Etats-Unis : la fronde du régulateur des télécoms contre la neutralité du Net

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Ajit Pai est le président de la FCC. Ancien de Verizon, il est un des plus farouches opposants à la neutralité du Net outre-Atlantique.
Ajit Pai est le président de la FCC. Ancien de Verizon, il est un des plus farouches opposants à la neutralité du Net outre-Atlantique. (Crédits : Reuters/Yuri Gripas)
Le gendarme américain des télécommunications a levé le voile sur son projet visant à enterrer le principe obligeant les opérateurs à traiter équitablement tous les contenus circulant sur la Toile.

La neutralité du Net va-t-elle bientôt disparaître au pays de l'Oncle Sam ? C'est possible. Et c'est en tout cas clairement l'objectif de la Commission fédérale des communications (FCC). Ce mardi, le régulateur américain des télécoms a levé le voile sur son projet visant à mettre à bas ce principe obligeant tous les opérateurs à traiter équitablement tous les contenus en circulation sur Internet. Concrètement, Ajit Pai, le président de la FCC, a présenté une directive baptisée « Restaurer la liberté d'Internet », qui vise à fusiller le principe de neutralité du Net, adopté début 2015 sous la présidence de Barack Obama.

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Comme le rapporte l'AFP, Ajit Pai a jugé que sa directive, qui doit être soumise à un vote de la FCC mi-décembre, permettrait de retrouver une « approche réglementaire légère » d'Internet. « Aujourd'hui, j'ai partagé avec mes collègues un projet de directive qui abandonnerait cette approche défaillante et rétablirait le consensus durable qui a bien servi les consommateurs pendant des décennies, a-t-il expliqué dans un communiqué. Avec ma proposition, le gouvernement fédéral arrêtera de faire de la micro-gestion d'Internet. »

Une « erreur » pour Trump

Une déclaration critique... qui n'a rien de surprenante. Ajit Pai est un farouche opposant à la neutralité du Net, qu'il a ces derniers mois qualifiée d'« erreur ». Une opinion qu'il partage pleinement avec Donald Trump, qui a catapulté ce républicain et ancien collaborateur du géant du mobile Verizon à la tête de la FCC dans la foulée de son élection. Egalement contre à la neutralité du Net, les opérateurs télécoms américains mènent depuis longtemps un lobbying intense pour enterrer ce principe, et ainsi avoir la pleine maîtrise du trafic circulant dans leurs tuyaux.

Si la neutralité du Net devait disparaître, ils seraient par exemple en mesure de discriminer certains services et contenus - le streaming vidéo, la musique... - et donc de favoriser les leurs. Très gourmands en bande passante, les services des géants du Net américains, comme Google, Facebook ou encore Netflix, pourraient être les premiers à pâtir de tels changements. C'est pourquoi ces derniers clament, de leur côté, leur opposition à toute remise en cause de la neutralité du Net, craignant de faire les frais d'un nouvel Internet à plusieurs vitesse.

Préserver « la liberté d'Internet »

Ce bras de fer s'est invité, ces dernières années, dans les débats publics. Un point d'orgue a d'ailleurs été atteint au mois de mai. Alors que la FCC d'Ajit Pai accélérait ses travaux pour balayer la neutralité du Net, ses défenseurs ont donné de la voix. A l'instar du chroniqueur vedette de HBO, John Oliver, qui a appelé ses téléspectateurs à prendre parti pour la « liberté d'Internet », en bombardant de messages le site du régulateur des télécoms. Lequel, dans la foulée, a connu de très fortes perturbations

>> Lire aussi Etats-Unis : bras de fer pour préserver la neutralité du Net

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Commentaires
a écrit le 22/11/2017 à 16:46 :
La neutralité absolue du net induit des inégalités entre usagers selon le type de trafic qu'ils génèrent avec une tarification au débit instantané théorique et non à la consommation réelle. Les consommateurs de streaming haut-débit en permanence encombrent les tuyaux aux dépens des utilisateurs dont les besoins de trafic sont plus ponctuels.

Une neutralité partielle ou relative, dont les modalités resteraient à définir, susciterait de nouvelles approches de différentiation commerciale pour les fournisseurs d'accès.

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