A la conquête des villes, Deliveroo part à l'attaque des bureaux

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Entre septembre et novembre 2017, la licorne britannique a levé presque 500 millions de dollars, qui ont porté le total des sommes collectées à presque 1 milliard de dollars, et sa valorisation à plus de 2 milliards de dollars.
Entre septembre et novembre 2017, la licorne britannique a levé presque 500 millions de dollars, qui ont porté le total des sommes collectées à presque 1 milliard de dollars, et sa valorisation à plus de 2 milliards de dollars. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
L'entreprise de livraison de repas acceptera désormais les cartes titres restaurant, a-t-elle annoncée cette semaine. L'objectif est à l'évidence d'encourager la commande de repas livrés au bureau à l'heure du déjeuner, dans le cadre d'une stratégie qui vise à livrer de plus en plus de villes.

Deliveroo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d'expansion. Le 27 mars, l'entreprise de livraison de plats cuisinés a annoncé le lancement d'un nouveau service de paiement, permettant désormais à ses clients d'utiliser leur carte de titres restaurant.

L'objectif est à l'évidence d'encourager la commande de repas livrés au bureau à l'heure du déjeuner, et de capter ainsi un partie des plus de 6 milliards d'euros dépensés chaque année par les salariés détenteurs de ces titres, en profitant de leur numérisation. Avant la fin du mois d'avril 2018, Deliveroo promet d'accepter ce type de paiement à hauteur de 19 euros par jour et par client, et de reconnaître les cartes de paiement numériques des principaux acteurs du secteur.

Une extension du maillage territorial

Créée en 2013 par William Shu et Greg Orlowski au Royaume-Uni, Deliveroo s'est engagé depuis quelques mois dans un plan de développement visant à affirmer sa présence sur le marché de la livraison de repas, très concurrentiel et encore peu rentable. Entre septembre et novembre 2017, la licorne britannique a levé presque 500 millions de dollars, qui ont porté le total des sommes collectées à presque 1 milliard de dollars, et sa valorisation à plus de 2 milliards de dollars.

Cette somme est censée financer notamment une double expansion -que l'acceptation des titres restaurant vient accompagner. D'une part, Deliveroo, déjà présent dans plus de 200 villes de 12 pays, veut encore étendre son maillage territorial. En France, où 37 agglomérations et 150 villes sont déjà desservies, l'objectif est notamment d'atteindre encore plus de communes de banlieue. Depuis le début de l'année, il y a eu une douzaine de nouvelles ouvertures stratégiques.

Des cuisines dédiées à la livraison en banlieue

D'autre part, il s'agit de suppléer à l'un des principaux obstacles à cette expansion physique: l'insuffisance de l'offre.

"La demande est en effet là, portée souvent par une nouvelle population, jeune et connectées, qui investit certaines de ces zones péri-urbaines. Mais pour les restaurateurs, s'y implanter est un pari souvent trop risqué financièrement", explique le directeur général de Deliveroo France Hugues Decosse.

Deliveroo a alors lancé un nouveau projet, "Deliveroo Editions", qui consiste dans la création de cuisines partagées et dédiées à la livraison. 11 existent déjà au Royaume-Uni, et plusieurs sites sont prévus en région parisienne dans les mois qui viennent. Deliveroo propose ce partenariat aux restaurateurs qui répondent à la demande potentielle du quartier, évaluée en fonction des nombreuses données possédées par l'application. Il prend également en charge l'investissement. Le restaurateur amène le savoir-faire culinaire et le personnel. "Cela permet à nos partenaires de tester la demande sans prendre trop de risques", résume Hugues Decosse.

Les collectivités locales se montrent aussi intéressées à la démarche, puisqu'elle est source de dynamisation des territoires voire de nouveaux emplois, selon le directeur général de Deliveroo France. Les cuisines partagées donneront en effet du travail à une quarantaine de personnes, mais l'effet pourrait aller au-delà: "Si l'essai s'avère positif, les restaurateurs seront tentés d'ouvrir aussi un restaurant physique sur place", estime-t-il.

Des algorithmes en permanence optimisés

En toile de fond de l'ensemble de cette stratégie, la technologie.

 "Nous sommes fondamentalement une boîte technologique, à la recherche permanente du maximum d'efficacité pour ses trois parties prenantes : les clients, les restaurateurs et les livreurs", souligne Hugues Decosse.

L'enjeu est l'optimisation permanente des algorithmes, afin de garantir une offre variée et une livraison rapide aux clients, mais également suffisamment de demande aux 4.000 restaurants et 9.300 livreurs français, tous indépendants et donc attentifs aux conditions proposées par la concurrence. Cette activité est toutefois développée surtout à Londres.

| Lire aussi: Pédaler plus pour gagner moins : les livreurs Deliveroo protestent contre leur précarité

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