Intelligence artificielle : OpenAI entend terminer sa propre puce dès cette année
latribune.fr
La première puce d'OpenAI, bien que capable d'entraîner et d'exécuter des modèles d'intelligence artificielle, sera au départ déployée à une échelle limitée.
Le créateur de ChatGPT avance sur son projet de développer en interne son premier modèle de puce en silicium. OpenAI devrait en confier la production au géant taïwanais TSMC, dans l’optique de réduire sa dépendance à son fournisseur actuel, Nvidia.
Si tout se passe comme prévu, OpenAI, la maison mère de ChatGPT, devrait sortir sa propre puce en silicium cette année. L'entreprise américaine veut finaliser sa conception dans les prochains mois, ont déclaré ce lundi des sources à l'agence de presse Reuters. La production de masse devrait ensuite démarrer en 2026 et être confiée à Taiwan Semiconductor Manufacturing (TSMC).
Le processus d'envoi pour fabrication en usine d'un nouveau modèle - on parle de « tape-out » dans le jargon - coûte en général des dizaines de millions de dollars. Et environ six mois sont nécessaires pour produire une puce finie. À moins qu'OpenAI ne paie beaucoup plus pour accélérer le processus. Aucune de ces deux entreprises n'a réagi dans l'immédiat.
Cette puce, bien que capable d'entraîner et d'exécuter des modèles d'intelligence artificielle (IA), sera au départ déployée à une échelle limitée, ont indiqué les sources. TSMC la fabriquera à l'aide de sa technologie de pointe de 3 nanomètres.
Le projet d'OpenAI d'envoyer son modèle à TSMC cette année montre que la start-up a rapidement progressé dans un processus qui peut prendre plusieurs années. Des géants tels que Microsoft et Meta ont en effet eu des difficultés à produire des puces efficaces malgré des années d'efforts.
Réduire la dépendance à Nvidia
Rien ne garantit toutefois que le silicium fonctionnera lors de la première mise en production. En cas d'échec, l'entreprise américaine devra diagnostiquer le problème et répéter la démarche.
En revanche, si la première mise en production se déroule sans encombre, elle permettra à OpenAI de fabriquer en série sa première puce d'IA interne et de potentiellement tester dans le courant de l'année une alternative à celles de son principal fournisseur, Nvidia. Au sein d'OpenAI, le développement de cette puce est d'ailleurs vu comme un outil stratégique pour réduire sa dépendance à l'égard de ce fabricant américain, dont les modèles sont actuellement les plus populaires avec une part de marché d'environ 80 % au niveau mondial.
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La puce d'OpenAI est conçue par une équipe interne dirigée par Richard Ho, dont les effectifs ont doublé au cours des derniers mois pour atteindre 40 personnes, en collaboration avec Broadcom. Richard Ho a rejoint l'entreprise américaine il y a plus d'un an après avoir quitté Google, où il a contribué à diriger le programme de puces d'IA personnalisées du géant de la recherche. Son équipe est toutefois plus petite que celles mises en place par des géants de la technologie tels que Google ou Amazon.
500 millions de dollars
La conception d'une nouvelle puce dans le cadre d'un programme ambitieux et à grande échelle pourrait coûter 500 millions de dollars pour une seule version, selon des sources industrielles ayant connaissance des budgets de conception. Ces coûts pourraient doubler si les logiciels et périphériques nécessaires étaient également fabriqués.
Et OpenAI ne compte d'ailleurs pas s'arrêter là. Après ce premier modèle, ses ingénieurs prévoient déjà de développer des processeurs de plus en plus avancés, dotés de capacités supplémentaires à chaque nouvelle version. La course à l'échalote des puces d'IA n'est pas près de se terminer.