En 2030, un médecin augmenté et toujours plus connecté
Émilie Guédé
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Le partage et l’exploitation des données de santé vont modifier le quotidien des praticiens.
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Une femme de 45 ans, travaillant en équipe et souvent salariée. C'est le portrait-robot du médecin de 2030. Cette échéance laisse peu de place à la science-fiction, sauf pour les technophiles les plus acharnés. Mais avec la vague d'innovations en cours, le praticien de la prochaine décennie ne sera pas tout à fait le même que celui d'aujourd'hui. L'intelligence artificielle (IA), l'explosion des données, le suivi à distance tracent le chemin vers une médecine « 5 P », c'est-à-dire préventive, prédictive, participative, personnalisée et qui a fait ses preuves.
L'IA bouscule déjà les pratiques. Ces algorithmes sont des outils précieux en matière d'aide à la décision. Avec sa base de données médicamenteuses intelligente, Posos assiste le médecin dans la prescription. Compatible avec tous les logiciels médicaux, elle a obtenu en début d'année l'agrément de la Haute autorité de santé.
L'IA se charge également des tâches administratives, comme la gestion des comptes-rendus. Et dans certains domaines techniques, elle fait mieux que l'homme notamment pour repérer des fractures ou lésions.
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Et d'autres bouleversements sont attendus. « L'IA pourrait permettre aux médecins de se libérer des biais perceptifs induits par l'approche clinique. Celle-ci conduit à révéler une maladie lorsqu'elle se manifeste sur un organe, donc à un stade relativement avancé. Demain l'IA sera peut-être capable de présenter de nouvelles hypothèses physiopathologiques en trouvant des corrélations entre différents biomarqueurs » (comme l'ADN, l'ARN, ou les protéines), avance Emanuel Loeb, président du syndicat Jeunes Médecins. Le diagnostic serait ainsi posé plus tôt. Le test sanguin des laboratoires Synlab et de la société biopharmaceutique Alcediag différencie ainsi la dépression des troubles bipolaires en s'appuyant sur un séquençage de l'ARN et l'IA, une première. Il ne fait pas l'unanimité, mais ouvre la voie à d'autres solutions de ce type.
Émilie Guédé