Digital : la France dans le peloton de tête mondial

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Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.
Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux. (Crédits : REUTERS/Benoit Tessier)
La cinquième édition de l’Université Numérique du Medef s’est délocalisée à Station F. Le syndicat patronal et le Boston Consulting Group (BCG) ont présenté une étude sur la maturité digitale de la France. Verdict : bien, mais peut mieux faire.

« L'écosystème numérique en France va plutôt bien, même si on peut faire mieux. Ce qui pêche encore, c'est la transformation numérique des PME » explique Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef. C'est pourquoi le créateur de l'Université du Numérique a voulu organiser cette cinquième édition à Station F pour provoquer une rencontre entre start-up et PME : « il y a d'abord une phase de sidération. L'hôtellerie, par exemple, a commencé par nier la réalité quand AirBnB est arrivé pour la disrupter. La deuxième réaction, c'est de verrouiller, parfois en faisant passer des lois protectionnistes. Et nous entrons aujourd'hui dans la troisième phase, celle de la collaboration entre start-up et entreprises ».

Le syndicat patronal a demandé au BCG de réaliser une étude sur la maturité digitale de la France. Cette étude « inédite et exhaustive » (1) selon Christian Poyau, président du comité transformation numérique du Medef, a choisi la métaphore de la course cycliste pour évaluer la maturité digitale des pays dans cinq secteurs : talents et politiques sociales, qualité des infrastructures, politiques incitatives, accès à l'utilisation des données et cybersécurité.  En tête du peloton mondial, la France s'appuie sur quatre points forts. La qualité de la formation des talents digitaux (6ème position mondiale), les incitations à la recherche, avec 20 % de la R&D des entreprises supportée par le gouvernement (3ème position), la politique d'accès aux données publiques (2ème position) et l'engagement sur la cybersécurité (8ème position).

Les PME, le maillon faible de la transformation digitale

« Mais les étapes de montagne arrivent, et il va falloir rester mobilisé », prévient Vanessa Lyon, directrice associée du BCG. La faiblesse vient des PME, dont un tiers déclare que la transformation digitale n'est pas à leur agenda. Et moins d'une entreprise sur cinq a adopté l'intelligence artificielle dans sa stratégie. Pour rejoindre les deux leaders qui font la course en tête, les Etats-Unis et la Chine (151 licornes aux États-Unis, 82 en Chine et 34 en Europe), et les trois échappés (Israël, Corée du Sud, Singapour), il va falloir cravacher. Le BCG a listé trois défis majeurs à relever. D'abord, réussir à garder les talents. « On estime le déficit à 200.000 personnes d'ici 2022 et 76 % de ces talents digitaux seraient prêts à partir travailler à l'étranger, soit 9 points de plus que la moyenne mondiale », alerte Vanessa Lyon.

Deuxièmement : augmenter les capacités d'investissement dans les infrastructures, limitées par le contexte réglementaire. Il faut poursuivre le déploiement de la fibre - le plan France Très Haut Débit est inachevé - et de la 5G. Tertio : pallier le retard dans la collecte et l'exploitation des données. La conclusion de la directrice associée du BCG tient en trois mots : « investir, investir, investir ». « La bataille n'est pas perdue car c'est une course sans fin. La transformation numérique est un enjeu économique mais aussi de souveraineté géostratégique : elle peut avoir un impact sur la citoyenneté et même sur la démocratie. Enfin, ces questions doivent être traitées au niveau européen, avec des régulations plus fortes, car l'Europe est pour l'instant un supermarché des données où tout le monde vient se servir », conclut Christian Poyau. Pour paraphraser Jean-Pierre Raffarin, en matière de digital, « la route est droite, mais la pente est forte ».

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Commentaires
a écrit le 21/06/2019 à 1:17 :
"La transformation numérique est un enjeu économique mais aussi de souveraineté géostratégique", c'est un euphémisme !!! Notre économie numérique dépend essentiellement des technologies étrangères : les systèmes et langages informatique majoritairement utilisés chez nous ne sont pas européens, pourquoi ? Les plantages des "mises à jour" forcées de nos systèmes informatique ralentissent les affaires. Notre économie est totalement dépendante d'intérêts étrangers qui peuvent espionner nos entreprises et ingénieurs en toute discrétion : ordinateurs, smartphones, réseaux sociaux... Peut-être que les PME n'investissent pas dans le numérique car elles n'ont tout simplement pas confiance, et on les comprend. Le numérique est en effet un moyen de rendre nos entreprises dépendantes de lobby mondiaux des nouvelles technologies. Si nos entreprises ne sont pas souveraines de leurs données, alors notre pays ne l'est pas non plus.
Réponse de le 21/06/2019 à 19:37 :
Vous passez sous Linux, un vieux coucou sera plus rapide que Windaube avec un ordi tout neuf. C'est gratos en plus. Pour info, la plupart des fournisseur d'accès sont sous Linux. Lors de grande panne, ceux qui étaient sous windaude, étaient en rade. Un fournisseur pas cher OVH par exemple, ils ne font pas de pub, ni service TV. L’Université Numérique du Medef ferait bien de mettre à jour x.0 ! ;o)) (j'ai trouvé une faille la fameuse TV en ligne)

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