Trois femmes en route vers le succès

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Bérengère Lebental, l'une des trois co-fondatrices d'Altaroad, avec Cécile Villette et Rihab Jerbi.
Bérengère Lebental, l'une des trois co-fondatrices d'Altaroad, avec Cécile Villette et Rihab Jerbi. (Crédits : DR)
Cécile Villette, Rihab Jerbi et Bérengère Lebental, les co-fondatrices d’Altaroad, participent à leur manière à la construction du Grand Paris, après avoir obtenu le Grand Prix du concours i-Lab l'an dernier. Et demain, la start-up apportera durabilité et sécurité à l'infrastructure routière.

« Ce n'est pas un métier hyper féminin, c'est sûr ! », s'amuse Cécile Villette, en parlant de la spécialité d'Altaroad, la start-up qu'elle a lancée avec deux autres femmes, Rihab Jerbi et Bérengère Lebental, en décembre 2017. Cette ingénieure télécom, qui a fait ses classes dans le conseil en stratégie digitale et les objets connectés industriels au sein de cabinets tels qu'Accenture et PwC, en France comme à l'international, a décidé, alors qu'elle cherchait, après un MBA à HEC, à créer une entreprise, de s'associer avec Bérengère Lebental. Cette dernière travaille, à l'Ecole Polytechnique et à l'IFSTTAR, sur des capteurs mesurant la déformation des routes, le tout visant à construire des outils pour la maintenance préventive et prédictive. « Quand je l'ai rencontrée, je me suis dit : 'c'est cela' ! », se souvient-elle. La jeune ingénieure lance une étude de marché, mais se rend compte que l'affaire est plus compliquée que prévu, surtout pour une start-up, du fait des contraintes pour répondre à des appels d'offres publics. « Dès notre dossier pour le concours i-Lab, nous avons commencé à pivoter », poursuit-elle.

Quels pourraient être les usages de cette nouvelle technologie ? Les deux femmes, rejointes par Rihab Jerbi, spécialiste, entre autres, des smart grids pour PwC et ERDF, s'intéressent aux chantiers du Grand Paris. « Il faut pouvoir assurer la mesure et la traçabilité des charges de terre que transportent des camions et il n'y a souvent pas la place, sur des chantiers en ville, pour d'énormes balances classiques », explique-t-elle. L'outil technologique, très compact, développé par la polytechnicienne, servira donc d'abord à ce premier cas d'usage. « C'est une première brique technologique, moins complexe à mettre en place, et qui nous servira de marche-pied pour développer le reste de l'application comme nous le pensions à l'origine », déclare Cécile Villette.

Développements et embauches

Avec l'enveloppe reçue avec l'obtention du Grand Prix du concours i-Lab 2018 - une dotation de 330 000 euros, récemment portée à un total de 550 000 euros - la start-up de la deep tech a pu développer le hardware nécessaire - « et qui fait souvent peur aux investisseurs », relève la cofondatrice d'Altaroad. Conséquence, les fonds d'i-Lab ont non seulement offert à la start-up une meilleure position pour commercialiser la version « simplifiée » de l'outil auprès de ses premiers clients - des 'early adopters' - mais en plus, ils ont permis de « décaler dans le temps la levée de fonds » nécessaire pour les développements et la production de masse à venir. Sans oublier que la start-up a pu embaucher trois personnes. « Et tout cela dans le cadre d'i-Lab ! », se félicite l'entrepreneure.

Aujourd'hui, justement, Altaroad se lance dans une levée de fonds, pour un montant initial de deux millions d'euros. « Le magazine Challenge nous a inclus dans sa liste des 100 start-up qui doivent retenir l'attention des investisseurs », précise avec satisfaction Cécile Villette. De quoi en effet séduire les financiers, qui donneront aux trois femmes les moyens d'ouvrir, à terme, une chaîne de production en usine, pour fabriquer l'outil à base de capteurs.

« Une fois la levée de fonds réussie, nos ambitions sont la commercialisation, puis de valider notre deuxième génération de produits, de la commercialiser en France et enfin, à l'international », détaille Cécile Villette. Pour cela, les trois entrepreneures comptent aussi sur un autre concours, Girls in Tech, dont elles ont été récemment les lauréates, dans le cadre d'une initiative de l'ambassade de Singapour en France, et qui les emmènera prochainement dans la ville-Etat pour un séjour de rencontres business

Pionnière

Souvent la seule femme dans un secteur très masculin, « je ne me suis jamais sentie solitaire, assure pourtant Cécile Villette. J'ai toujours su demander de l'aide autour de moi, et ainsi, mes anciens collègues, à Accenture et à PwC, ont cru en moi, au point même de participer au premier tour de table ». Elle croit en tout cas aux vertus de la diversité dans les entreprises et estime qu'il faut avant tout conscientiser les hommes comme les femmes sur les préjugés et les biais inconscients, en particulier sur le fait que les femmes, par exemple, sont moins enclines que les hommes à mettre en avant leur potentiel. « Si on est conscient d'un problème, alors on peut le résoudre ! », s'exclame-t-elle. Aujourd'hui, Altaroad compte une dizaine de salariés, et 50 % de femmes. « Le rôle d'un chef d'entreprise est extrêmement important dans ce domaine, nous passons assez de temps au travail pour que le changement et l'inclusivité dans la société passent par l'entreprise », conclut-elle. Un changement auquel les trois entrepreneures participent, et qui prend en partie sa source dans la réussite au concours i-Lab.

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Commentaires
a écrit le 06/05/2019 à 9:37 :
C'est une pub pour épiceries anglo-saxonnes ?
D'un côté je me gave de deniers publics, de l'autre je fais des gorges chaudes avec des noms de sociétés qui ont ruiné l'économie française ...

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