Facebook se lance dans les sites de rencontre, peut-il tuer Tinder ?

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Pour Mark Zuckerberg, Pdg et co-fondateur de Facebook, le réseau social a une carte à jouer dans les rencontres en ligne. (San José, Californie, le 01 mai 2018).
Pour Mark Zuckerberg, Pdg et co-fondateur de Facebook, le réseau social a une carte à jouer dans les rencontres en ligne. (San José, Californie, le 01 mai 2018). (Crédits : DR)
Le plus grand réseau social au monde a annoncé mardi la création d'un service pour les rencontres amoureuses en ligne. Ses atouts face à la concurrence : une large notoriété et une montagne de données personnelles déjà disponibles pour confectionner son algorithme de recommandation. Environ 200 millions d'internautes se déclarent célibataires sur Facebook, sur ses 2,2 milliards d'utilisateurs.

Le plus grand réseau social au monde veut jouer à Cupidon. Une nouvelle fonction dédiée aux rencontres amoureuses en ligne verra le jour "cette année", a annoncé mardi Facebook, lors de sa grande conférence annuelle des développeurs qui se poursuit ce mercredi à San José (Californie). Contrairement à Tinder, l'application de dating à succès, Facebook dit vouloir favoriser les relations longues.

"Cela sera destiné à construire des relations authentiques et durables - pas seulement aux coups d'un soir", a taclé Mark Zuckerberg, Pdg et co-fondateur de Facebook.

L'incursion du fleuron de la Silicon Valley dans les applications de rencontre n'est pas une surprise. En effet, le réseau social permet déjà d'indiquer un statut comme "en couple" ou "célibataire" sur son profil. Selon Mark Zuckerberg, environ 200 millions d'internautes se présentent comme célibataires sur les 2,2 milliards d'utilisateurs Facebook. "Il y a donc quelque chose à faire", estime-t-il en soulignant qu'un mariage sur trois aux États-Unis résulte d'une rencontre faite en ligne. Le réseau social n'a pas encore précisé si le service serait gratuit ou payant.

Les données personnelles, la mine d'or de Facebook

La création d'un "profil de rencontre" distinct de son profil Facebook traditionnel sera nécessaire pour accéder au service. Le réseau social assure que celui-ci ne sera pas partagé avec les "amis", sur le fil d'actualité ou encore, avec les internautes n'ayant pas accès au service de rencontre. À la façon de Tinder, les utilisateurs pourront entrer en contact avec un prétendant en cliquant sur sa photo de profil. Si ce dernier clique en retour, une conversation dédiée s'ouvrira - en dehors de Messenger et Whatsapp, applications de messageries instantanées appartenant à Facebook. Il sera uniquement possible d'envoyer du texte dans un premier temps.

Pour tenter de s'imposer face à Tinder et consorts, Facebook dispose de plusieurs atouts. À commencer par la montagne de données collectées sur ses 2,2 milliards d'utilisateurs dans le monde, lui permettant de dresser des profils très précis et donc, améliorer son algorithme de recommandation. La plateforme "proposera uniquement des profils qui ne sont pas vos amis", a précisé Mark Zuckerberg. Afin de prédire les atomes crochus entre plusieurs profils, l'algorithme du réseau social prendra en compte "les points communs, les amis en communs ou encore les groupes auxquels ils appartiennent". Facebook utilisera également les données de sa fonction "événements", permettant de déterminer quelles expositions ou concerts intéressent deux utilisateurs. De quoi faciliter un premier rendez-vous - le défi pour les applications de rencontres.

Tinder s'effondre en Bourse

La clé du succès pour les applications de dating réside aussi dans sa base d'utilisateurs. Plus il y a de célibataires réunis sur une même plateforme, plus les chances de rencontrer un partenaire augmentent. En la matière, le géant américain peut miser sur sa large notoriété pour espérer attirer un nombre suffisamment élevé d'utilisateurs. L'arrivée d'un tel mastodonte continue de banaliser les rencontres en ligne, stigmatisées à leurs débuts dans les années 2000. Aux États-Unis, 15% des adultes ont déjà utilisé une telle application, contre 11% en 2013, selon une étude de Pew Research Center publiée en 2016.

L'annonce de Facebook est loin d'être passé inaperçu à Wall Street. L'action d'un des principaux sites de rencontres aux États-Unis, Match (qui détient Tinder, OK Cupid ou encore Plenty of Fish), s'est effondrée de près de 20% sitôt après cette annonce. Pour autant, Mandy Ginsberg, Pdg du groupe Match, s'est dit "flattée" de l'arrivée du Facebook dans les applications de rencontre. "Nous y voyons une opportunité mondiale de continue à monter en flèche - comme avec Tinder (...) L'entrée de Facebook ne sera que vivifiante pour nous tous", s'est-elle félicitée dans un communiqué.

Sans oublier de souligner : "Nous sommes surpris du timing (de cette annonce) compte tenu de la quantité et de la sensibilité des données personnelles" en la matière, en référence au scandale Cambridge Analytica qui a éclaté fin mars.

Lancée en 2012 aux États-Unis, Tinder revendiquait 3 millions d'utilisateurs payants dans le monde fin 2017.

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Commentaires
a écrit le 03/05/2018 à 18:02 :
opinion :
sauf que «  ces données sont trompeurs » car il y aura plus de données- égo que de «  vrais donnés »donc Facebook n’est pas bien placé pour «  recommander »

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