Feed lève 15 millions d’euros pour exporter ses plats express

 |   |  746  mots
La startup Feed propose des barres de céréales et des préparations en poudre - auxquelles il faut ajouter de l'eau pour obtenir une boisson.
La startup Feed propose des barres de céréales et des préparations en poudre - auxquelles il faut ajouter de l'eau pour obtenir une boisson. (Crédits : DR)
Lancée en janvier 2017, Feed vient de boucler un troisième tour de table de 15 millions d’euros auprès d'Alven et Otium Brands. La startup francilienne de « smart food » souhaite ainsi doubler ses effectifs actuels en recrutant entre 25 à 30 personnes d’ici à la fin de l’année. Un renforcement nécessaire pour se déployer à l’international, notamment aux États-Unis.

Faire manger de la poudre au pays de la gastronomie ? C'est le défi que s'est lancé Anthony Bourbon en créant Feed. En germe depuis 2016, cette startup de "smart food" propose des barres de céréales et des préparations en poudre - auxquelles il faut ajouter de l'eau pour obtenir une boisson. La promesse : une bouteille ou une barre = un repas complet. La jeune pousse francilienne annonce ce mercredi une levée de fonds de 15 millions d'euros auprès des fonds Alven et Otium Brands, son investisseur historique, pour s'internationaliser.

"J'ai voulu répondre à un besoin très personnel, assure Anthony Bourbon, ancien juriste spécialisé en droit des affaires. Lorsque j'étais salarié, je sautais souvent les pauses déjeuner ou je mangeais un sandwich sans aucune qualité nutritive. Quand j'ai commencé à chercher des alternatives, il existait uniquement des compléments alimentaires pour sportifs."

Et de poursuivre : "Le but n'est pas de remplacer une alimentation traditionnelle, mais d'offrir une alternative aux personnes qui n'ont pas le temps de manger, ou qui se rabattent sur un fast-food", affirme le fondateur. Selon lui, ses clients mangent en moyenne entre 3 à 4 repas Feed par semaine. Parmi eux, 60% se trouvent en régions et 40% à Paris - avec une "très forte représentation chez les 25-26 ans".

"Certaines critiques nous stigmatisent, en nous faisant passer pour des esclavagistes qui veulent faire travailler les gens davantage. Personnellement, Feed est seulement un moyen de gagner du temps", se défend Anthony Bourbon.

Gagner en notoriété... et en crédibilité

La startup a développé des recettes théoriques pendant près d'un an au cours de l'année 2016. "Au début, c'était difficile de démontrer aux fabricants qu'il y avait un vrai besoin", admet Anthony Bourbon. Fort de 10.000 précommandes enregistrées, Feed lance la commercialisation sur son site Internet en janvier 2017. En parallèle, elle lève 500.000 euros auprès de Senseii Ventures. "Au début, les investisseurs ne trouvaient pas ça spécialement bon, mais ils étaient calés jusqu'au prochain repas - c'est ce qui les a convaincus", poursuit l'entrepreneur de 29 ans.

Un an plus tard, la startup parvient pourtant à convaincre Thierry Marx. Le chef étoilé, réputé pour sa cuisine moléculaire, s'est associé le mois dernier à la startup de 30 employés pour élaborer une gamme bio s'adressant "aux personnes soucieuses de leur alimentation et ne négligeant pas le plaisir gustatif", assure Thierry Marx dans un communiqué.

"Cela nous permet de gagner en notoriété, mais surtout, d'asseoir notre légitimité et notre crédibilité", espère Anthony Bourbon.

Feed dit travailler en continu à l'amélioration de ses recettes en envoyant un questionnaire à chaque client après sa commande. La jeune pousse garantit que ses produits sont "fabriqués en France, vegan, sans gluten, sans lactose, sans OGM, sans noix", élaborés en collaboration avec des nutritionnistes, mais aussi des cuisiniers.

Afin de se faire connaître, Feed développe un large réseau de points de vente. Disponibles dans les rayons Franprix depuis mai 2017, les barres et poudres ont fait leur apparition dans 185 Monoprix le mois dernier. Au total, la startup est présente dans plus de 1.000 points de vente; elle espère dépasser les 2.000 d'ici à la fin de l'année et table déjà sur 5.000 points de vente fin 2019.

S'implanter aux États-Unis

En septembre dernier, Feed avait levé 3 millions d'euros auprès de Kima Ventures (fonds de Xavier Niel), Otium Capital, et de quelques autres comme Senseii Ventures. Deux fonds seulement participent à ce troisième tour de table de 15 millions d'euros : Otium Brands, à nouveau, et Alven. Avec cette levée conséquente, la startup souhaite doubler ses effectifs d'ici à la fin de l'année, en recrutant entre 25 à 30 personnes. Une croissance nécessaire pour s'implanter d'ici à décembre prochain aux États-Unis, où la "smart food" a été inventée par des précurseurs comme Soylent, fondé en 2013.

"Les États-Unis sont le terreau le plus fertile pour la smart food. Actuellement, nous livrons uniquement en Europe. La France est notre premier marché. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas représentent environ 15% de nos ventes en ligne", détaille Anthony Bourbon.

La jeune pousse livre déjà dans plus de 30 pays. Si la startup ne communique pas sur ses ventes, elle revendique "une centaine de milliers de clients" et un chiffre d'affaires en 2017 "d'une dizaine de millions d'euros". Elle vise un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros d'ici à la fin de l'année.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/06/2018 à 12:18 :
Contrairement aux idées reçues médiatiques :

les céréales et les poudres sont très mauvais pour le Syst2 du corps d’autant que dans prendre ces produits , le Syst2 connait des problèmes liés aux déséquilibres hormonaux depuis plus de 10 ans

A mon sens : il faut arrêter la désinformation sur les «  produits tous prêt » et apprendre aux jeunes ( ados) a se nourrir comme il faut.

remplacer ces produits par «  des fruits et légumes sans pesticides renforcent l’immunité et aide le corps a lutter mieux contre les infections.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :