Rachat de SFR : Bouygues surenchérit et offre 15 milliards en cash

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Le groupe de Martin Bouygues a bien réussi à rassembler d'autres investisseurs, en plus de la Caisse des Dépôts, la famille Pinault et des Decaux : Axa, la famille Dassault, le fonds souverain de Singapour, un fonds de pension de l'Ontario et le fonds de private equity Reuben Brothers font partie  de la nouvelle offre.
Le groupe de Martin Bouygues a bien réussi à rassembler d'autres investisseurs, en plus de la Caisse des Dépôts, la famille Pinault et des Decaux : Axa, la famille Dassault, le fonds souverain de Singapour, un fonds de pension de l'Ontario et le fonds de private equity Reuben Brothers font partie de la nouvelle offre. (Crédits : reuters.com)
Le groupe de BTP a encore relevé son offre de rachat de la filiale de Vivendi en ajoutant 1,8 milliard en numéraire et ramenant à 10% du capital la participation résiduelle dans le nouvel ensemble fusionné. Vivendi, dont les négociations exclusives avec Numericable se terminent aujourd'hui, tient son conseil en fin de journée.

Bouygues avait prévenu qu'il travaillait à des améliorations de son offre de rachat de SFR. Et Vivendi savait bien que les propositions sur la table de son conseil de surveillance qui se réunit en fin de journée ne seraient pas celles des derniers jours. Le groupe de BTP augmente à nouveau la partie en cash de son offre, de 1,8 milliard pour atteindre 15 milliards d'euros, ramenant la partie en capital que Vivendi récupérerait de l'entité fusionnée SFR-Bouygues Telecom à 10% (contre 21,5% précédemment). A ce stade, c'est 3,25 milliards de plus que la dernière offre connue de son rival Altice, premier actionnaire de Numericable, qui est en négociations exclusives depuis trois semaines et jusqu'à aujourd'hui avec Vivendi.

Les Dassault, Axa et des fonds dans l'opération

Le groupe de Martin Bouygues a bien réussi à rassembler d'autres investisseurs : outre la Caisse des Dépôts, la famille Pinault et les Decaux, présents dans la précédente offre, le nouveau montage prévoit que Axa, la famille Dassault (GIMD), le fonds souverain de Singapour (GIC), un fonds de pension de l'Ontario et le fonds de private equity Reuben Brothers investiront au total 2,85 milliards d'euros dans l'opération. Bouygues apporterait de son côté 850 millions d'euros, en plus des actifs de Bouygues Telecom. Cette troisième offre de Bouygues, qui comprend toujours une clause de non-exécution (breakup fee) de 500 millions d'euros en cash de blocage réglementaire de l'opération, est valable jusqu'au 25 avril. Le financement de l'opération est « ferme avec une documentation définitive signée », précise le groupe. Bouygues renouvelle aussi son engagement de maintien de l'emploi sur 36 mois à compter de la signature de l'accord de rapprochement, sans condition restrictive.

> lire le communiqué de Bouygues

 

Vivendi voulait encore plus de cash

Or Vivendi demandait justement à Bouygues de creuser davantage l'écart en matière de cash, pour que son offre devienne presque « presque impossible à refuser. » Jean-René Fourtou n'avait-il pas déclaré que 15 milliards pour SFR ce n'était « pas assez » ? Bouygues propose 15 milliards en cash et 10% du capital valorisés 1 milliard (avant synergies), ainsi qu'un « complément de prix éventuel » de 500 millions (deux ans après l'introduction en Bourse du nouvel ensemble si sa capitalisation est supérieure à la valeur des fonds propres). Soit 16,5 milliards d'euros : on s'approche des 18 milliards de valorisation lors du rachat des 44% de Vodafone dans SFR par Vivendi, un prix « trop cher », un an avant l'arrivée fracassante de Free Mobile, selon Jean-René Fourtou.

Son rival Numericable se sent-il assez fort, assez favori pour laisser son offre en l'état ? L'avantage en termes de faisabilité, de durée du processus d'examen par l'Autorité de la concurrence, dont bénéficie le câblo-opérateur, continuera-t-il à faire pencher la balance en sa faveur ? No comment pour l'instant chez Numericable. La probabilité semble forte que son offre soit relevée d'ici à la fin de journée ou dans les jours qui viennent.

 

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Commentaires
a écrit le 04/04/2014 à 18:02 :
Restera t il de l argent á la BPI pour aider les PME ? j en doute ....!
je prepare un class action et un recours á l AMF contre ce genre de pratique !
si vous etes interesse ...?
contact xavier kemlin
a écrit le 04/04/2014 à 17:14 :
Abonné SFR mobile, je vais me précipiter chez Free si Free l'emporte, comme j'ai déja une Freebox c'est un choix logique.
a écrit le 04/04/2014 à 15:03 :
ça sent de plus en plus la bataille à la Pyrrhus, le gagnant sera tellement épuisé que le perdant n'aura qu'à attendre 2 ou 3 ans racheter le tout. Bouygues est valorisé 10 milliards d'euros et Numéricable 3.5;
Réponse de le 04/04/2014 à 19:55 :
Merci, vous m avez appris une expression. Victoire à la Pyrrhus.
a écrit le 04/04/2014 à 14:34 :
Le grand gagnant va être FREE car en surpayant SFR, ni Free, ni Numéricable ne seront en mesure de porter la bataille sur les tarifs, ni même d'investir pour se distinguer de Free.
Tout ce petit monde va bruler du cash pour rien !
a écrit le 04/04/2014 à 13:53 :
Ce sont les abonnés qui paieront ou bien ceux qui achètent un appartement par exemple.
Réponse de le 04/04/2014 à 17:23 :
Non car il leur suffira de changer d'opérateur si Bouygues/Numéricable monte ses prix.
a écrit le 04/04/2014 à 12:45 :
Y aurait plus simple : Pourquoi BOUYGUES ne propose-t-il pas de reprendre 100% de SFR comme le souhaiterait VIVENDI, pour éventuellement revendre une partie des actions du nouvel ensemble ??
Réponse de le 04/04/2014 à 15:05 :
Sans doute pour que cela serve d'excuse pour mettre SFR en bourse pour vendre la participation résiduelle de vivendi.
a écrit le 04/04/2014 à 12:36 :
Après l'achat du réseau SFR à prix d'or Bouygues ou Numericable compte tenir ses engagements sur l'emploi par une OPA des boutiques SFR?
a écrit le 04/04/2014 à 12:29 :
C'est la fête du slip ! Les milliards pleuvent... Il en sort de partout... Il restera quoi a Martin une fois dilué avec tous ses amis de la planète entière ? :-)
Réponse de le 04/04/2014 à 12:54 :
finir à poil..
Réponse de le 04/04/2014 à 17:25 :
Il lui restera 51%.
Réponse de le 05/04/2014 à 0:09 :
51% ? En êtes-vous sur ? la famille B. toute entière ne possède déjà plus que 20% de leur groupe.. Après ce genre de manip, je crains qu'il ne lui en reste plus que la moitié... Il y a manifestement un concours entre Martin B. et Arnaud L. pour savoir lequel des deux aura bousillé le plus vite la société léguée par leurs pères...

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