu juridiquement par les trois semaines de négociations exclusives engagées vendredi dernier avec Altice.
Vivendi est tenu juridiquement par les trois semaines de négociations exclusives engagées vendredi dernier avec Altice. (Crédits : reuters.com)
Au lendemain de la surenchère de Bouygues sur SFR, le camp du câblo-opérateur se déclare serein et ne fait pas de commentaire. Les négociations exclusives entamées vendredi pour trois semaines lient légalement Vivendi qui ne peut les interrompre sans s’exposer à des poursuites. Mais après le 4 avril la poste se rouvrira pour Bouygues.

Au lendemain de la nouvelle offre de rachat déposée par Bouygues sur SFR auprès de Vivendi, le camp d'Altice, la maison-mère de Numericable, entrée en négociations exclusives depuis une semaine, reste serein et ne fait officiellement aucun commentaire. Bouygues a pourtant relevé de 1,8 milliard d'euros la partie en cash de son offre, creusant un écart de 1,4 milliard avec celle d'Altice. « Le conseil de Vivendi ne peut pas raisonnablement, vis-à-vis de ses actionnaires, ne pas examiner cette offre » affirme-t-on dans le camp de Bouygues, qui espère avoir court-circuité le processus. Le point de vue est évidemment tout autre dans l'entourage de Patrick Drahi, le premier actionnaire d'Altice, où l'ouverture de négociations exclusives le laisse dans une situation privilégiée. Sur le plan juridique, l'offre de Bouygues arrive en effet un peu tard. Dans un communiqué de deux phrases publié jeudi soir, Vivendi a confirmé avoir reçu une nouvelle offre de Bouygues mais tout en rappelant que « le Conseil de surveillance a décidé le 14 mars dernier d'entrer en négociations exclusives avec Altice pour une période de trois semaines. »

 Une source bien au fait du dossier tient à rappeler le droit :

« Le conseil de Vivendi ne peut pas regarder cette offre de Bouygues sans s'exposer au risque de procès, de recours pour rupture de l'exclusivité. On ne parle pas ici d'indemnité de rupture, de « break-up fee » à l'anglo-saxonne : c'est une clause pénale à la discrétion du juge, qui pourrait se chiffrer en milliards d'euros de préjudice. »

Coup de force ou incitation à la surenchère ?

Ce que confirme une source proche de Vivendi, qui a consulté ses avocats, et dont la marge de manœuvre est limitée à court terme : « la logique serait de poursuivre les négociations avec Altice jusqu'au 4 avril puis de réexaminer la situation, éventuellement d'entrer en discussions avec Bouygues. Dans l'intérêt social de l'entreprise, on est obligé de regarder l'offre de Bouygues : signer avec Patrick Drahi tout de suite serait un coup de force incroyable. Bouygues a réussi à bloquer le processus. » Vincent Bolloré, le premier actionnaire de Vivendi, avait d'ailleurs pris soin de préciser ce week-end que trois semaines de « priorité » avaient été accordées à l'actionnaire de Numericable. Un discours qui met la pression sur Altice pour l'inciter à surenchérir : « il n'est pas exclu que Numericable modifie son offre. S'il ne bouge pas, il prend un risque considérable » relève cette source proche de Vivendi. Le camp du câblo-opérateur n'écarterait à ce stade aucune hypothèse.

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Commentaires
a écrit le 22/03/2014 à 10:12 :
Bouygues est un vieux loup de mer, habitué a jouer et se moquer des délais de réponses a des marchés (publics), perdre lors de la réponse, et tout saboter derrière pour finalement emporter le morceau... un très grand classique...
a écrit le 22/03/2014 à 7:53 :
Montebourg joue a l apprenti sorcier et Bouygues veut faire yjrs plaisir au pouvoir en place... Il pourrait recuperer ses 1.5 mds avec quelques chantiers arranges de l etat et des depassements de travaux (ce qu il fait deja allegrement) comme sous sarko...rien ne change en France Systeme politico mafieux. ....SFR pourrait en patir à terme...
a écrit le 21/03/2014 à 18:24 :
On notera que l'ex PPR est entré en touriste dans ce deal pour uniquement vendre sa division "Redoute", JC Decaux rend également service en camouflant l'arrivée de la CDC qui ne pouvait avancer seule. Tout cela se dégonflera après les élections.
a écrit le 21/03/2014 à 17:13 :
Bref le message est clair, il est plus que vivement recommandé d'arroser le conseil d'administration de Vivendi pour acquérir à prix d'or SFR...
Réponse de le 21/03/2014 à 17:55 :
pourriez vous développer .... je ne comprends pas très bien ce que vous voulez dire ou insinuer : SFR à un prix élevé = ok, mais arroser le CA pour que chaque membre de ce CA se fassent décapiter ? aucun intérêt puisqu'ils sont la pour représenter les actionnaires.
Réponse de le 21/03/2014 à 18:50 :
@picsous. Le membres du CA ne répresente qu'eux mème - en tant qu'actionnaire (possèdent un nombre conséquent d'actions, et ne défendent que celles-ci). Au delà du deal sur le cash et l'échange d'actions, des accords peuvent être fait sur les membres du CA seuls (jetons de présences, accords inter-entreprises...) ..qui ne concernent qu'eux même.
Réponse de le 21/03/2014 à 19:02 :
@PIC SOUS

Vous croyez sincèrement que le conseil d'administration n'a rien à gagner à faire monter les enchères au delà du raisonnable? On observe le même phénomène lorsqu'un nouveau dirigeant est nommé pour redresser les comptes par la cession d'actifs... qui fini toujours par gonfler sa rémunération variable en stock-options.
Réponse de le 21/03/2014 à 19:34 :
Franchement CRC32, on n'est pas au café du commerce. Bouygues relève son offre soit pour réellement tenter de l'emporter, soit à tout le moins pour affaiblir un futur concurrent en faisant en sorte que Numéricable paie SFR trop cher ce qui handicaperait le futur ensemble. Numéricâble est soit obligée de suivre et de payer plus cher, soit de prendre le risque de laisser passer la période d'exclusivité. Ils sont perdants dans les deux cas, sauf si Vivendi renonce au cash supplémentaire en privilégiant d'autres qualités de l'offre de Numéricâble que le prix proposé. Mais, le CA de Vivendi aura à faire avec les actionnaires. Belle manœuvre.
Réponse de le 21/03/2014 à 22:20 :
@AI

Et Bouygues ne prend aucun risque de payer trop cher... c'était la blague du café du commerce!

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