Pour Obama, l’Amérique n’est pas l’eldorado du très haut débit, Paris si !

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Le président américain a choisi une petite ville de l'Iowa, Cedar Falls, pour prononcer une allocution volontariste mercredi sur l'accès à Internet, qui sera l'un des axes de son discours sur l'état de l'Union mardi prochain.
Le président américain a choisi une petite ville de l'Iowa, Cedar Falls, pour prononcer une allocution volontariste mercredi sur l'accès à Internet, qui sera l'un des axes de son discours sur l'état de l'Union mardi prochain. (Crédits : Reuters)
Le président américain a cité en exemple Paris, avec Hong Kong et Tokyo, comme ayant les meilleurs réseaux à très haut débit au monde. Il veut faciliter le déploiement de la fibre optique par les collectivités là où la concurrence fait défaut, dans un marché américain très oligopolistique.

« Aujourd'hui, le très haut débit n'est pas un luxe, c'est une nécessité » a déclaré Barack Obama. Le président américain a choisi une petite ville de l'Iowa, Cedar Falls, pour prononcer une allocution volontariste mercredi sur l'accès à Internet, qui sera l'un des axes de son discours sur l'état de l'Union mardi prochain. La petite ville de 40.000 habitants dans le Midwest est devenue la première « Gigabit City » de l'Etat, grâce au réseau municipal de fibre optique qu'elle a déployé, offrant un débit de 1 Gigabit par seconde (soit 1.000 Mégabits par seconde), « aussi rapide que certains des meilleurs au monde. Il y a Hong Kong, Tokyo, Paris et Cedar Falls » a-t-il lancé aux habitants de la bourgade rurale, élue « meilleure ville pour l'e-commerce dans l'Iowa » par Google.

Barack Obama faisait référence à un classement ressortant d'une étude de la New America Foundation qui place la capitale française au quatrième rang mondial, derrière Séoul, Hong Kong et Tokyo, en termes de rapport qualité-prix, de « meilleure affaire sous 40 dollars » pour 1 Gigabit; les grandes métropoles américaines, Los Angeles, New York et même San Francisco, aux portes de la Silicon Valley, sont loin derrière. En termes de débit maximum, Paris apparaît au onzième rang mondial, dans cette étude parue en octobre dernier, au troisième au niveau européen, derrière Zurich et Bucarest, devant Amsterdam, et loin devant Berlin ou Londres. Paris peut-il vraiment s'enorgueillir d'être une « Gigabit City » ? Ce débit est bien disponible sur le papier chez certains opérateurs, « jusqu'à un Gigabit par seconde selon éligibilité » (Free, SFR), généralement au même prix que l'ADSL (autour de 35 euros), même s'il s'agit de débit maximum, comme c'est le cas dans les autres pays, et que les débits proposés sont plutôt de 100, 200 à 500 Mégas maximum. Le très haut débit commence au-dessus de 30 Mégas selon la définition de la Commission européenne.

Débit Internet WH

 "Les villes à travers le pays qui investissent dans le très haut débit sont en avance. Le Président Obama veut permettre à davantage de villes de les rejoindre. Vitesse de téléchargement par ville. Source : New America Foundation."

Souvent un seul fournisseur, plus de 100 dollars de facture mensuelle

« Vous êtes près de 100 fois plus rapide que la moyenne nationale... et vous payez le même prix qu'un abonnement complet au câble » a relevé le président américain, qui a choisi à dessein cette mesure du rapport qualité-prix. Car aux Etats-Unis, l'Internet est cher, faute de concurrence, et pas toujours très rapide. Le marché américain de l'accès Internet est localement au mieux un duopole, voire un monopole. « Près de 40% des foyers américains ne peuvent souscrire un accès à 10 Mégas ou bien n'ont accès qu'à un fournisseur unique. Et 3 Américains sur 4 n'ont pas le choix du fournisseur s'ils veulent du 25 Mégas » selon un rapport publié pour l'occasion par la Maison Blanche. En milieu rural, plus de la moitié des habitants n'ont pas du tout accès au très haut débit. « Même dans les villes les plus actives, les Américains n'ont souvent qu'un ou deux fournisseurs d'accès à haut débit, et souvent aucun proposant une connexion ultra rapide en fibre optique » déplorent les services du Président, qui soulignent qu'« un accès à Internet à haut débit abordable et fiable est crucial pour la croissance économique et la compétitivité des Etats-Unis. »

« Le très haut débit low-cost ouvre la voie à la revitalisation économique, pas seulement à Cedar Falls, mais aussi à Chattanooga, Tennessee, Kansas City, Missouri, Lafayette, Louisiane » considère la Maison Blanche.

« Low-cost » c'est-à-dire 135 dollars pour 1 Gigabit à Cedar Falls, même si la majorité des habitants ont souscrit à l'abonnement à 45,50 dollars qui promet 50 Mégabits (en débit descendant pour télécharger, 25 Mégas en débit ascendant pour envoyer un fichier). A Kansas City, ce n'est pas une initiative municipale qui a apporté la fibre et la concurrence mais Google : le géant de l'Internet propose sa « Google Fiber » jusqu'à 1 Gigabit pour 120 dollars par mois hors taxes (TV et Internet sans téléphonie), en s'engageant deux ans (70 dollars sans les 150 chaînes TV). Un tarif élevé qui correspond à la facture moyenne des foyers américains abonnés au câble, sans le très haut débit. L'administration Obama reconnaît que « le haut débit aux Etats-Unis est relativement cher quand on le compare internationalement », le prix médian étant souvent 50% au-dessus de la médiane internationale.

