Le marché automobile français reste empêtré dans la crise des semi-conducteurs

Les ventes de véhicules neufs continuent de chuter pour le quatrième mois consécutif en France. Désormais, les industriels ont intégré la pénurie de composants et les difficultés d'approvisionnement sur le long terme. "L'automobile ne repart pas. La crise automobile est réelle et s'enfonce", a souligné François Roudier, porte-parole de la PFA.

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Les ventes de voitures continuent à souffrir d'un niveau de commandes qui reste faible et des retards de livraison persistants.
"Les ventes de voitures continuent à souffrir d'un niveau de commandes qui reste faible et des retards de livraison persistants." (Crédits : Reuters)

Le marché automobile français est toujours pris dans la spirale des effets de la crise Covid. Pour le quatrième mois consécutif, les ventes de voitures neuves ont reculé en septembre, de -20,5% par rapport à septembre 2020, a annoncé vendredi la Plateforme automobile (PFA), à 133.835 immatriculations. Pour le secteur, c'est désormais acté, l'année 2021 ne retrouvera pas les niveaux d'avant la pandémie. En cause notamment, la pénurie persistante de semi-conducteurs qui empêche les usines de retrouver leurs cadences habituelles.

Aussi, la reprise en V de la demande automobile fin 2020 et début 2021 avec des effets de rattrapages a créé d'importants goulets d'étranglements dans les chaînes d'approvisionnement. "Les ventes de voitures continuent à souffrir d'un niveau de commandes qui reste faible et des retards de livraison persistants liés à la pénurie de semi-conducteurs, qui se sont même traduits par des fermetures d'usines", selon le cabinet AAAdata.

En outre, la crise des semi-conducteurs devrait coûter près de 210 milliards de dollars (180 milliards d'euros) à l'industrie automobile en 2021, selon AlixPartners,

"L'automobile ne repart pas"

Dans le détail, les immatriculations de voitures neuves du groupe Stellantis, qui regroupe notamment les marques Peugeot, Citroën, DS et Opel, ont diminué le mois dernier de 28,07% par rapport à un an plus tôt.

Le groupe Renault (marques Renault, Dacia et Alpine) a vu quant à lui ses immatriculations en France chuter de 15,38% en rythme annuel en septembre.

Volkswagen accuse une chute limitée à -15%. La marque allemande s'attend d'ailleurs à ce que ces défauts d'approvisionnement perdure encore deux ans. La situation devrait s'améliorer à partir du "troisième trimestre", selon elle mais "restera tendue"par la suite, a affirmé en juin son directeur des achats.

Avec l'effet de rattrapage, sur les neuf premiers mois de 2021, les ventes de voitures particulières neuves sont en hausse de 8% par rapport à la même période l'an dernier, mais les perspectives sont sombres pour la fin de l'année. D'ailleurs, les industriels ne voient pas de sortie de crise avant 2023.

Les constructeurs prévoient désormais de vendre 1,7 million de véhicules, contre 1,8 précédemment, soit un peu plus que pendant la catastrophique année 2020.

"L'automobile ne repart pas. La crise automobile est réelle et s'enfonce", a souligné François Roudier, porte-parole de la PFA. "On est dans quelque chose d'assez divergent par rapport aux autres secteurs économiques".

Les modèles électrique tirent leur épingle du jeu

Hyundai et Tesla sont parmi les rares marques à afficher une croissance de leurs ventes par rapport à 2019. La Model 3 de Tesla est en septembre devant la Renault Zoé, prenant la tête des ventes de voitures électriques avec 18.501 exemplaires.

Les motorisations électriques poursuivent leur progression (+70%) pour atteindre 13% de part de marché sur le mois. Les hybrides (y compris rechargeables) gagnent 40% en septembre et représentent 27% des immatriculations.

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Le marché de l'occasion est lui aussi en baisse sensible en septembre (-11,6 %), note AAAdata, mais continue d'évoluer à des niveaux records depuis le début de l'année, avec une hausse de 12,9 % sur neuf mois et 4.575.278 transactions. Les modèles les plus anciens, 10 ans et plus, comptent pour plus de 44 % de ce total.

L'an dernier, les immatriculations de voitures neuves en France étaient tombées à 1,65 million, contre 2,2 millions en 2019, soit une chute de 25,5% à cause de la pandémie.

(Avec agences)

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Commentaires 5
à écrit le 05/10/2021 à 8:28
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Et pourtant la France est sensée fabriquer des circuits intégrés, et à grand coup de subventions publiques en plus. Peut-être que nos fabricants d'automobiles ne font pas confiance en la qualité de cette production locale...

à écrit le 02/10/2021 à 23:06
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Ne serait-il pas bon de rappeler que le malus auto en France touche la quasi totalité des véhicules et peut monter jusqu'à 40,000€ pour une voiture!!!!!!! Cela devient du délire. Et on s'étonne que les français n'achètent pas de voitures...il faudrai...

à écrit le 02/10/2021 à 3:14
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Quand ca veut pas, ca veut pas. Brehat aura certainement qqch a dire.

à écrit le 01/10/2021 à 17:55
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La politique du "flux tendus" dans les approvisionnement se paie ca$h.

à écrit le 01/10/2021 à 17:17
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Bon, et bien voilà une excellente nouvelle : C'est bien ce qu'on voulait, non ? Réduire l'empreinte carbone, réduire la pollution. Bienvenue dans le nouveau monde

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