Passage de 4 à 3 opérateurs : Orange persiste, dénonce "l'intox" de Free

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« Il ne faut pas se laisser intoxiquer par les discours de certains : « circulez, il n’y a rien à voir, ça ne se fera pas sans nous, c’est moi qui donne le la, je n’en ai pas besoin, etc » a déclaré Stéphane Richard.
« Il ne faut pas se laisser intoxiquer par les discours de certains : « circulez, il n’y a rien à voir, ça ne se fera pas sans nous, c’est moi qui donne le la, je n’en ai pas besoin, etc » a déclaré Stéphane Richard. (Crédits : Reuters)
Stéphane Richard, le PDG d’Orange, s’est dit prêt à « participer à la consolidation en France », six mois après refermé le dossier du rachat de Bouygues Telecom. Il doute de la viabilité d’un marché à quatre opérateurs mobiles, à l’approche de la vente de nouvelles fréquences mobiles notamment, malgré les propos de Xavier Niel.

Dans sa liste des bonnes résolutions 2015, Stéphane Richard, le PDG d'Orange, ne démord pas de son idée d'un passage de 4 à 3 opérateurs mobiles en France, trois ans après le "tsunami Free Mobile". Dressant un bilan de l'année écoulée et ses perspectives devant la presse, ce mardi matin, au siège d'Orange, le dirigeant a indiqué que la vente de ses parts dans l'opérateur britannique EE à BT - qui devrait lui rapporter plus de 6 milliards d'euros en cash, lui donnera « de la flexibilité pour participer à une consolidation en France.»

Six mois après avoir refermé le dossier d'un éventuel rachat de Bouygues Telecom et deux mois après l'acquisition effective de SFR par Numericable, le numéro un français des télécoms croit toujours que la situation ne restera pas en l'état.

« Peut-on vivre de façon durable à 4 opérateurs ? Il n'y a pas de doute sur 3, il y a un vrai doute sur 4. Pourquoi la France serait-elle le seul pays où la question ne se pose pas, alors que l'Allemagne a estimé un passage de 4 à 3 souhaitable, le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Espagne aussi » a fait valoir Stéphane Richard.

« Evidemment, une question se pose sur le nombre d'acteurs, avec la convergence fixe-mobile. Cela supposerait le rapprochement de 2 des 4 acteurs. J'ai essayé de le faire avec Orange, je n'y suis pas arrivé, j'ai refermé le dossier. Vu notre position, nous étions les plus mal placés pour faire accepter [un tel rapprochement] par l'Autorité de la concurrence et Bruxelles. Nous ne voulons pas être le fer de lance d'une consolidation mais y participer. Cela passera par l'association nécessaire de plusieurs acteurs. »

"L'intox" de Xavier Niel

Et le patron d'Orange d'évoquer les déclarations de Xavier Niel, le fondateur et principal actionnaire d'Iliad-Free, sans le nommer.

« Il ne faut pas se laisser intoxiquer par les discours de certains : « circulez, il n'y a rien à voir, ça ne se fera pas sans nous, c'est moi qui donne le la, je n'en ai pas besoin, etc», des propos somme toute pas très modestes.

Il y a une pression naturelle vers la consolidation du secteur, à cause du niveau d'investissement nécessaire dans les fréquences et la fibre. Les niveaux de marge sont limites, voire au-dessous des standards de l'industrie. Nous, en France, en tant qu'opérateur historique, avons des marges qui se situent 7 à 8 points en dessous de celles de nos homologues en Allemagne et en Espagne. Et certains disent qu'elles sont trop élevées ! C'est encore plus vrai pour les opérateurs qui n'ont pas notre taille » a lancé le PDG d'Orange.

En novembre dernier, sur BFM TV, Xavier Niel avait en effet déclaré « on n'est pas acheteur et comme pour des raisons concurrentielles, la consolidation ne peut pas se faire sans nous, on aura durablement quatre acteurs. » Bouygues Telecom, qui a engagé un vaste plan de restructuration, a aussi affirmé se positionner en vue d'un « marché durablement à quatre acteurs.» Approché par Free et par Orange, Martin Bouygues, canidat déçu au rachat de SFR, n'aurait pas voulu céder sa filiale télécoms, valorisée par les analystes autour de 6 milliards d'euros, alors qu'il en aurait demandé 7 à 8 milliards.

