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Google tourne une page de son histoire, avec la nomination de Sundar Pichai à la tête d'Alphabet

AFP

Publié le 04 décembre 2019 à 09:21 - Mis à jour le 04 décembre 2019 à 09:49

Né dans un milieu modeste à Chennai, en Inde, Sundar Pichai a étudié à l'Indian Institute of Technology (IIT) de Kharagpur avant de partir aux Etats-Unis pour continuer ses études et lancer sa carrière.

Né dans un milieu modeste à Chennai, en Inde, Sundar Pichai a étudié à l'Indian Institute of Technology (IIT) de Kharagpur avant de partir aux Etats-Unis pour continuer ses études et lancer sa carrière.

Reuters

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Actuel directeur général de Google, Sundar Pichai se retrouve désormais seul aux manettes pour piloter l'ensemble des activités du groupe. Larry Page et Sergey Brin, cofondateurs du moteur de recherche il y a 21 ans, souhaitent se mettre en retrait.

Le patron de Google Sundar Pichai a pris mardi la tête d'Alphabet, sa maison mère, un changement symbolisant l'évolution du géant de l'internet qui, loin des idéaux de ses débuts, génère désormais des dizaines de milliards de dollars de revenus et de nombreuses controverses.

"Si l'entreprise était une personne, ce serait un jeune adulte de 21 ans et il serait temps de quitter le nid. [...] Nous pensons qu'il est temps d'assumer le rôle de parents fiers, qui offrent des conseils et de l'amour, mais pas une surveillance quotidienne !", ont écrit Larry Page et Sergey Brin, les deux fondateurs, qui restent actionnaires et membres du conseil d'administration d'Alphabet.

A 47 ans, Sundar Pichai les remplace tous les deux. Il va diriger simultanément Google et sa maison mère.

"Sundar apporte de l'humilité et une grande passion pour la technologie à nos utilisateurs, à nos partenaires et à nos employés au quotidien. [...] Nous n'aurions pas pu trouver mieux pour mener Google et Alphabet vers l'avenir", ont ajouté les deux entrepreneurs, peu présents depuis plusieurs années.

Le moteur de recherche et sa plateforme de vidéos YouTube représentent l'écrasante majorité des revenus du groupe, grâce aux recettes publicitaires.

Alphabet a été fondé en 2015 pour englober Google et toutes les activités non centrales du groupe, des voitures autonomes de Waymo à la filiale Sidewalk Labs consacrée aux "villes intelligentes", ou encore Calico, spécialiste des biotechnologies.

La plupart de ces "paris" perdent de l'argent malgré les ressources de Google, parce qu'ils "n'ont pas la mentalité 'réussir ou mourir' des startups indépendantes", analyse Roger Kay, du cabinet Endpoint Technologies.

De Chennai à la Silicon Valley

La nomination de Sundar Pichai est donc "complètement logique", selon Bob O'Donnell, de Technalysis. "Il est évident que ça va très bien pour Google, donc pourquoi ne pas donner aussi à son dirigeant les rênes de tout le groupe?".

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Né dans un milieu modeste à Chennai, en Inde, Sundar Pichai a étudié à l'Indian Institute of Technology (IIT) de Kharagpur avant de partir aux États-Unis pour continuer ses études (notamment à l'université de Stanford) et lancer sa carrière.

Il prend les manettes d'un colosse qui emploie plus de 100.000 personnes dans le monde et a réalisé un chiffre d'affaires de 136 milliards de dollars en 2018 (dont plus de 30 milliards de bénéfice net).

Mais le groupe californien se trouve aujourd'hui empêtré dans de nombreuses controverses liées à sa position dominante sur internet et dans les technologies en général.

De nombreux gouvernements et régulateurs l'accusent de mauvaises pratiques en termes de protection de la vie privée et de gestion des données personnelles.

L'Europe reproche régulièrement à Google et aux autres géants numériques de ne pas payer leur juste part d'impôt, grâce à des montages d'optimisation qui leur permettent de transférer leurs bénéfices vers des États à faible fiscalité.

Aux États-Unis, le moteur de recherche fait face à plusieurs enquêtes antitrust pour déterminer s'il a abusé de sa position dominante sur certains marchés.

Transparence

En interne enfin, le groupe est régulièrement critiqué pour avoir largement dévié des idéaux gravés dans le code de conduite des débuts, qui comprenaient la formule "don't be evil", c'est-à-dire "ne soyez pas malveillants".

Les reproches de salariés ou d'ex-employés portent sur des sujets divers, des relations de l'entreprise avec les gouvernements américains ou chinois aux accusations d'avoir étouffé des cas de harcèlement sexuel.

"Je ne pense pas que Sundar Pichai se soit suffisamment occupé de tous ces problèmes. Il est très intelligent et très compétent, il a une attitude très discrète et mesurée, mais on dirait qu'il a plutôt cherché à éviter ces questions", commente Bob O'Donnell.

En novembre 2018, de Singapour à Londres et au siège social du groupe en Californie, des milliers d'employés de Google avaient observé un arrêt de travail pour dénoncer la gestion du harcèlement au sein de l'entreprise. Un mouvement social sans précédent chez le moteur de recherche.

En octobre, Sundar Pichai a admis lors d'une réunion interne "avoir vraiment du mal à [mettre en place] la transparence à grande échelle", d'après le Washington Post.

Le quotidien américain a aussi révélé récemment que les réunions hebdomadaires au sein de l'entreprise, ouvertes à tous et à toutes les questions, seraient désormais mensuelles et restreintes aux sujets "business".

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Le changement de président représente ainsi "la dernière brique à l'édifice que cette grande firme est devenue. L'époque idéaliste des fondateurs est révolue", note Bob O'Donnell. "Mais c'était déjà le cas depuis deux ans, cette annonce ne fait que l'officialiser".

Julie Jammot, avec Rob Lever à Washington.

AFP

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