Dans la Manche, les prélèvements sanguins acheminés par drones
Nathalie Jourdan
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Un biologiste place les échantillons sanguins dans un drone
Cerba Healthcare
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Un biologiste place les échantillons sanguins dans un drone
Cerba Healthcare
Coqueluche des forces de sécurité, le drone commence à gagner ses galons dans la logistique médicale. Plusieurs pays d'Afrique livrent déjà des lots de vaccins et de médicaments par la voie des airs à des communautés isolées, avec le soutien de l'Unicef. En France aussi, le secteur sanitaire s'intéresse de très près à ce domaine encore exploratoire du drone « de transport » - appelé ainsi par opposition au drone de surveillance devenu monnaie courante.
A ce stade, aucun engin ne vole de manière régulière. Mais un peu partout, des établissements hospitaliers et des laboratoires éprouvent les capacités de ces objets volants zéro émission capables de s'affranchir des distances... et des bouchons. « On est au début de l'histoire. Mais il est certain que les acteurs de la santé feront partie des tous premiers utilisateurs professionnels du drone de transport pour des raisons évidentes liées à l'urgence », pronostique Gauthier Dhaussy, co-fondateur de la startup rouennaise Delivrone qui s'est fait une spécialité du transport médical.
Dans cette course à l'envol, le groupe d'analyses biologiques français Cerba Healthcare, présent dans plusieurs pays d'Europe et d'Afrique, a pris une longueur ou plutôt une hauteur d'avance. Depuis plus d'un an, l'antenne normande de son réseau Cerballiance (700 laboratoires en France et à la Réunion) mène avec Delivrone une expérimentation d'une ampleur inédite entre ses laboratoires de Granville et de Saint-Lô. Deux localités distantes d'une soixantaine de kilomètres.
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Objectif : vérifier qu'un drone (ici un Vtol autonome qui décolle comme un hélicoptère et vole comme un avion) est capable d'acheminer des tubes de sang d'un point A à un point B avec un niveau de sécurité optimal. Le tout supervisé à distance par un télé-pilote. Après plusieurs vols de jour et de nuit sans casse dans le climat venteux de la côte normande, ce test grandeur nature entre dans sa dernière phase. Cette fois, il s'agit d'effectuer des allers-retours quotidiens pendant trois semaines. « Ce sera l'ultime étape avant la mise en production effective que nous espérons à la mi 2024 », indique Antoine Prigent, patron de Cerballiance Normandie Ouest.
Nathalie Jourdan