Angry Birds 2 : Rovio se cherche un second souffle

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Valorisé à 4,89 milliards de dollars (4,51 milliards d'euros) aujourd'hui, Rovio affichait un chiffre d'affaire de 158,3 millions d'euros en 2014.
Valorisé à 4,89 milliards de dollars (4,51 milliards d'euros) aujourd'hui, Rovio affichait un chiffre d'affaire de 158,3 millions d'euros en 2014. (Crédits : Reuters)
L’éditeur d’Angry Birds, Rovio, lancera le 30 juillet prochain la suite de son jeu phare. Après une chute de 9% de son chiffre d’affaire en 2014, le créateur du jeu espère redynamiser ses ventes. Pas sûr qu'une énième version du jeu culte suffise à le remettre dans la course.

Les fans d'Angry Birds devront encore patienter une dizaine de jours avant que le suspense prenne fin sur la nouvelle version du jeu le plus téléchargé de l'histoire des applications payantes.

A priori, Rovio, l'éditeur du jeu, ne laisse aucun mystère sur une évolution du concept. Le nouvel opus Angry Birds ne devrait pas beaucoup innover de ses précédentes versions : des volatiles de tous poils continueront de bombarder des cochons voleurs d'oeufs assiégés.

Un public lassé

Sans changement majeur, l'éditeur finlandais pourrait décevoir un public déjà lassé par un concept éprouvé à travers maintes versions et qui attendent de réelles nouveautés, plutôt que de simples évolutions de décors.

Olivier Vialle, associé au sein du cabinet de conseil PwC et spécialiste des jeux vidéo, explique la stratégie des éditeurs face à la versatilité du public des jeux vidéo, connu pour sa tendance à se lasser rapidement :

"Ce qu'il faut pour que ce type de jeux dure, c'est une sorte de "statut culte", comme peut en bénéficier Zelda, Super Mario, GTA... Pour cela, il faut vraiment créer un univers particuliers et/ou des personnages forts auxquels le public s'attache."

Son incapacité à réinventer le concept a déjà beaucoup coûté à Rovio qui avait pourtant atteint les sommets au plus fort de son succès.

Des débuts fracassants

En 2012, soi trois ans après son lancement, Angry Birds affichait des résultats flamboyants. En l'espace d'une année, le jeu avait doublé son chiffre d'affaire pour atteindre 152,2 millions d'euros. La société est cotée 4,5 milliards d'euros et fait la convoitise des plus grandes entreprises comme Microsoft.

L'éditeur du jeu, Rovio, en avait alors profité pour développer de nouvelles franchises : Angry Birds Star Wars, Angry Birds Transformers, Angry Birds Season...

L'entreprise embauche alors jusqu'à 800 salariés alors qu'elle en comptait 28 à ses débuts. Rovio diversifie ses revenus avec une stratégie de diversification en ouvrant des parcs d'attractions en Finlande puis en Chine, mais surtout avec des produits dérivés. Une série animée fait également son apparition.

Mais le succès est éphémère et les ventes chutent à partir de 2014. Cette année-là, elles atteignent 41,4 millions d'euros en chute de 43%. L'entreprise enregistre alors d'importantes pertes, doit licencier 100 personnes et ferme un studio en Finlande.

Vers un nouvel univers

Concurrencé par les nouveaux acteurs du marché (Clash of Clans ou encore Subway Surfers), Angry Birds songe à changer d'univers, quitte à apparaître dans les salles de cinéma. De quoi renouveler son ADN et augmenter la visibilité du jeu auprès d'un public qui n'y joue pas forcément.

Prévu depuis plusieurs années déjà, un film d'animation à l'effigie des Angry Birds devrait voir le jour en 2016. Un projet qui promet d'être fructueux, puisque l'éditeur a investi entre 75 et 80 millions de dollars (73 millions d'euros) dans la création de ce dessin-animé.

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