Orange résiste à la guerre des prix de Bouygues dans le fixe

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Ramon Fernandez, le nouveau directeur général adjoint et directeur financier du groupe Orange a souligné que « la convergence permet de réduire significativement le taux de résiliation, de trois points en France et de sept points en Espagne. »
Ramon Fernandez, le nouveau directeur général adjoint et directeur financier du groupe Orange a souligné que « la convergence permet de réduire significativement le taux de résiliation, de trois points en France et de sept points en Espagne. » (Crédits : reuters.com)
L’opérateur a gagné 84.000 nouveaux abonnés au haut débit au troisième trimestre, aux trois quarts grâce à la fibre optique et aux offres convergentes fixe-mobile. Si Bouygues Telecom a bien recruté grâce à son triple-play à prix cassé, les autres opérateurs ne se sont pas alignés. Le point sur les résultats du 3e trimestre 2014 du numéro un français.

Qui a dit que la fibre optique n'intéressait pas les Français ? Orange enregistre de très bons résultats commerciaux au troisième trimestre notamment grâce au très haut débit : l'opérateur historique, qui a le plus déployé son réseau en fibre optique jusqu'au domicile (3,2 millions de foyers couverts en FTTH), a gagné 65.000 nouveaux abonnés au très haut débit sur le trimestre, « un niveau record » s'est félicité le Pdg Stéphane Richard, dans le communiqué des résultats.

Son parc atteint ainsi 481.000 clients à la fibre, sur ses 10,2 millions d'abonnés haut débit (ADSL pour l'essentiel). 44% des foyers abonnés à la fibre ont souscrit à l'une des offres convergente fixes-mobiles Open ou Sosh+Livebox de sa marque low-cost. Cette dynamique a largement contribué aux bons chiffres d'Orange dans le fixe : 84.000 nouveaux clients, soit une part de marché des conquêtes estimée à 31% (contre 20% au deuxième trimestre et 11% au premier).

Conséquence : le chiffre d'affaires du haut débit fixe progresse de 0,9% sur le trimestre, quand celui des services mobiles en France est encore en recul de 8,9%. La guerre des prix déclarée dans le fixe par Bouygues Telecom n'a donc pas pénalisé Orange semble-t-il.

Les offres convergentes réduisent le taux de résiliation

Au deuxième trimestre, l'effet du triple-play à prix cassé (19,99 euros) de Bouygues avait été un peu plus sensible : Orange n'avait gagné que 35.000 clients haut débit. Free avait été particulièrement touché, avec seulement 24.000 nouveaux clients ADSL, soit quatre fois moins que Bouygues, du jamais-vu depuis trois ans pour Free qui avait massivement recruté des abonnés à sa Freebox grâce à la réduction offerte sur les forfaits Free Mobile.

Ni Free, ni SFR ni Bouygues n'ont encore publié leurs chiffres du troisième trimestre. Mais la bonne performance d'Orange montre qu'il n'est pas facile de secouer un marché du fixe mature, où les recrutements ne se font plus qu'en ravissant des clients à la concurrence. Et contre le « churn », les opérateurs disposent de l'arme des offres convergentes, le « quadruple-play » : Ramon Fernandez, le nouveau directeur général adjoint et directeur financier d'Orange, qui a présenté les résultats, a indiqué que « la convergence permet de réduire significativement le taux de résiliation, de trois points en France et de sept points en Espagne. »

La bonne dynamique commerciale en France au troisième trimestre (également dans le mobile avec 220.000 nouveaux abonnés et 2,7 millions de clients 4G) est saluée à la Bourse ce jeudi, l'action Orange gagnant 4,8%.

L'Afrique reste « au cœur de la stratégie »

Par ailleurs, interrogé sur les intentions d'Orange en Afrique, les rumeurs de sorties de certains pays puis d'une mise en Bourse de ces actifs ayant circulé, le directeur financier a répondu que l'Afrique reste « au cœur de la stratégie du groupe », qui réalise environ 10% de son chiffre d'affaires dans une vingtaine de pays de la zone (Moyen-Orient compris).