 Une initiative Broadband USA

La solution ? Que les collectivités, les municipalités se prennent en main, comme Cedar Falls, qui avait décidé, par référendum, de construire son propre réseau à haut débit dans les années 2000, puis en fibre optique il y a cinq ans. Pas de grand plan de déploiement financé en partie sur fonds publics en vue comme le plan France Très haut débit - pour mémoire, 6,5 à 7 milliards d'euros de subventions publiques sur 20 milliards de dépenses estimées, dont 3 milliards d'aides de l'Etat : Barack Obama met en avant le besoin de plus de concurrence et veut faire sauter les verrous juridiques qui empêchent les villes de déployer leur propre fibre optique dans 19 états.

Il annonce également une nouvelle initiative Broadband USA, pilotée par le Département du Commerce, qui apportera du conseil et de l'assistance technique aux projets de déploiement des collectivités, dans la continuité du programme « Opportunités des technologies à haut débit » du Recovery Act (4,7 milliards de dollars), et sera dévoilée plus en détails dans les semaines qui viennent. Le Département de l'Agriculture accordera aussi des prêts aux fournisseurs ruraux déployant du très haut débit dans les zones mal couvertes. En juin prochain, le président organisera aussi un grand Sommet du haut débit des collectivités (Community Broadband Summit) à la Maison Blanche, avec la coalition des Villes du Siècle prochain, qui réunit 50 municipalités. Il en dira plus sans doute mardi prochain. Les Républicains hurlent déjà au risque de gaspillage d'argent public...

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a écrit le 17/01/2015 à 9:08 :
En France aussi des villes ont décidé de prendre en main elles même le déploiement de leur réseau en fibre, sachant qu'elles attendraient bien trop longtemps sinon, la ville où j'habite (Thionville en Moselle) déploie la fibre, avec un objectif de 100% sur 5 ans.

Je pense que c'est la meilleure chose à faire, sinon les opérateurs iront logiquement là où leurs investissements seront le plus rapidement récupéré.
a écrit le 16/01/2015 à 21:32 :
Mes amis, regardez comme le scénario le plus invraisemblable peut devenir un fait réel. Le journal ukrainien "Nedelya.ua" a proposé de répondre à la question : « A quel homme politique voudriez-vous confier le gouvernement de votre pays ? » en fournissant la liste des hommes politiques composée de : Barack Obama, Viktor Iouchtchenko, Viktor Ianoukovitch, Vladimir Jirinovsky et Vladimir Poutine. Toutefois, les lecteurs avaient le droit d’ajouter à la liste les noms de ceux qu’ils considéraient comme étant le plus approprié pour l’Ukraine.

Les résultats dans les deux cas étaient choquants pour la ressource ukrainienne. En première place, de loin, a été placé le président russe Vladimir Poutine, pour qui actuellement 85 % des lecteurs du média ukrainien ont voté. La deuxième place a été prise par le président de Biélorussie, Alexandre Loukachenko, avec 5 % des voix. La troisième place est partagée entre Vladimir Jirinovski et le président chinois Xi Jinping (2 % des voix). Porochenko a eu 1 % des voix (presque autant que la chancelière allemande Angela Merkel). Par ailleurs, les principaux "patriotes" ukrainiens ont été placés, par leurs propres concitoyens, parmi les loosers et outsiders. Iatseniouk, Kolomoïsky, Liachko, Timochenko et autres n’ont reçu dans le sondage que 0,5 %... Et le principal "démocrate du monde" Barack Obama n’a même pas pu dépasser le seuil de 0,1 %.

Le nom de notre Hollande national n'a même pas été cité. Quelle infamie !
Réponse de le 18/01/2015 à 20:20 :
Par contre pas le nom mais les photos de Hollande sont brûlées un peu partout dans le monde. Et de même pour les torchons de Charlie-Hebdo. Dommage qu'avec tout ces choses ils brûlent aussi le drapeau national français. Merci à ces dessinateurs et leurs insultes, ainsi qu'à ce président au rabais qu'on a pour le tort que vous causez à la France, la vraie !
a écrit le 16/01/2015 à 10:13 :
Si les médias faisaient leur travail, ils auraient du communiquer la dessus depuis longtemps.
idem pour la téléphonie mobile il y a 5 ans.
mais il faut attendre que le nmr 1 US le dise et encore avec des doutes pour l écrire.
C' est tellement plus facile de faire de french bashing.
Réponse de le 16/01/2015 à 19:29 :
Il suffit de venir dans l'indre pour trouver des connexion digne de l’antiquité informatique avec des performances d'avant l'adsl ....
Réponse de le 16/01/2015 à 22:21 :
C'est facile pour un Français de croire à tout ce qu'on lui dise dès qu'il s'agit de faire des cumpliments à la France. Même que ceux qui font ces cumpliments se plient de rire après…. dans les coulisses. Nous sommes devenus le peuple-dindon-de-la-farce, point à la ligne.

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