Relocaliser la production des semi-conducteurs : est-ce vraiment la bonne option ?
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La planète a découvert avec stupéfaction son niveau d'addiction aux semi-conducteurs.
DR
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La planète a découvert avec stupéfaction son niveau d'addiction aux semi-conducteurs.
DR
Des chaînes entières arrêtées dans l'automobile, des usines qui tournent au ralenti et des salariés en chômage partiel. A mesure que les délais de livraison s'allongent, la planète découvre avec stupéfaction sa dépendance aux semi-conducteurs. De la taille d'un micromètre voire d'un nanomètre pour les plus sophistiqués, ces minuscules composants se sont imposés dans tous les compartiments de l'industrie à la faveur de la digitalisation. Ils sont omniprésents dans nos téléphones et ordinateurs, sous le capot de nos automobiles, dans le cockpit des avions, dans les robots médicaux, dans les supercalculateurs qui déterminent la valeur des cryptomonnaies ... et jusque dans les jouets des enfants.
À lire également
Pourtant, difficile pour l'Homme de la rue de citer le moindre fabricant à l'exception (peut-être) d'Intel qui s'est fait connaître avec son fameux pictogramme Intel Inside. « Même les entreprises qui les utilisent dans leurs produits finaux appréhendent mal ce secteur d'activité très caché, très capitalistique et très dépendant de décisions politiques. Qui sait, par exemple, que le gouvernement taïwanais dépense des milliards à son profit ? », constate Mathilde Aubry. Titulaire de la chaire de management de la transformation numérique à l'EM Normandie, cette enseignante-chercheur vient de produire une étude instructive sur la pénurie actuelle de semi-conducteurs*. Pour cette professeure d'économie, la méconnaissance du secteur est, pour partie, responsable des tensions actuelles.
Nathalie Jourdan