STMicroelectronics : la crise des semi-conducteurs n'est pas finie
latribune.fr
STMicroelectronics fait face à un ralentissement de la demande depuis la fin 2023 dans l'ensemble des segments sur lesquels il est présent, et plus particulièrement sur le marché industriel.
REUTERS/Sarah Meyssonnier/File Photo
Le fabricant de composants électroniques a achevé l'année 2024 avec un bénéfice en baisse de 63% sur un an, plombé par la faiblesse de la demande de l'industrie. Et anticipe déjà un recul de ses ventes pour ce premier trimestre de l'année.
STMicroelectronics a fini 2024 comme il l'a commencé : avec une lourde chute de ses résultats. Le fabricant franco-italien de composants électroniques a clôturé l'année avec un bénéfice quasiment divisé par trois (63%) comparé à un an en arrière, d'après ses chiffres publiés ce jeudi. Il a ainsi atteint 1,56 milliard de dollars (1,5 milliard d'euros), contre 4,21 milliards de dollars (4 milliards d'euros) sur l'ensemble de 2023. Du côté de son chiffre d'affaires, la baisse est moindre mais tout de même conséquente : -23,2 % sur un an, à 13,26 milliards de dollars (12,74 milliards d'euros).
Dans un cas comme dans l'autre, ces chiffres reflètent les baisses enregistrées par le fabricant au quatrième trimestre. Entre octobre et décembre, son bénéfice a dégringolé de -68,3 %, à 341 millions de dollars (327,4 millions d'euros). Et ses recettes ont diminué de -22,4 %, à 3,32 milliards de dollars (3,19 milliards d'euros).
Les investisseurs ont en tout cas peu apprécié cette publication et les anticipations économiques moroses du groupe. Vers 9h25, le cours de son action a chuté de -6,96 %, à 22,13 euros, dans un marché français en hausse de 0,32 %. Comparé à début 2024, STMicroelectronics a vu son titre perdre la moitié de sa valeur en Bourse (-50,3 %). Ces chiffres ne sont pourtant pas une surprise. « Le chiffre d'affaires net du quatrième trimestre a été en ligne avec le point médian de notre fourchette de perspectives financières », a déclaré le directeur général de STMicroelectronics, Jean-Marc Chéry, dans un communiqué.
Une demande toujours au ralenti
Reste que si le fabricant est dans les clous de ses prévisions, c'est parce qu'il a abaissé ses perspectives à plusieurs reprises sur l'exercice fiscal 2024. Le groupe fait face à un ralentissement de la demande depuis la fin 2023 dans l'ensemble des segments sur lesquels il est présent. Et plus particulièrement sur le marché industriel, dans le secteur des microcontrôleurs.
Cela s'explique notamment par le recul des ventes des voitures électriques, qui intègrent des puces. Leur part sur le marché européen a reculé l'année dernière pour la première fois depuis 2020, atteignant 13,6 % de parts de marché (-1 point comparé à 2023). Ce fléchissement s'explique en grande partie par la suppression des subventions fin 2023 en Allemagne, principal marché européen. Depuis la fin de ces aides publiques, les modèles électriques peinent à convaincre outre-Rhin en raison de leurs prix encore élevés, plombant l'ensemble du marché sur le Vieux continent.
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Dans ce contexte, STMicroelectronics a annoncé ce jeudi anticiper une nouvelle baisse à deux chiffres de son chiffre d'affaires sur le premier trimestre 2025 (-27,6 %). Il table ainsi sur des recettes à 2,51 milliards de dollars (2,41 milliards d'euros). Un objectif bien loin de ses prévisions de l'année dernière, où il prévoyait 3,6 milliards de dollars de vente sur les trois premiers mois de l'année.
Le fabricant a par ailleurs confirmé démarrer cette année son projet visant à redimensionner la base de ses coûts d'ici 2027. Il l'avait annoncé lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre, en raison des difficultés rencontrées, puis confirmé en novembre à l'occasion d'une journée dédiée à ses investisseurs. Il vise ainsi un « projet de remodelage de son implantation industrielle » avec « des économies en millions de dollars » à la clé. L'entreprise a précisé ce jeudi qu'elle prévoit une diminution de ses charges d'exploitation liées à la recherche et développement et de ses frais généraux, commerciaux et administratifs, pour un montant compris entre 300 et 360 millions de dollars (288 et 345 millions d'euros) à horizon 2027.
L'objectif global avec ce « nouveau projet d'entreprise » est de retrouver un chiffre d'affaires de 18 milliards de dollars et une marge d'exploitation comprise entre 22 % et 24% d'ici 2027-2028. Ce qui ne serait qu'une étape intermédiaire avant d'atteindre des revenus à hauteur de plus de 20 milliards de dollars en 2030.