Rachat d'Arm par Nvidia : pourquoi ce "deal" dans les semi-conducteurs inquiète Bruxelles et Londres
Guillaume Renouard, à San Francisco
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NVIDIA CORP
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Annoncé il y a un an le rachat d'Arm par Nvidia pour 40 milliards de dollars aura-t-il lieu ? La question est aujourd'hui en suspens alors que des enquêtes concomitantes ont été ouvertes par l'Union européenne et les autorités britanniques. Société basée à Cambridge, au Royaume-Uni, Arm a été lancée en 1990 avec l'objectif de produire des architectures de puces électroniques à basse consommation d'énergie. Elle a connu un essor spectaculaire avec l'avènement du smartphone, alors qu'Apple, Samsung et leurs concurrents se jetaient sur ces licences de microprocesseurs susceptibles de ménager la batterie de leurs appareils. Neuf smartphones sur dix sont aujourd'hui équipés d'une puce Arm.
L'entreprise américaine Nvidia, de son côté, a commencé par fabriquer des cartes graphiques pour jeu vidéo, avant de capitaliser sur son expertise afin de proposer des puces très puissantes taillées pour l'intelligence artificielle. Elle fournit également de nombreux centres de données en microprocesseurs, si bien que ses performances économiques ont explosé avec la pandémie et la généralisation du travail à distance, qui a mis la pression sur l'industrie du cloud et entraîné d'importants investissements dans les centres de données.
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Le rachat d'Arm lui donnerait un sérieux coup de pouce face à son concurrent direct, Intel, à l'heure où les puces basées sur l'architecture d'Arm gagnent en popularité et s'affranchissent du marché du smartphone pour toucher les ordinateurs et les centres de données. Apple a par exemple récemment abandonné les puces d'Intel au profit d'autres microprocesseurs, plus efficaces, basés sur la technologie Arm, afin d'équiper ses Macs. Les serveurs d'Amazon Web Services tournent également grâce à des puces Arm. Celle-ci appartient depuis 2016 au groupe Softbank, qui l'a rachetée à l'époque pour 32 milliards de dollars et souhaite désormais s'en séparer, dans le cadre d'une grande opération de restructuration qui vise à restaurer sa valorisation en bourse chancelante. Dans ce contexte, Nvidia a annoncé en septembre 2020 sa volonté de se porter acquéreur.
Guillaume Renouard, à San Francisco