Comment l'AI Act pourrait en réalité favoriser l'innovation
Marine Protais
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« La réglementation freine l'innovation. » C'est un refrain bien connu dans le secteur du numérique, et l'AI Act n'échappe pas à la règle. Pourtant, ce texte régulant les usages de l'intelligence artificielle, dont l'application partielle a commencé le 2 février, pourrait aussi avoir des vertus économiques, au-delà de la protection qu'il offre aux citoyens. Certains experts y voient même une opportunité de structuration et de maturation du marché.
« C'est une nouvelle ère pour l'IA », assure Kirsten Rulf, ancienne conseillère en politique numérique auprès d'Angela Merkel, désormais directrice associée au BCG, lors d'une conférence du cabinet de conseil. Contrairement aux craintes exprimées par certaines entreprises, elle estime que cette réglementation peut accélérer la professionnalisation du secteur.
« Nos clients ne voient pas l'AI Act comme un frein à l'innovation, au contraire. Ce n'est pas le retour que nous avons du marché », dénote-t-elle, alors que le BCG travaille en majorité avec des grands groupes. Les start-up et les PME, elles, s'inquiètent surtout de l'imbroglio juridique et du coût que représente leur mise en conformité. Cette crainte concerne d'ailleurs tous les autres textes de lois sur le numérique récemment entrés en vigueur. Dans un récent entretien à La Tribune Dimanche, Eleonore Crespo, affirmait ainsi que l'AI Act « n'aide pas à innover ».
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Mais peu d'entreprises seraient en réalité contraintes de totalement arrêter leurs recherches. Les cas strictement interdits par la réglementation sont relativement marginaux chez les entreprises, rassure Kirsten Rulf. Parmi ces usages désormais prohibés se trouvent la police prédictive, la détection d'émotions à l'école et au travail...
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