Semi-conducteurs: « année record » pour les ventes d'ASML
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ASML a annoncé au quatrième trimestre avoir enregistré des commandes à hauteur de 7,1 milliards d'euros, contre 2,63 milliards d'euros le trimestre précédent.
DADO RUVIC
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ASML a annoncé au quatrième trimestre avoir enregistré des commandes à hauteur de 7,1 milliards d'euros, contre 2,63 milliards d'euros le trimestre précédent.
DADO RUVIC
ASML est satisfait de son année 2024. L'équipementier européen pour l'industrie des semi-conducteurs s'est réjoui ce mercredi dans un communiqué d'avoir « réalisé une nouvelle année record ». Il a ainsi enregistré un chiffre d'affaires net total de 28,3 milliards d'euros. Soit mieux que ses prévisions à 28 milliards et en hausse comparé à l'an dernier (+2,6%). Sa marge brute est, elle, stable, à 51,3% pour la deuxième année consécutive.
« Notre quatrième trimestre a été un record en termes de chiffre d'affaires, avec des ventes nettes totales de 9,3 milliards d'euros et une marge brute de 51,7 %, toutes deux supérieures à nos prévisions », s'est félicité Christophe Fouquet, président-directeur général du groupe, cité dans le communiqué.
Le chiffre d'affaires enregistré sur le dernier trimestre est en effet le meilleur réalisé par ASML en 2024, les autres ayant été compris entre 5,3 et 7,5 milliards d'euros. Comparé à la même période l'année précédente, cela correspond même à un bond de +24%. Une nouvelle qui a ravi les marchés : son titre bondissait de 10,61% à Amsterdam vers 8H40 GMT, entraînant avec lui son compatriote ASM (+6,72%). Ailleurs en Europe, STMicroelectronics (+2,25%) et Soitec (+6,55%) grimpaient à Paris et Infineon prenait 2,57% en Allemagne.
Seul bémol : le bénéfice net du géant néerlandais a baissé sur un an. Il s'est élevé à 7,6 milliards d'euros sur l'ensemble de 2024, contre 7,8 milliards d'euros en 2023 (-3,4%).
ASML a en outre annoncé au quatrième trimestre avoir enregistré des commandes à hauteur de 7,1 milliards d'euros, contre 2,63 milliards d'euros le trimestre précédent. Un niveau d'ailleurs nettement supérieur aux attentes : les analystes tablaient en effet sur 3,99 milliards d'euros de prises de commandes, selon un consensus Visible Alpha.
Cela s'explique par la forte demande pour ses outils utilisés dans la fabrication de puces destinées à l'intelligence artificielle (IA). L'entreprise utilise la technologie de la lithographie à ultraviolet extrême (EUV) pour fabriquer des machines de pointe, ensuite utilisées pour fabriquer des semi-conducteurs avancés.
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Cet afflux de commandes pourrait rassurer ASML et les investisseurs du secteur malgré un repli de son cours en bourse cette semaine. L'action du groupe a perdu 7% lundi par rapport à vendredi dernier, après que la société chinoise DeepSeek a annoncé avoir développé un modèle d'intelligence artificielle performant capable de rivaliser avec ses concurrents américains, dont ChatGPT. DeepSeek a en plus révélé que son modèle a été formé en utilisant seulement une fraction des puces utilisées par ses concurrents occidentaux.
La concurrence s'annonce de plus en plus rude sur l'intelligence artificielle, technologie sur laquelle mise ASML pour l'avenir. « Conformément à notre point de vue du dernier trimestre, la croissance de l'intelligence artificielle est le principal moteur de croissance de notre industrie », a reconnu Christophe Fouquet. Et d'ajouter : « Elle a créé un changement dans la dynamique du marché qui ne profite pas à tous nos clients de la même manière, ce qui crée à la fois des opportunités et des risques comme le reflète notre fourchette de revenus 2025 ».
ASML a ainsi confirmé ses prévisions d'un chiffre d'affaires compris entre 30 et 35 milliards d'euros pour l'ensemble de l'année 2025. L'entreprise maintient aussi ses prévisions à plus long terme, d'un chiffre d'affaires encore bien supérieur : entre 44 et 60 milliards d'euros pour 2030. Et fonde pour cela ses espoirs sur un marché de l'IA en pleine expansion.
« Nous parlions autrefois de semi-conducteurs partout. Je pense que depuis novembre, nous avons commencé à parler d'IA partout. Nous sommes convaincus que l'IA va apporter encore plus d'opportunités à cette industrie des semi-conducteurs », a indiqué le PDG.
Par ailleurs, le directeur général estime que les bas coûts de la start-up chinoise d'intelligence artificielle DeepSeek représentent une « bonne nouvelle » pour le géant néerlandais. « Toute réduction des coûts est une bonne nouvelle pour ASML, car une réduction des coûts signifie que l'IA peut être utilisée dans un plus grand nombre d'applications. Plus d'applications signifie plus de puces », a déclaré mercredi Christophe Fouquet lors d'une conférence de presse.
Le directeur général a également prédit que d'autres acteurs comme DeepSeek secoueront le marché dans les mois et années à venir, au vu des énormes possibilités qu'offre le secteur. « La concurrence, en particulier dans le domaine des logiciels - car je pense que c'est là que le seuil d'accès est le plus bas - sera très forte », a-t-il ajouté.
Reste qu'ASML est au cœur de tensions géopolitiques. L'Occident cherche en effet à freiner les exportations de haute technologie vers la Chine par crainte qu'elles ne soient utilisées à des fins militaires. C'est pourquoi, dans le sillage des États-Unis, le gouvernement néerlandais a annoncé en septembre dernier qu'il renforçait ses contrôles à l'exportation sur les équipements de production de semi-conducteurs avancés, tout en précisant que seul un nombre limité de produits étaient visés. Ce qui a tout de même suscité la colère de Pékin, qui a qualifié ces mesures de « terrorisme technologique ».
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Pour autant, le géant néerlandais avait prévenu que ces décisions n'auraient aucun impact supplémentaire sur ses activités. Ce qu'a confirmé ce mercredi le directeur financier du groupe, Roger Dassen. Il y a « un certain nombre de facteurs en jeu en ce qui concerne les contrôles des exportations en provenance des États-Unis. Mais je dirais que la combinaison et l'impact de ces mesures, tant américaines que néerlandaises, ont été reflétés de manière appropriée dans les prévisions. Ainsi, les 30 à 35 milliards d'euros reflètent bien les limites que nous observons du point de vue des contrôles des exportations », a-t-il déclaré. L'avenir le confirmera, ou non.
(Avec agences)
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