Ramon Fernandez a confirmé que le groupe envisageait de « mettre sous un holding commun, sous un même chapeau » l'ensemble de ces actifs, aujourd'hui portés par plusieurs structures et agglomérés avec d'autres pays sous la terminologie « reste du monde », et ce dès 2015, afin de faire « comme nos grands concurrents sur le continent africain » et d'avoir un « périmètre plus lisible. »

Le groupe espère ainsi mieux valoriser ces actifs et arbitrera entre « différents scénarios, des partenariats ou peut-être une cotation d'une partie de ces actifs. »

> vior le détail des résultats du troisième trimestre

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a écrit le 24/10/2014 à 17:35 :
ce que n'explique pas ce directeur financier de peur de se faire taper sur les doigts par le régulateur (ou pas trés courageux), c'est qu'orange est obligé non seulement de louer la boucle locale à prix coûtant (normal mais le moins cher des pays industrialisés d'europe) mais surtout tous ses nouveaux investissements numériques à prix coûtant, ce qui est totalement injustifié et un cadeau aux autres opérateurs qui savent très bien en profiter, en investissant en zones urbaines pour écrémer le marché et en laissant le reste à orange...situation totalement atypique au niveau européen, orange est laminé sur l'hexagone à cause de marché administré alors qu'il est 1er à l'international pour la 4eme année consécutive sur le service entreprise à l'international face aux géants ATT ZTE.. dans une concurrence ouverte ! cherchez l'erreur !
Réponse de le 25/10/2014 à 7:11 :
@les opérateurs sont perfusés au jus d'orange !
C'est vrai que la situation est atypique : Les contribuables ont financé le réseau téléphonique, qui est la base de la boucle locale, des PTT puis des P&T, et après la séparation d'avec la poste de France Télécoms.
Puis en 2002 avec une énorme dette de 70 milliards d'Euros, après la nomination de Thierry Breton les analystes ont salué l'aide de l'état (donc des contribuables) au redressement du groupe.
Donc vous avez bien raison la situation est complètement atypique. :)
Réponse de le 05/11/2014 à 11:53 :
désolé de vous contredire mais c'est les clients de France Telecom ou des PTT qui ont financé la boucle locale mais pas le contribuable: Nuance...
Réponse de le 05/11/2014 à 14:27 :
Il n'y a jamais eu d'aide de l'état !!
1- le budget était un budget annexe entièrement alimenté par las clients de FT ceux sont eux qui ont financé le réseau
2- Pour la dette, Thierry Breton et son PLan des 3*50G€ a bénéficié d'une garantie de l'état mais non d'une aide directe, garantie malgré tout contestée par l'Europe...
les contribuables n'ont rien payé
ATTENTION aux termes uuitilsés ils ont leur importance
Réponse de le 06/11/2014 à 6:04 :
"c'est qu'orange est obligé non seulement de louer la boucle locale à prix coûtant "

Appel à la sous traitance tout en prenant sa petite marge, on est loin du "prix coutant".
a écrit le 24/10/2014 à 11:38 :
Oui mais Orange a des moyens infaillibles pour contraindre les abonnés à opter pour la fibre : on coupe l'ADSL de l'abonné et on lui dit que la seule solution pour récupérer internet, c'est de faire installer la fibre, c'est ce qu'il m'est arrivé. On m'a coupé l'ADSL durant trois semaines complètes et le jour où l'on venait finalement m'installer la fibre, comme par magie, un technicien avait la possibilité de me réinstaller l'ADSL mais c'était bien sûr trop tard puisque j'avais fini par signer le contrat fibre. Ces pratiques sont tout simplement scandaleurses !
Réponse de le 24/10/2014 à 17:29 :
si vous le dites...mais c'est extrémement surprenant puisque ça ne sert à rien dans la mesure où le client fianl a accès à tous les FAI, donc sfr, bouygues...le fait de couper l'adsl c'est se priver du CA de l'adsl avec le risque que le client parte ailleurs....
et si vous avez demandez le rétablissement, il aurait été fait rapidement...trés douteux....

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