Face à Zuckerberg, le Congrès avance le RGPD

Zuckerberg audition congrès cambridge analytica
Reuters/Leah Millis
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Zuckerberg audition congrès cambridge analytica
Reuters/Leah Millis
La vision européenne - et protectrice - des données personnelles va-t-elle s'imposer outre-Atlantique ? C'est l'une des questions restée en suspens à l'issue de l'audition de Mark Zuckerberg, Pdg et co-fondateur de Facebook, dans le cadre du scandale Cambridge Analytica. Interrogé mardi et mercredi sur la fuite des données personnelles de 87 millions d'utilisateurs Facebook, le patron du plus grand réseau social au monde a illustré le changement de paradigme qui s'opère au sein de la Silicon Valley... En reconnaissant la nécessité d'une régulation pour les géants d'Internet. Le même homme, qui, en 2010, assurait que la vie privée n'était plus "une norme sociale".
Et d'admettre : "Les Européens ont raison sur certaines choses." Une phrase qui symbolise un tournant aux États-Unis. Contrairement aux Européens, les Américains ont très peu encadré la collecte des données personnelles jusqu'ici. L'administration Obama avait tenté en 2012 de faire passer - en vain - une législation plus protectrice des données personnelles. Mais les scandales à répétition, accompagnés d'une prise de conscience collective, plaident en faveur d'une nouvelle législation.
Cette régulation, si elle voit le jour, pourrait éventuellement s'inspirer du fameux Règlement général sur la protection des données (RGPD), qui entrera en vigueur le 25 mai prochain. L'ancien patron de la FCC (l'autorité américaine de régulation des télécommunications, ndlr), Tom Wheeler, en fait même l'éloge dans une opinion du New York Times, où il laisse entendre que l'Europe pourrait devenir leader sur les questions de vie privée en ligne. Lors de l'adoption du RGPD, les États-Unis avait pourtant dénoncé un protectionnisme européen, comme le souligne Wired.
Durant l'audition, qui a duré 10 heures au total, de nombreux sénateurs n'ont eu qu'un seul acronyme à la bouche : RGPD. Ce règlement européen se veut respectueux de la vie privée en ligne, en renforçant le droit à l'oubli ou en instaurant de nouveaux droits, comme la portabilité des données et le droit à la limitation du traitement. En cas de violation de règlement, les entreprises encourent jusqu'à 20 millions d'euros ou 4% de leur chiffre d'affaires annuel mondial.
Devant les sénateurs américains, Mark Zuckerberg a qualifié le RGPD "d'étape positive". Avant d'assurer vouloir donner "plus de contrôle" sur leurs données aux utilisateurs - tout en restant très évasif quant à la conformité du réseau social au RGPD. "Nous sommes encore en train de fixer les détails à ce sujet mais, dans les grandes lignes, dans l'esprit, cela devrait en reprendre la totalité", avait-t-il assuré à Reuters début avril. Le patron de Facebook n'a pas précisé lors de son audition si les droits seraient étendus aux utilisateurs américains.
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Cette approbation lui a valu les remerciements ironiques de Vera Jourova, la commissaire européenne à la Justice et à la Protection des consommateurs. "Merci M. Zuckerberg !", a-t-elle lancé au cours d'une conférence de presse à Bruxelles, rapporte l'AFP. "Je cherchais comment faire campagne pour notre règlement sur la protection des données. Voilà, c'est fait."