Le PDG d'Orange a reconnu que la situation pourrait se débloquer du côté de Numericable-SFR. Le directeur général d'Altice, premier actionnaire du câblo-opérateur, avait déclaré en novembre se considérer comme « l'acheteur naturel » de Bouygues Telecom. Orange ne s'attend pas forcément à du mouvement en 2015, tout en soulignant que l'ampleur des investissements nécessaires pourrait accélérer la réflexion des acteurs. Les opérateurs devraient en effet débourser un ticket de l'ordre de 500 millions d'euros chacun pour les fréquences issues de la TV dans la bande 700 Mhz qui seront mises en vente avant la fin de l'année.

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Commentaires
a écrit le 14/01/2015 à 11:47 :
J'adore ces Présidents de grands Groupes qui n'ont jamais investi un cent dans "leur" entreprise, et qui veulent surtout garder leur pré-carré pour toucher leur bonus de fin d'année.. et pourquoi le Libraire du quartier, pour assurer sa survie, interdisait une deuxième librairie à 200M et parait interdire l'accès à Amazon dans son quartier ?
a écrit le 14/01/2015 à 8:06 :
Ce raisonnement ne vaut que si on ne considère que le marché français. Or le marché des télécoms est européen. Les politiques doivent décider de fusionner Orange et Deutsche Tel pour créer un vrai champion de taille mondiale. Pour montrer qu'ils voient les choses de haut. Et pour faire ch... le FN.
Réponse de le 14/01/2015 à 18:31 :
+1
J'aurais bien aimé aussi le rachat de SFR par Vodaphone.
a écrit le 14/01/2015 à 7:00 :
Très inquiet le monsieur
Perte de quelques millions d'euro suite à l'extinction progressive par zone de l'itinérance, Millions qui seront utilisés à bon escient pour développer encore plus vite le réseau Free mobile.
Et plus le réseau Free mobile se développe, et plus de clients risquent de migrer, ou revenir, vers Free mobile
a écrit le 14/01/2015 à 6:10 :
Non au retour de monopole et aux vieilles bonnes pratiques sur les prix !!
a écrit le 14/01/2015 à 0:46 :
De tout façon les deux sont pas net, sauf que Richard supporte France Telecom, donc pas net depuis bien plus longtemps que Free.
a écrit le 13/01/2015 à 20:19 :
Et tout ça parce que je viens de passer à Free...
J'en demandai pas tant.
a écrit le 13/01/2015 à 17:46 :
Bonjour,
Je trouve extraordinaire et exaspérant cette mauvaise habitude des PDF d'anciennes entreprises publiques ne pas vouloir tout simplement composer avec la liberté d’entreprise et la concurrence.
Vouloir réguler le marché à trois opérateur s'appelle organiser un monopole cela afin d’assurer des super-profits à long terme.
Il y a quatre opérateur et c'est déja très bien comme cela. Les opérateurs ne sont pas en faillite et restent rentable et les consommateurs sont satisfait du niveau d'économie atteint. Que les actionnaires ne soient pas content c'est une autre histoire. Il va falloir qu'ils comprennent qu'ils doivent modérer leurs ardeurs d'une part et d’autre part que pour gagner de l'argent il faut en dépenser et rentabiliser les actifs existants.
Quid de DailyMotion qui n'est pas du tout rentabilisé par Orange qui malheureusement a une vision inexistante sur le sujet. Quid de CloudWatt qui est un flop annoncé à moins de travailler de concerts avec les clients plutôt que de faire une offre type en ignorant la réalité des entreprises. Quid de la 4G qui ne sert à rien finalement ? Quid du déploiement de la fibre optique en centre-ville partout en France qui permettrait de monter l'abonnement haut débit moyen à une moyenne de 50€ plutôt 30€ aujourd'hui ? Quid de la révolution des objets connectés et des applications mobiles ? Pour le moment on voit bien quelques gadgets qui sont très mal pensé au niveau marketing et surtout le client ne veux pas voir la marque Orange dessus mais une image marketing différente. Même le positionnement marketing est bof. Orange devrait comprendre que lorsqu'on acquiert un objet connecté on aimerait avoir du fun dans le marketing, le nom, l'objet et de la simplicité ainsi que de l'ergonomie. Aujourd'hui Orange ne comprends pas que la marque Orange n'est pas fun elle est juste reconnue pour sa qualité dans les réseaux téléphonique et Internet mais le fun et la geek attitude ont été récupérés par Free. Le combat est similaire à Apple/IBM dans les années 70/80 en terme d'image. D'ou la nécessité pour Orange d'acquérir une startup fun qui agirait en totale autonomie en profitant de la logistique et de la puissance financière d'Orange.
Réponse de le 14/01/2015 à 11:23 :
Bravo, superbe analyse, la messe est dite!!!!!!!
Réponse de le 14/01/2015 à 22:28 :
cest la régulation du marche qui a fait naitre un 4eme opérateur. Il faut revoir votre copie. Dans une concurrence pure et parfaite, free n'aurait jamais pubse positionner sur le marché mobile - la cout de la barrière a l'entrée etait trop important....
Réponse de le 15/01/2015 à 17:43 :
Intéressant ce que vous dites !

