OpenAI : ChatGPT se dote d'un nouvel outil de « recherche approfondie »
latribune.fr
« Recherche approfondie » est capable, par exemple, de synthétiser des données de recherche sur internet afin de recommander un équipement de ski en vue de vacances hivernales au Japon.
OpenAI, la maison mère de ChatGPT, a dévoilé ce lundi à Tokyo un nouvel outil de « recherche approfondie » pour son robot d’intelligence artificielle générative. Une annonce qui intervient quelques jours après l’irruption de la start-up chinoise DeepSeek qui a impressionné – ou épouvanté – la Silicon Valley.
ChatGPT, la plateforme la plus connue d'intelligence artificielle (IA) générative, se dote d'un nouvel outil. Sa maison mère, OpenAI, a dévoilé ce lundi 3 février à Tokyo « Recherche approfondie » (« Deep research », en anglais). Cette fonctionnalité « accomplit en quelques dizaines de minutes ce qui prendrait de nombreuses heures à un humain », assure l'entreprise.
Ce nouvel outil « peut travailler pour vous de manière indépendante : vous lui donnez une consigne, et ChatGPT trouvera, analysera et synthétisera des centaines de sources en ligne pour créer un rapport complet du niveau d'un analyste » humain, assure l'entreprise américaine sur son site.
Dans une vidéo de présentation diffusée en direct, les chercheurs d'OpenAI ont concrètement montré ce que cette fonctionnalité permet. Ainsi, « Recherche approfondie » est capable de synthétiser des données de recherche sur internet afin de recommander un équipement de ski en vue de vacances hivernales au Japon. Un exemple parmi tant d'autres.
« C'est un système qui peut faire - ce n'est qu'une estimation de ma part -, mais je pense qu'il peut faire un pourcentage à un chiffre de toutes les tâches économiquement intéressantes dans le monde », a déclaré Sam Altman, le directeur général d'OpenAI.
La concurrence s'intensifie
L'annonce de ce nouvel outil intervient une semaine après l'irruption de la start-up chinoise DeepSeek, qui propose un robot conversationnel puissant. Il a en plus été développé à bas coûts, et fonctionne avec moins de ressources que les autres plateformes. Si bien qu'il concurrence sérieusement ChatGPT, ainsi que les autres IA avancés, tel Gemini de Google, et remet en question la domination de cette industrie par les États-Unis.
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Sam Altman a d'ailleurs estimé que la Chine était en train de rattraper son retard « de manière significative » sur les technologies d'IA basées aux États-Unis. Dans un entretien accordé au média Nikkei, il a reconnu que DeepSeek est « un bon modèle », qui met en évidence la concurrence sérieuse pour la technologie de raisonnement de l'IA. Pour autant, son « niveau de capacité n'est pas nouveau », estime-t-il.
« Nous produirons de meilleurs modèles, mais nous n'allons pas pouvoir maintenir autant d'avance que les années précédentes » sur la Chine, a-t-il également prévenu vendredi dernier, interrogé par un utilisateur de la plateforme communautaire Reddit, lors d'une séance de questions-réponses.
Le dirigeant s'affiche ainsi un tantinet inquiet de l'arrivée de cette concurrence chinoise. La semaine dernière, OpenAI avait accusé des firmes chinoises de tenter de copier ses modèles d'IA. L'entreprise américaine affirmait qu'elles utilisent pour cela un procédé dit de distillation (un transfert des connaissances d'un grand modèle déjà entraîné vers un modèle plus petit) à l'encontre des conditions d'utilisation de la start-up californienne. Pour autant, Sam Altman a précisé ce lundi ne pas avoir l'intention de poursuivre DeepSeek en justice « pour le moment ». « Nous allons simplement continuer à créer d'excellents produits et à être le leader mondial en matière de capacités de modélisation, et je pense que cela fonctionnera bien », a-t-il déclaré à des journalistes.
Reste que cette concurrence pousse OpenAI à réfléchir à mettre ChatGPT en sources libres (« open source » dans le jargon). Cela signifierait que les développeurs pourraient plus ou moins modifier son fonctionnement en changeant le code source. « Personnellement, je pense que nous avons été du mauvais côté de l'histoire et que nous devons trouver une stratégie différente en matière d'open source », a-t-il indiqué, précisant toutefois que ce n'est pas sa « plus grande priorité actuelle ».
Coentreprise avec SoftBank
OpenAI a profité de la présentation de « Recherche approfondie » ce lundi pour faire une autre annonce : la naissance d'une coentreprise « à parts égales » avec SoftBank, le géant japonais des investissements dans la tech. « Un protocole d'accord vient d'être officiellement signé », a déclaré le PDG du groupe nippon, Masayoshi Son. Dans une déclaration commune des deux entreprises, il a précisé qu'il « dépensera 3 milliards de dollars par an pour déployer les solutions d'OpenAI dans les entreprises de son groupe ».
Concrètement, la coentreprise « servira de tremplin pour l'introduction d'agents d'IA adaptés aux besoins uniques des entreprises japonaises, tout en établissant un modèle pour une adoption au niveau mondial », peut-on lire dans le communiqué. Cette annonce a été illustrée par la présentation d'un nouveau produit d'IA appelé « Cristal ». Tenant une boule de cristal violette dans sa main, Masayoshi Son a expliqué que ce nouvel outil utiliserait l'IA pour fournir un service d'assistance personnalisé aux entreprises en analysant en temps réel les données du système, les rapports, les courriers électroniques et les réunions.
Ce n'est toutefois pas la première fois que SoftBank et OpenAI travaillent ensemble. Les deux entreprises sont déjà associées au sein de « Stargate », récemment dévoilé par le président américain Donald Trump. Ce nouveau projet comprend des investissements d'au moins 500 milliards de dollars dans des infrastructures d'intelligence artificielle aux États-Unis. La course à l'échalote est loin d'être terminée.