Facebook veut former la presse locale à gagner des abonnés

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Facebook, plus grand réseau social au monde, revendique 2,13 milliards d'utilisateurs.
Facebook, plus grand réseau social au monde, revendique 2,13 milliards d'utilisateurs. (Crédits : Dado Ruvic)
Le premier réseau social mondial vient d'allouer 3 millions de dollars dans un programme d'accompagnement à la presse locale américaine. Le but : former 13 titres pour leur permettre de recruter des abonnés numériques. Cette annonce arrive au moment où la News Media Alliance, syndicat d'éditeurs qui regroupe près de 2.000 journaux, réalise un lobby auprès du Congrès afin d'obtenir un pouvoir de négociation face à Facebook et Google.

Facebook continue de faire les yeux doux à la presse locale. Le plus grand réseau social au monde a annoncé, mardi 27 février, un investissement de 3 millions de dollars pour aider les titres de la presse locale américaine à recruter davantage d'abonnés numériques. Baptisé "Local News Subscriptions Accelerator", ce programme pilote va accompagner 13 titres de presse pendant trois mois. Parmi les participants, figurent le Chicago Tribune, le San Francisco Chronicle, le Boston Globe ou encore le Seattle Times.

Dirigé par Tim Griggs, ancien du New York Times et spécialiste de l'édition numérique, le fleuron de la Silicon Valley va dispenser une formation à des représentants de ces quotidiens pour "faire passer leur activité d'abonnements en ligne à la vitesse supérieure", assure dans une note de blog Campbell Brown, directrice des partenariats médias de Facebook.

"Les éditeurs locaux nous disent que les abonnés numériques sont essentiels à la viabilité à long terme de leur entreprise", justifie-t-elle.

Après une première phase commune à tous les titres participant au programme, chaque éditeur de presse concevra son propre plan stratégique grâce à des "formations hebdomadaires sur un large éventail d'activités marketing dédiées aux abonnements numériques, y compris - mais pas seulement - l'utilisation de Facebook", précise la directrice des partenariats médias.

Refonte du fil d'actualité

En pleine lutte contre les fake news, le réseau social aux 2,13 milliards d'utilisateurs avait déjà annoncé fin janvier vouloir remettre l'info locale au cœur de son fil d'actualité"Les informations locales nous aident à comprendre ce qui est important pour notre communauté, elles ont un impact sur nos vies", écrivait alors le dirigeant et co-fondateur de Facebook Mark Zuckerberg, sur sa propre pageLes articles locaux apparaissent donc en premier sur le fil d'actualité. Cette mise à jour est actuellement déployée aux États-Unis, avant d'être étendue à "d'autres pays au cours de l'année", précisait le jeune milliardaire.

En parallèle, Facebook avait annoncé, mi-janvier, une réforme de son fil d'actualité pour privilégier les publications des proches au détriment des contenus de marques et de médias... Une façon de se recentrer sur son activité première : être un réseau social. Le géant américain a été vivement critiqué l'année dernière pour son manque d'efficacité dans sa lutte contre les fake news, popularisées lors du Brexit en 2016 et amplifiées lors de l'élection présidentielle américaine.

Cet investissement de 3 millions de dollars coïncide avec une gronde outre-Atlantique de News Media Alliance, syndicat d'éditeurs qui regroupe près de 2.000 journaux aux États-Unis et au Canada. Ils ont annoncé, hier, la création d'un comité d'action politique au Congrès - premier du genre des l'histoire des médias américains, a dévoilé le site Axios mardi. En vertu d'une loi antitrust, les médias américains aujourd'hui ne peuvent pas négocier collectivement face à Facebook et Google. Un désavantage pour la presse face au duopole qui représente une porte d'accès privilégiée aux lecteurs... Et concentre entre ses mains 73% du marché publicitaire numérique aux États-Unis, selon CNBC.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2018 à 10:42 :
Un état dans un état
Pourquoi vouloir tout contrôler ?
De toute manière , les gens vont remarquer ou les dirigent le «  numérique »
Ce que Facebook a compris avec les nouvelles recherches
Imposer aux gens sans expliquer d’avance : c’est «  du calcul » voire a long terme l’abus de confiance...

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