Je suis d'accord sur l'image d'Orange, mais je ne pense pas qu'ils aient forcément besoin d'acquérir des "start-up cools" pour pouvoir y parvenir. En créant Sosh, ils ont prouvé qu'ils étaient capable de fonctionner avec une équipe réduite, d'avoir une image "cool" et un service super largement au niveau de Free.

Je pense qu'Orange est tellement un mastodonte qu'ils ont vraiment du mal à changer, à innover vite, et c'est pour ça qu'on ressent cette image bof et un marketing de faible niveau. Le marketing d'Orange est très conservateur c'est sûr.

Les objets connectés pour le moment, c'est le début, et aucun n'est encore devenu indispensable ou vraiment utile.

Pour Dailymotion, ça ne se voit pas mais l'entreprise va plutôt bien et maintenant ils entrent dans le streaming de jeu, etc. Ils ont un bon socle d'utilisateur et ont misé sur la qualité contrairement à Youtube. Ca pourrait payer sur le long terme !
a écrit le 13/01/2015 à 17:24 :
C est peut être Vivaction qui va racheter Bouygues avec squareway.com ;0))
a écrit le 13/01/2015 à 17:18 :
Il y a confusion volontaire entre les réseaux et les services. S'agissant de la couverture du territoire en spectre hertzien, il s'agit d'une ressource rare qui doit être unifiée, mutualisée, et accessible a tous, et non pas bradée a des gens qui s'en servent pour garder les clients en otage, a l'instar de ce qui est le cas de la paire de cuivre publique cédée a France Telecom, donc Orange...
Une fois qu'on a remis cela dans le bon sens, alors il peut bien y avoir 3 , 4 ou 20 opérateurs de services, c'est la diversité qui fera la valeur des services...
Aujourd'hui, nous ne pouvons pas choisir, nous sommes prisonnier de ces monopoles privés, construits par spoliation d'une ressource collective.
a écrit le 13/01/2015 à 16:28 :
Sans commentaire !
a écrit le 13/01/2015 à 16:15 :
Quel benêt ce Stéphane Richard, il pleure le temps où les marges étaient 7 à 8 points supérieurs par rapport aux autres pays européens...Merci encore Xavier !
a écrit le 13/01/2015 à 14:27 :
Vous avez des marges qui sont en dessous, parce que vous avez des coûts fixes trop élevés. Mais les prix des forfaits ne sont pas plus chers en dehors de nos frontières...
Solutions:
Baisse des charges... N'y comptons pas malgré les annonces faites. Tant que les actifs du privé auront à leurs charges autant de sans emploi (RSA, chômage, retraites, fonctionnaires) on ne pourra pas. Il faudrait de profondes réformes.
Changer de méthode de travail pour produire plus avec moins de personnel... On a vu chez Orange ce que donnait la pression au travail...
Enfin, délocaliser le plus possible ce qui est délocalisable dans les pays à bas coûts. (Centre d'appels, Maîtrise d’œuvre informatique, etc). Et là, je crois que les sociétés ont déjà fait tout ce qu'il était possible de faire.
Bref, c'est terminé, tout le monde descend... On arrive à nos limites, le système explose...
Réponse de le 13/01/2015 à 15:46 :
"Mais les prix des forfaits ne sont pas plus chers en dehors de nos frontières..."
Euhhhhh... Cette affirmation est très critiquable !
Réponse de le 13/01/2015 à 22:35 :
Moins cher .... Plus que critiquable...
Réponse de le 17/01/2015 à 0:47 :
Je rejoins Alextpe. Même avant la sortie de free et les prix vus à la baisse, on était en France moins cher que la plupart de nos voisins européens. Il n'y a qu'à voir les équivalents en Belgique alors que les charges d'entretien et de couverture sont bien moins élevées pour un pays qui fait la taille d'une de nos régions pour un marché 6 fois plus petit que le notre.
Mais le problème en France, c'est qu'on aime bien râler. On veut le beurre, l'argent du beurre et la crémière. Sauf que pour tout ça, faut investir un paquet d'argent notamment pour le cuivre à entretenir et la fibre à déployer et que derrière ça, en tant que client on ne veut jamais passé à la caisse. Et il en est de même pour le réseau mobile.
a écrit le 13/01/2015 à 14:23 :
leur marge est trop faible, laissez moi rire, vous vous êtes bien engraissé sur le dos des clients pendants des années, où est passé le capital?? Fini de nous prendre pour des pigeons, débrouillez vous avec tous le jus que vous avez, il y a de quoi faire
a écrit le 13/01/2015 à 13:54 :
Mais oui bien entendu c'est Free qui doit partir non ? Pour info pour 4 forfaits chez Free je paie 6 euros, plus deux euros pour ma box internet achetée par l'intermédiaire de venteprivee.com ! Huit petits euros là où avant je payais plus de 80 euros pour un service moins bon.Fini le bon temps Free a remis les pendules à l'heure !
Réponse de le 13/01/2015 à 14:43 :
Peux tu nous expliquer les deux euros de la box? Comment fais tu?
Réponse de le 14/01/2015 à 11:09 :
Bonjour, je suis très intéressée par votre commentaire, pourriez vous m'en dire un peu plus ? Dans cette attente. Bien cordialement.
a écrit le 13/01/2015 à 13:34 :
C'est drôle, s'il faut de lourds investissements dans les télécoms, ça veut dire qu'aucune position n'est assurée, et pas l'inverse. A titre d'exemple, est-ce qu'on utilise encore le téléphone de 1990, voire même celui de 2000? Non! Donc un nouvel entrant avec une nouvelle technologie peut du jour au lendemain remettre en cause l'existence des opérateurs actuels!
Réponse de le 13/01/2015 à 14:01 :
Raisonnement très léger qui méconnait totalement la réalité du secteur des télécoms, et en particulier les contraintes constantes qui pèsent sur les historiques en matière de service universel.
Réponse de le 13/01/2015 à 17:20 :
Non Rutabaga. Il est impossible a un nouvel entrant de nuire aux existants, puisqu'il n'obtiendra jamais le droit de commercialiser ses produits sans une licence.
Et comme les licences sont attribuées par un organisme "neutre", le nouvel entrant ne pourra rien faire avant les autres...
Réponse de le 14/01/2015 à 12:36 :
Il y a juste un léger oubli derrière ce commentaire : derrière un téléphone, il y a tout un réseau avec des milliers de kilomètres de cables et des milliers d'antennes. Maintenir à niveau et moderniser ces réseaux ne sont pas à la portée d'un nouvel entrant et sont une nécessité pour l'avenir. C'est bien de cette capacité à faire évoluer le réseau pour faire face aux besoins futurs dont il est question et qui n'est possible que pas des acteurs ayant les économies d'échelle suffisantes. Le fait est qu'un 4eme opérateur mobile n'a été possible en France que parce qu'une bande de fréquences lui a été artificiellement réservée et parce qu'on a imposé aux opérateurs en place de lui fournir de l'itinérance. S'il y avait un espace économique, cela n'aurait pas été nécessaire car aucune attribution de nouvelle fréquence n'est réservée aux acteurs en place.
Réponse de le 15/01/2015 à 0:35 :
Sauf que cette nouvelle technologie coût cher aussi à mettre en place, donc en investissements devant avoir un retour rapide vu la rapidité de ringardise.

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